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Actualités - Reportage

Cinéma Une sortie discrète (Photos)

Les sorties de la semaine k k Birth de Jonathan Glazer Dans la même veine des films de Night Shyamalan, Birth laisse planer une atmosphère étrange, mystique et fantastique. Au premier abord, le film a effectivement tout pour plaire : un casting épatant (Nicole Kidman, Lauren Bacall et le jeune acteur Cameron Bright) et une intrigue prometteuse : après de longues années de deuil, Anna se remet de la mort de son époux et décide de reconstruire sa vie en se mariant. Elle rencontre alors un garçon de 10 ans qui déclare être la réincarnation de son défunt mari. Rien à dire, le synopsis glace. Il glace d’ailleurs autant que la mise en scène et que l’ambiance générale du film. Le style choisi est en effet langoureux, lent et volontairement lourd. Le cinéaste privilégie des plans fixes et longs sur un visage ou un regard afin de faire transparaître l’émotion des personnages. Les scènes s’enchaînent alors au ralenti, presque au rythme de la chute des flocons de neige qui accompagnent l’histoire. Jonathan Glazer offre une caméra extrêmement épurée, faisant fi des effets spéciaux pour se rapprocher plutôt d’un certain classicisme élégant. Dommage que le sujet de la réincarnation n’ai pas été abordé frontalement. Quoi qu’il en soit, Birth parvient à créer le malaise de par son sujet à la fois intrigant, gênant et parfois malsain. Empire ABC/Dunes St-Élie, Espace k Head in the Clouds de John Guidan Le film suit l’évolution de l’amitié et de l’amour qui lient trois personnages: Gilda (Charlize Theron), photographe et figure emblématique de l’art parisien, Guy (Stuart Townsend), jeune premier et idéaliste anglais, et Mia (Penelope Cruz), infirmière espagnole. Le réalisateur John Guidan présente un film dans la lignée de Casablanca : on suit trois amants qui voient leur destinée s’entremêler au cours de l’histoire et qui sont contraints de choisir entre leur passion et leurs convictions personnelles. Malheureusement, le cinéaste ne semble jamais réellement entrer dans le vif du sujet. De plus, il se concentre trop sur le personnage le moins intéressant et le moins en relief du trio, Guy. Alors que celui de Theron et Cruz offrait plus de potentiel et de matière. Reste les bonnes interprétations de ces deux dernières, qui parviennent néanmoins à tirer le meilleur de leur personnage. À noter également la reconstitution ratée de la ville de Paris qui paraît plus que factice. Sortie reportée k k k Million Dollar Baby de Clint Eastwood Million Dollar Baby est inspiré de diverses nouvelles de F.X. Toole (également connu sous le nom de Jerry Boyd), ancien soigneur professionnel de boxe qui a longtemps fréquenté ce milieu, Après Mystic River, le cinéaste Clint Eastwood s’intéresse une fois de plus à des personnages à la dérive, forcés de faire face aux tragédies de la vie. Ici, la toile de fond est le monde de la boxe féminine. Morgan Freeman narre l’histoire de Maggie (Hilary Swank), jeune femme de 31 ans déterminée à boxer et qui cherche le soutien du coach Frankie (Clint Eastwood). En aucun cas comparable à Rocky ou Fightgirl, le film ne cherche pas à glorifier ce sport. La boxe est le point de départ, l’excuse qui fait naître les nombreuses qualités du film. Car Million Dollar Baby offre des thèmes aussi importants que la rédemption, l’amour filial, la volonté, le destin et l’héroïsme. D’une main de maître, Eastwood ouvre délicatement et doucement une boîte de Pandore remplie d’émotions et de sentiments. Petit à petit, le sport laisse place aux souffrances physiques et surtout mentales. Véritable virtuose de la narration, le cinéaste fait succéder les scènes avec fluidité, en intégrant par-ci par-là des histoires secondaires qui, loin de remplir vulgairement le film, l’enrichissent. S’ouvre alors à nos yeux une palette de personnages rongés par la vie, la pauvreté et les déceptions. Eastwood décrit essentiellement les souffrances, celles des petites gens qui s’accrochent malgré tout à la moindre lueur d’espoir. Ces petites gens, bien que légèrement stéréotypées (une famille opportuniste, un père loin de sa fille, etc.), sont transcendées par l’interprétation remarquable de Morgan Freeman, Hilary Swank et Clint Eastwood qui parviennent à rendre leur monde, pourtant dur, à la fois intéressant et prenant. La seconde moitié du film se détache fortement de la première. Le cinéaste lâche brutalement les liens. Les émotions nous parviennent violemment. À la fois simples, efficaces et rapides, les scènes s’enchaînent, les émotions aussi, à l’image des combats de Maggie, pour finalement nous donner le coup de grâce, le K.O. Sortie reportée Sorties prévues pour le jeudi 24/02/2005 (sous réserves) : - Million Dollar Baby, de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Hilary Swank et Morgan Freeman. - Head in the Clouds, de John Guidan avec Charlize Theron, Stuart Townsend, Penelope Cruz. - Les Dalton, de Philippe Haim avec Eric et Ramzy. Paroles dE cinéma Caméra rapprochée Hilary Swank : des petites séries télé au grand écran Hilary Swank s’oriente rapidement vers le métier d’actrice : à l’âge de 18 ans , elle fait une apparition dans la série télévisée Buffy the Vampire Slayer (1992) et décroche en 1994 le rôle-titre dans The Next Karate Kid de Christopher Cain. L’actrice participe ensuite durant un an à une autre série télévisée culte des années 90, Beverly Hills 90210. Difficile de croire qu’après un tel CV, elle ait réussi l’exploit de jouer des personnages principaux dans des longs-métrages à succès. Ce sera pourtant le cas : c’est Boys Don’t Cry, un drame de Kimberly Peirce, qui la révèle véritablement au grand public en 2000 et qui permet aux professionnels de découvrir le véritable talent de l’actrice. Sa prestation de travesti lui vaut d’ailleurs l’Oscar et le Golden Globe de la meilleure actrice. À partir de là, Swank devient une valeur sûre d’Hollywood et ses apparitions sur grand écran se multiplient. En 2002, elle est la coéquipière d’Al Pacino dans Insomnia, un polar de Christopher Nolan. En 2003, elle revient à un cinéma plus cérébral en participant à 11 :40, une comédie «trash» dans laquelle plusieurs événements viennent se greffer à un accident de voiture survenu en pleine nuit. Les beaux jours continuent et l’année 2005 s’annonce plutôt bonne, puisque son rôle dans le dernier long-métrage de Clint Eastwood a été récompensé d’un Golden Globe. En attendant les résultats de la cérémonie des Oscars, où Hilary Swank est nominée dans la catégorie meilleure actrice… D.D. Courrier Sensations fortes Que ce soit en provocant des scandales retentissants ou en déclenchant des polémiques, une des composantes du cinéma assure toujours une nourriture abondante pour les critiques: les films qui dérangent, mieux connus sous le nom de «Disturbing Movies» en Amérique. Ce sont des films étranges, bizarres, souvent liés à des thèmes tabous et à la sexualité, et qui sont pour la plupart basés sur des phénomènes sociaux. En Italie, le maître du genre est Pasolini, qui réalise en 1975 le film considéré comme le plus explicite, le plus osé et le plus violent de l’histoire: Salo ou les 120 jours de Sodome. Dans cette «œuvre», on trouve aussi bien l’excès que la représentation du monstrueux et de l’impensable. Salo oscille entre la perversité, les souffrances, le sadisme et plonge le spectateur dans un monde horrifiant où tout est permis. En Amérique, c’est David Lynch qui signe Elephant Man ou encore Blue Velvet en 1986, brossant le portrait de voyous, de marginaux et de prostituées. Fasciné par la folie et le morbide, Lynch explore la part sombre et cauchemardesque de notre monde. En Angleterre, c’est Sister, My Sister en 1995 qui étudie l’inceste. Enfin, en 2000, c’est l’audacieuse et insupportable scène de viol dans Irréversible de Gaspard Noé qui fait la une des journaux. Toutefois, au-delà d’une description qui pourrait être complaisante ou perverse, ces réalisateurs tentent de décrypter le réel, vérité de façade derrière laquelle se cachent violence et bizarreries mais aussi parfois une beauté insoupçonnée. Élias Abou Charaf En gros plan Cinéphilies, etc. Toujours la même histoire : aimer «aller au cinéma» ne veut pas forcément dire qu’on a la passion du cinéma, encore moins qu’on est un cinéphile (espèce d’ailleurs en voie de disparition ?). Exemple probant: un beau film comme Ray, de Taylor Hackford, n’attire que bien peu de monde. Certes, d’un point de vue strictement «box-office», il est normal que la comédie de Jay Roach, Meet the Fockers, marche mieux (beaucoup mieux). Mais tout de même... On va voir ce qui va se passer avec le nouveau – et superbe – coup d’éclat signé Clint Eastwood, Million Dollar Baby. Mondialisation (suite). On assiste à un renouveau du cinéma allemand. Mais on apprend, en même temps, que les productions allemandes nécessitant un budget important seront désormais tournées en anglais. La nouvelle est lourde d’implications inquiétantes, la tendance pouvant se généraliser. Accessoirement (mais tout se tient). Il paraît que les Français lisent moins et donnent la priorité aux BD et autres «mangas». Culture, mon beau souci! J.-P. Goux-PELLETAN Contacts: Société générale de presse et d’édition SAL, Kantari, imm. Kantari Corner. E-mail: redaction@lorientlejour.com (230 mots). les ciné-clubs Crimson Gold (Sang et or) de Jafar Panahi (2004) C’est lors d’une discussion avec son compatriote et cinéaste iranien Abbas Kiarostami que Jafar Panahi a eu l’idée de réaliser Crimson Gold. Le film est construit autour d’une scène qui se répète en flash-back et qui constitue à la fois le début et le dénouement de l’histoire. Ainsi, un peu comme dans Le Cercle où il posait un regard douloureux sur la condition des femmes en Iran, le cinéaste explore une fois de plus l’idée de l’encerclement de l’individu. Il revient sur l’itinéraire d’un homme exploité, humilié et poussé à bout. Panahi dénonce ici la société iranienne moderne et l’organisation totalitaire de ce pouvoir qui donne naissance à un peuple perdu. L’histoire : à Téhéran, Hussein abat le propriétaire d’une bijouterie d’un coup de revolver avant de retourner l’arme contre lui. Quelques jours plus tôt, ce modeste livreur de pizza s’extasie devant un sac rempli de billets de banque trouvé par un ami. L’espace d’une nuit, Hussein va connaître la vie de luxe que son salaire de misère n’aurait jamais pu lui offrir. Au petit matin, il retourne à la bijouterie… Avec Hussein Emadeddin, Kamyar Sheisi et Azita Rayeji. Ciné-club de l’Alba, vendredi 18 février à 19h Les enfants du siècle de Diane Kurys (1999) Deux figures littéraires emblématiques du XIXe siècle prennent vie à l’écran: Georges Sand et Alfred de Musset. Le cinéaste célèbre donc un épisode de l’histoire littéraire française. À la fois comédie romantique et drame passionnel, le film n’apprend que très peu de choses sur les artistes que furent ces amants, mais l’élégance de la mise en scène et la force de jeu des acteurs suffisent. L’histoire: le film suit la passion amoureuse de George Sand et Alfred de Musset. Il ne croit plus ni l’un ni l’autre à l’amour et pourtant ils vont vivre une liaison déchirante. Avec Benoît Magimel et Juliette Binoche. Auditorium de l’Esa, mardi 22 février à 20h30 Les oreilles sur le dos de Xavier Durringer (2001) Après un coup d’État manqué en Amérique latine, Jacques (un trafiquant) tente de quitter le pays avec Monica (une prostituée), emportant avec lui des tableaux et des documents compromettants pour les putschistes. Avec Béatrice Dalle et Gérald Laroche. CCF, salle Montaigne, mercredi 23 février à 19h15 DYMA DEMIRDJIAN
Les sorties de la semaine
k k Birth
de Jonathan Glazer

Dans la même veine des films de Night Shyamalan, Birth laisse planer une atmosphère étrange, mystique et fantastique. Au premier abord, le film a effectivement tout pour plaire : un casting épatant (Nicole Kidman, Lauren Bacall et le jeune acteur Cameron Bright) et une intrigue prometteuse : après de longues années de deuil, Anna se remet de la mort de son époux et décide de reconstruire sa vie en se mariant. Elle rencontre alors un garçon de 10 ans qui déclare être la réincarnation de son défunt mari. Rien à dire, le synopsis glace. Il glace d’ailleurs autant que la mise en scène et que l’ambiance générale du film. Le style choisi est en effet langoureux, lent et volontairement lourd. Le cinéaste privilégie des plans fixes et longs sur un visage...