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Quand la défense des lieux saints chiites passe par le sport

L’Iran a porté sur le terrain sportif la protestation politique contre la « profanation » par les soldats américains des lieux saints du chiisme en Irak, en annonçant le boycottage de compétitions aux États-Unis. Après les lutteurs, ce sont les escrimeurs qui ont annoncé hier leur décision de ne pas prendre part à une épreuve aux États-Unis, en l’occurrence le Grand Prix de New York, du 10 au 13 juin, a rapporté l’agence officielle Irna. Alors que le discours officiel iranien fait état d’une indignation grandissant de jour en jour avec les opérations militaires à Najaf et Kerbala, deux des principales destinations des pèlerins chiites iraniens, l’émotion, manifestée depuis une semaine par de violents rassemblements à Téhéran devant l’ambassade du Royaume-Uni, allié des États-Unis, a gagné les organisations sportives. Les équipes nationales de lutte libre et de lutte gréco-romaine ont ainsi renoncé à la compétition préolympique des Titan Games, du 18 au 20 juin à Atlanta, « pour protester contre les agissements des troupes d’occupation américaines en Irak, les attaques contre les civils et la profanation des sanctuaires d’Irak », a annoncé la fédération sur son site Internet. « Le pays hôte » tenait pourtant prêts les visas et les billets à Dubaï, souligne-t-elle. Le geste est d’autant plus symbolique qu’il n’est pas le fait de la moindre des fédérations iraniennes. La lutte est l’un des sports les plus populaires d’Iran. Elle est aussi l’une des très rares disciplines dont la République islamique puisse espérer des médailles aux Jeux d’Athènes. Elle est encore l’une de celles dans lesquelles Iraniens et Américains, parmi les meilleurs au monde, s’affrontent bien plus régulièrement que sur un terrain de football. Chaque combat entre lutteurs suscite ainsi l’évocation d’une « diplomatie sur le tapis » de lutte – comme il y eut une « diplomatie du ping-pong » entre la Chine et les États-Unis – à défaut de relations diplomatiques entre Téhéran et Washington, celles-ci ayant été rompues en 1980. Les autorités américaines ont d’ailleurs décidé de faire une exception pour les lutteurs iraniens venant aux États-Unis en ne prélevant pas leurs empreintes digitales. Une récente rencontre de football entre des équipes des ambassades d’Iran et des États-Unis sur une plage d’Abu Dhabi n’est pas non plus passée complètement inaperçue, même si la victoire iranienne n’eut pas le lustre de celle remportée 2-1 en 1998 lors de la Coupe du monde en France.
L’Iran a porté sur le terrain sportif la protestation politique contre la « profanation » par les soldats américains des lieux saints du chiisme en Irak, en annonçant le boycottage de compétitions aux États-Unis. Après les lutteurs, ce sont les escrimeurs qui ont annoncé hier leur décision de ne pas prendre part à une épreuve aux États-Unis, en l’occurrence le Grand Prix de New York, du 10 au 13 juin, a rapporté l’agence officielle Irna.
Alors que le discours officiel iranien fait état d’une indignation grandissant de jour en jour avec les opérations militaires à Najaf et Kerbala, deux des principales destinations des pèlerins chiites iraniens, l’émotion, manifestée depuis une semaine par de violents rassemblements à Téhéran devant l’ambassade du Royaume-Uni, allié des États-Unis, a gagné les...