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Etats-Unis Les investisseurs prennent des risques sur les obligations des entreprises

Les investisseurs qui continuent à privilégier les obligations des entreprises en jouant sur l’amélioration de leur situation financière prennent des risques, rappellent des analystes au lendemain du discours du président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan. En achetant massivement ces obligations d’entreprises, les investisseurs font monter leurs prix, ce qui rend comparativement leurs taux d’intérêt plus bas. Le résultat est que « la détente de leurs taux d’intérêt est encore plus rapide que celle des obligations d’État », remarque Frédéric Mary, gérant de portefeuille chez Meeschaert. L’écart de taux d’intérêt entre ces deux catégories d’obligations est au plus bas historique, alors qu’il est censé rémunérer le risque pris par les investisseurs sur le crédit aux entreprises, en général plus périlleux que celui aux gouvernements, car elles peuvent faire faillite. Le président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan a évoqué cette question devant le Congrès américain en indiquant que « les écarts de taux et de risques se sont réduits au niveau mondial » et que les marchés du crédit aux entreprises ont assoupli leurs conditions. Les propos de Greenspan « ne font que renforcer ceux déjà tenus par certains membres de la Fed sur les prises de risques excessives des investisseurs, se traduisant notamment par des écarts historiquement bas en partie imputables à une politique monétaire “trop” accommodante », commente Aurel Leven. « Les investisseurs jouent le fait que les sociétés se restructurent et assainissent leur bilans. Il y a encore des scénarios de ce type à jouer sur certaines valeurs moyennes. Mais nous ne verrons plus les performances des deux dernières années », explique Frédéric Mary. De plus, « la montée en puissance des retraites par capitalisation impose des rééquilibrages de portefeuille en faveur des obligations à plus fort rendement », comme celle des entreprises, explique Valérie Plagnol, de la banque CIC. Alors que le prix des obligations d’entreprises est au plus haut historique en Europe, le prix des actions est au contraire « anormalement bas », malgré leur récente remontée, selon Emeric Préaubert, gérant de portefeuille chez Sycomore Asset Management, qui évalue à 30 % l’écart par rapport à la moyenne historique. Cette profonde divergence reflète les perspectives timides de croissance des sociétés, la Bourse ayant pour vocation d’anticiper. « En même temps, les entreprises qui prennent des risques, investissent, lancent de nouveaux produits, ou tout simplement opèrent sur un créneau porteur ou solvable, bénéficient de valorisations élevées », explique un analyste, en citant le cas de JC Decaux. Le groupe d’affichage est valorisé 25 fois ses bénéfices, deux fois plus que la moyenne des sociétés du CAC 40. Ce ratio avantageux est aussi celui de L’Oréal, le leader mondial des cosmétiques, dont la croissance a surpris agréablement en 2004, avec des bénéfices meilleurs que prévu, grâce à de nombreux lancements de produits. Alan Greenspan a lui-même souligné la prudence inhabituelle des entreprises en termes d’investissements et d’embauches alors que les investisseurs attendent plus d’audace. « Un large éventail d’indicateurs financiers, notamment, trahissent une confiance importante chez les investisseurs et une volonté accrue de prendre des risques qui est plus forte que chez les chefs d’entreprise », a-t-il ajouté. En même temps, l’horizon commence à s’éclaircir, selon un gérant de portefeuille : « On sent une amélioration du sentiment. » Les chefs d’entreprise « ne disent plus qu’ils veulent parler de l’avenir seulement à un trimestre, mais commencent à parler de deux/trois trimestres. »

Les investisseurs qui continuent à privilégier les obligations des entreprises en jouant sur l’amélioration de leur situation financière prennent des risques, rappellent des analystes au lendemain du discours du président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan.
En achetant massivement ces obligations d’entreprises, les investisseurs font monter leurs prix, ce qui rend comparativement leurs taux d’intérêt plus bas.
Le résultat est que « la détente de leurs taux d’intérêt est encore plus rapide que celle des obligations d’État », remarque Frédéric Mary, gérant de portefeuille chez Meeschaert.
L’écart de taux d’intérêt entre ces deux catégories d’obligations est au plus bas historique, alors qu’il est censé rémunérer le risque pris par les investisseurs sur le crédit aux...