La première de Faust - Metal Opera, qui réalise une fusion inédite du heavy metal et de l’opéra de François Charles Gounod, a été saluée par un tonnerre d’applaudissements à l’opéra de Kristiansund, une petite ville de 17000 habitants abritée au fond d’un fjord, sur la côte occidentale de la Norvège.
Les puristes plaideront que, comme Faust dont le mythe est ainsi électrisé, ils ont vendu leur âme au diable. Quinze musiciens du Sinfonietta de l’opéra de Kristiansund et un groupe local de heavy metal, Pica Fierce, ont adapté la partition du compositeur français, elle-même inspirée de la tragédie éponyme de Goethe d’après une légende allemande du XVIe siècle.
Pour leur communauté, des thèmes – la lutte du bien contre le mal, les questions existentielles –, «Faust convient parfaitement au heavy metal et vice versa», selon le chef de l’opéra de Kristiansund, Jan Karstensen.
Un avis manifestement partagé par les 300 spectateurs, souvent jeunes, qui ont applaudi à tout rompre la dernière note de guitare électrique tandis que Faust et sa bien-aimée Marguerite gisaient sur la scène noire.
«C’est mieux que tout ce que j’avais imaginé, s’est enthousiasmé Stian Kristiansen, 27 ans. Je n’étais jamais allé à l’opéra, mais ça m’a vraiment donné envie d’y retourner. J’ai même été ému quelquefois». «Génial! approuvait Torun Werswick, 65 ans. J’ai trouvé ça fabuleux!»
L’ensemble classique est installé sous des échafaudages montés sur les côtés et au fond de la scène, les quatre membres de Pica Fierce au-dessus d’eux.
Vêtue de rose pastel, la chaste et blonde Marguerite entonne un air lyrique avant d’être brutalement interrompue par les grincements d’un solo de guitare et la voix effrayante de Méphistophélès qui vient d’acheter l’âme de Faust.
En pantalon moulant et manteau de cuir noir, ses longs cheveux sombres et bouclés tombant sur ses épaules, le génie du mal exécute un pas de danse anarchique, secoue nerveusement la tête, exhibe sa langue et lance sur la foule des regards mauvais et fous – ce qu’on attend généralement d’un artiste de heavy metal.
Petter Simensen, qui incarne Faust, estime que la confrontation des genres permet de crédibiliser les grands écarts émotionnels de la tragédie: du plus profond désespoir de Faust à son amour pour Marguerite, puis de nouveau son insondable accablement lorsqu’elle meurt après qu’ils se furent perdus dans l’héroïne et fourvoyés dans le meurtre. «Représenter cette transformation est une véritable performance théâtrale», souligne Petter Simensen.
Si, grâce à l’apport du heavy metal, le Faust – Metal Opera compte désormais parmi les plus noires versions du conte tragique, il en est aussi la plus moderne mouture.
Les jeunes qui forment le chœur, lycéens à Kristiansund, sombrent dans la toxicomanie et la prostitution, participent à des scènes de sexe, de viol et de violence.
«On s’adresse à un public jeune et il faut recourir à ce genre d’effets pour les toucher», justifie Nils K. Rue, membre du groupe de heavy metal Pagans Mind et interprète de Méphistophélès.
Anniken Solli, qui joue une lesbienne amoureuse de Marguerite et qui, à la ville, enseigne la musique au lycée local, acquiesce. «Mes élèves n’ont parlé que de Faust pendant deux ans», dit-elle, précisant espérer que la pièce provoquerait de nombreuses réactions. «Sinon, pourquoi s’ennuyer à la monter?»
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La première de Faust - Metal Opera, qui réalise une fusion inédite du heavy metal et de l’opéra de François Charles Gounod, a été saluée par un tonnerre d’applaudissements à l’opéra de Kristiansund, une petite ville de 17000 habitants abritée au fond d’un fjord, sur la côte occidentale de la Norvège.
Les puristes plaideront que, comme Faust dont le mythe est ainsi électrisé, ils ont vendu leur âme au diable. Quinze musiciens du Sinfonietta de l’opéra de Kristiansund et un groupe local de heavy metal, Pica Fierce, ont adapté la partition du compositeur français, elle-même inspirée de la tragédie éponyme de Goethe d’après une légende allemande du XVIe siècle.
Pour leur communauté, des thèmes – la lutte du bien contre le mal, les questions existentielles –, «Faust convient parfaitement au heavy...