Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Épouses d’ambassadeur Marianne Renauld, une femme-soleil (photos)

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celle, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Marianne, épouse de Patrick Renauld, chef de la délégation de la Commission européenne à Beyrouth. Sa fonction se rapproche de celle d’épouse d’ambassadeur classique, mais la simple diplomatie n’est pas vraiment son fort, et Marianne Renauld n’est pas vraiment une femme classique ! « Mon rôle est plus qu’un rôle de représentation, il se fait surtout auprès de mon mari. » Ce qui l’intéresse le plus, ce sont les rencontres et les idées qui foisonnent autour, « comme lors d’un dîner où nous étions huit femmes de religions différentes, j’ai appris beaucoup de choses sur ma propre religion ». Marianne Renauld, « Marianne en un mot ! », à ne pas confondre avec les sacro-saintes Marie-Anne qui ne lui ressemblent en rien, pull rouge, pantalon noir, « j’ai toujours préféré les pantalons aux robes du soir », et bottes rouges, bottes de sept lieux, est un soleil de bonne humeur qu’elle trimballe avec elle de pays en pays. « Je suis surtout une mère poule ! » aime-t-elle à répéter fièrement, avant de lâcher un rire, un de plus, – on ne s’en lasse pas – écaillé par trop de cigarettes. « Les gens ne me connaissent pas bien ici, car ils ne me voient pas beaucoup. » Cette mère, somme toute très orientale, de quatre filles, suivrait volontiers Caroline, Virginie, Julie et Charlotte jusqu’au bout du monde. L’une est à Lyon, l’autre à Zurich et la troisième à Beyrouth. Mais c’est à Paris, pour la « petite dernière », aujourd’hui âgée de 16 ans, que Marianne Renauld a fait le choix de rester en France. « C’est difficile, pour certains, de comprendre que j’ai choisi les enfants, mais les mères libanaises me comprennent… » Toujours entre deux départs, deux destinations et vies – elle ne s’en plaint guère –, elle préfère voir la moitié du verre plein, se féliciter des retrouvailles plutôt que de maudire les séparations. « C’est ma vie, elle est un peu comme celle des femmes de marins ou de militaires. Ma vie, c’est mon mari et mes enfants. Alors j’essaie de me partager entre tout le monde et d’avoir une vie de famille normale dans une situation anormale. » Elle poursuit, avec une bonne humeur très contagieuse : « Je vis beaucoup dans les avions et les valises. Le téléphone est très important pour moi. Lorsqu’on fait des choix, on les assume. » Des destinations ensoleillées « J’ai rencontré mon époux très simplement, à la plage ! Nous étions très jeunes et j’étais institutrice. » À la naissance de sa fille aînée, Marianne Renauld devient mère à plein temps, à son plus grand bonheur. Suivront ses trois autres filles chéries, qu’elle embarque avec elle au Maroc, puis en Algérie. « En Algérie, j’étais avec trois d’entre elles, c’était notre première expérience de vie séparée… Le contexte était particulièrement difficile, la vie au quotidien très compliquée, les diplomates enlevés et les étrangers menacés. Nous avons été rapatriés en France. » Après Bruxelles, passage obligé puisque le siège de la Commission européenne se trouve là-bas, « après Bruxelles, mon mari est parti pour Sarajevo. Il n’était pas question que la famille suive… » La famille s’agrandit, au plus grand bonheur de la mère, devenue la grand-mère poule de cinq merveilleux petits-enfants. « Je suis passée dans la génération “ grand-mère ” très tôt et sans être complètement disponible, ma fille n’avait que huit ans. » Alors, pour contenir tout ce beau monde, au moins 12 personnes, et lorsqu’ils ne sont pas réunis dans leur maison en Normandie, Marianne Renauld a « choisi cette maison chaleureuse et loin du bruit, après avoir déménagé trois fois la première année. Nous nous déplaçons beaucoup en tribu ! » Outre les sculptures de son époux, « une vraie passion depuis quatre ans », les tapis rapportés du Maroc, les boîtes en bois, d’immenses portraits de la famille sacrée font oublier leur absence. « La seule chose qui me manque, dans cette vie coupée, c’est le bénévolat pour lequel j’ai toujours été très engagée. Une semaine par mois, ce n’est pas possible… » Son court passage parmi nous va prendre fin dans quelques jours. En attendant un retour qu’elle espère déjà avec impatience et bonne humeur, ses amis ont déjà fait des projets pour son prochain séjour. « J’aime la mer, nager, me promener. La société libanaise est d’une cordialité inépuisable. Les étrangers sont des invités chez le marchand de légumes comme aux plus grands dîners. J’aime être ici», conclut-elle. Carla HENOUD
Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celle, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Marianne, épouse de Patrick Renauld, chef de la délégation de la Commission européenne à Beyrouth.

Sa fonction se rapproche de celle d’épouse d’ambassadeur classique, mais la simple diplomatie n’est pas vraiment son fort, et Marianne Renauld n’est pas vraiment une femme classique ! « Mon rôle est plus qu’un rôle de représentation, il...