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Etats-Unis Les propositions de Bush vont lourdement grever le budget d’ici à 2015

Les propositions budgétaires du président américain George W. Bush vont lourdement grever les déficits des dix années à venir, en raison notamment de la pérennisation des baisses d’impôts, a affirmé vendredi le bureau du Congrès (CBO). À court terme, le CBO se montre plus optimiste que la Maison-Blanche : en 2005 ainsi, le déficit devrait se réduire à 394 milliards de dollars, soit 3,2 % du produit intérieur brut (PIB), là où le gouvernement table sur 427 milliards de dollars. Il avait atteint 412 milliards au cours de l’exercice fiscal 2004, clos le 30 septembre dernier. Mais le CBO, organisme bicaméral et bipartisan, a refait ses calculs après la présentation du projet de budget de M. Bush, début février. Et sur dix ans les perspectives sont désormais beaucoup plus sombres, souligne le directeur du CBO, Douglas Holtz-Eakin, dans une lettre résumant les conclusions préliminaires de son comité. D’ici à 2015 ainsi, le déficit cumulé risque de frôler les 2600 milliards de dollars, soit « 1 600 milliards de dollars de plus que les projections précédentes du CBO », selon ce courrier. Cette révision intervient quelques jours après que le président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, eut fait part de ses vives inquiétudes sur le budget, surtout à l’approche du départ à la retraite des baby-boomers. La raison principale de la dégradation vient de la prise en compte des baisses d’impôts de M. Bush. Si elles sont rendues permanentes, comme l’a souhaité le président, elles alourdiront de 1 200 milliards de dollars les précédentes prévisions du CBO. Cela chamboule toutes les perspectives budgétaires de la décennie. Dans ses précédentes estimations, le CBO tablait sur un retour aux excédents à l’horizon 2012. Mais « avec les politiques du président, les déficits continueraient pendant toute la décennie », ajoute M. Holtz-Eakin. En 2015 par exemple, le déficit serait encore de 256 milliards de dollars alors que la projection de base du CBO tablait sur un excédent de 122 milliards de dollars. M. Bush a plusieurs fois promis de diviser le déficit budgétaire par deux d’ici à cinq ans. Il avait dévoilé le 7 février un projet de budget taillant drastiquement dans les dépenses, que ce soit les subventions à l’agriculture ou les aides aux défavorisés, même si la défense restait largement épargnée. Le Congrès est en plein examen de ce budget qui fait grincer des dents. « L’analyse du CBO est la dernière d’une longue série de preuves comme quoi les politiques du gouvernement nous enfoncent toujours plus profondément dans l’endettement », s’est indigné vendredi le démocrate John Spratt, élu à la Chambre des représentants. Il a notamment dénoncé l’un des points les plus critiqués du budget 2006, à savoir qu’il ne dit mot des grosses dépenses nécessaires à long terme pour l’Irak et l’Afghanistan, pour lesquels le gouvernement a, depuis, réclamé une enveloppe de 82 milliards de dollars. Le document du CBO souligne lui aussi les incertitudes qui planent de ce fait sur les perspectives budgétaires. Les projections révélées vendredi « ne reflètent ni les dépenses importantes nécessaires aux opérations militaires en Irak et en Afghanistan, ni l’impact budgétaire potentiel des popositions du président pour promouvoir l’épargne privée dans l’assurance vieillesse », souligne le document. Pour l’année 2006 par exemple, il est d’ores et déjà prévisible que le déficit devra être encore révisé à la hausse par rapport aux 278 milliards de dollars prévus. Si l’on estime à 40 milliards environ le coût supplémentaire de la guerre, le déficit oscillera plutôt entre 370 et 375 milliards de dollars. L’analyse complète du CBO sera publiée le 15 mars.
Les propositions budgétaires du président américain George W. Bush vont lourdement grever les déficits des dix années à venir, en raison notamment de la pérennisation des baisses d’impôts, a affirmé vendredi le bureau du Congrès (CBO).
À court terme, le CBO se montre plus optimiste que la Maison-Blanche : en 2005 ainsi, le déficit devrait se réduire à 394 milliards de dollars, soit 3,2 % du produit intérieur brut (PIB), là où le gouvernement table sur 427 milliards de dollars.
Il avait atteint 412 milliards au cours de l’exercice fiscal 2004, clos le 30 septembre dernier.
Mais le CBO, organisme bicaméral et bipartisan, a refait ses calculs après la présentation du projet de budget de M. Bush, début février.
Et sur dix ans les perspectives sont désormais beaucoup plus sombres, souligne le directeur du CBO,...