Rechercher
Rechercher

Actualités

GOLFE Regain de tension entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite

Les relations entre la Fédération des Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite connaissent un regain de tension en raison de la résurgence d’un différend frontalier remontant aux années 1970, auquel s’ajoutent d’autres problèmes régionaux, selon plusieurs responsables du Golfe. Ce développement s’inscrit dans un contexte régional marqué par une tension croissante entre l’Arabie saoudite et deux autres monarchies du Golfe, Bahreïn et surtout le Qatar. « Les Émirats ont évoqué ce différend avec les Saoudiens peu après l’avènement d’une nouvelle direction à Abou Dhabi » début novembre après la mort de cheikh Zayed, fondateur de la fédération, « mais les Saoudiens ont répondu que cette question avait été réglée en vertu d’un accord conclu entre les deux pays au début des années 1970 », a affirmé à l’AFP un haut responsable du Golfe. Le nouveau président des Émirats, cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyane, « a soulevé ce problème à Ryad lors de son premier déplacement à l’étranger (en décembre), mais la réponse des Saoudiens a été que cette question avait été réglée avec la signature de l’accord frontalier », a confirmé un autre responsable du Golfe. Toutefois, en soirée, le ministre saoudien de l’Intérieur, Nayef ben Abdel Aziz, a démenti ces affirmations niant l’existence d’un conflit frontalier avec les Émirats arabes unis. « Ces propos sont totalement dénués de toute vérité », a répondu le prince Nayef aux journalistes l’interrogeant sur ces informations. Les deux pays avaient signé le 21 août 1974 à Djeddah un accord en vertu duquel Ryad renonçait à sa revendication sur l’oasis de Bouraïmi. En contrepartie, Abou Dhabi cédait notamment à son puissant voisin Khor al-Udayd, une bande côtière de 25 km de long située entre les Émirats et le Qatar, qui se trouvait ainsi isolé, et près de 80 % des ressources du champ pétrolifère de Chaybah, dans le sud du royaume saoudien. Ce champ de Chaybah renfermerait des réserves prouvées d’au moins 15 milliards de barils, ainsi que des réserves encore inexploitées de 650 millions de mètres cubes de gaz. L’accord de 1974 a toujours été considéré par Abou Dhabi comme une injustice parce que conclu sous la contrainte. Ryad, qui avait pourtant accueilli favorablement en 1971 le départ des Britanniques de la région, avait, en effet, refusé de reconnaître à l’époque la nouvelle fédération, posant comme condition le règlement de son conflit territorial avec Abou Dhabi. Interrogés, des responsables émiratis et saoudiens n’ont pas souhaité faire de commentaires sur ce sujet. Cependant, un autre responsable du Golfe a affirmé que l’Arabie saoudite avait « tenté en vain d’apaiser l’atmosphère avec les Émirats lors d’une visite le 15 janvier à Abou Dhabi du ministre saoudien de la Défense », le prince Sultan ben Abdel Aziz. Selon lui, « le projet d’un pont-digue entre les Émirats et le Qatar a fait monter la crise d’un cran ». Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG, qui regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats, Oman, le Qatar et le Koweït) avait fait état de ce projet lors du dernier sommet annuel de cette organisation régionale, en décembre à Manama. L’Arabie saoudite considère très défavorablement ce pont-digue, ainsi qu’un autre projet similaire envisagé entre Bahreïn et Qatar, car elle y voit l’amorce d’une liaison terrestre entre Qatar, son frère ennemi, et ses voisins qui permettrait au petit émirat de se désenclaver. « Une autre pomme de discorde dans les relations (entre les Émirats et l’Arabie) réside dans le fait que les Émirats devraient être le second pays, après Bahreïn, à signer un accord de libre-échange avec les États-Unis », a ajouté ce même responsable. Les négociations sur ce sujet entre Abou Dhabi et Washington doivent commencer le 8 mars. En outre, des négociations similaires entre les États-Unis et Oman devraient débuter le 12 mars, accroissant l’isolement de Ryad dans la région. L’Arabie saoudite avait été profondément irritée par la signature d’un premier accord de libre-échange entre Bahreïn et les États-Unis, y voyant une entrave aux projets d’intégration économique du CCG.

Les relations entre la Fédération des Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite connaissent un regain de tension en raison de la résurgence d’un différend frontalier remontant aux années 1970, auquel s’ajoutent d’autres problèmes régionaux, selon plusieurs responsables du Golfe. Ce développement s’inscrit dans un contexte régional marqué par une tension croissante entre l’Arabie saoudite et deux autres monarchies du Golfe, Bahreïn et surtout le Qatar.
« Les Émirats ont évoqué ce différend avec les Saoudiens peu après l’avènement d’une nouvelle direction à Abou Dhabi » début novembre après la mort de cheikh Zayed, fondateur de la fédération, « mais les Saoudiens ont répondu que cette question avait été réglée en vertu d’un accord conclu entre les deux pays au début des années 1970 », a...