Les forces israéliennes ont desserré leur étau sur Rafah mais ses habitants n’en sont pas pour autant au bout de leurs frayeurs. Sept jaguars sont lâchés dans la ville, l’armée israélienne ayant rasé l’unique zoo de la bande de Gaza.
Les fauves, depuis toujours au régime strict de viande crue, font partie des bêtes qui se sont échappées du zoo de Rafah, dans le quartier de Jneina, après le passage de trois bulldozers israéliens venus dégager le terrain dans l’espoir de trouver des tunnels utilisés par les Palestiniens pour la contrebande d’armes à partir de l’Égypte proche.
« Ils sont très dangereux. Ils peuvent facilement dévorer un enfant », met en garde le directeur et propriétaire du zoo, Ahmad Jamal. Il craint toutefois que les renards, loups, ratons laveurs et jaguars aient peu de chances de survivre maintenant qu’ils sont livrés à eux-mêmes. Ils se sont retrouvés à errer une fois démoli le mur d’enceinte du zoo et leur cage ouverte. Le zoo était l’un des rares lieux de détente de Rafah, une localité déshéritée à l’extrême sud de la bande de Gaza, à cheval sur la frontière avec l’Égypte. La mer est pourtant à moins de deux kilomètres, mais l’accès à la plage est verrouillé par des colonies juives.
« Nous ne pouvons pas aller à la plage, alors nous n’avons pas d’autre endroit où aller. J’ai l’habitude de venir ici toutes les semaines », dit Walid Abou Sleimane, 14 ans. Il dit pouvoir passer des heures à regarder les centaines d’oiseaux exotiques de la volière du zoo, qui couvre une superficie de moins d’un hectare et qui a ouvert ses portes il y a cinq ans. La plupart sont morts ou envolés. Des cadavres de perruches aux plumes jaunes jonchent le sol. Des chiens emportent dans leur gueule des perroquets. Le propriétaire du zoo, qui retire deux cacatoès morts de leur cage, estime à 300 000 dollars la perte des oiseaux rares de sa volière. « Je n’ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens », dit-il. « Pourquoi sont-ils (les militaires) venus ici ? Il est impossible de reconstruire cet endroit. Nous n’en avons pas les moyens », se désole-t-il. « Nous devions recevoir quelques bêtes d’Afrique du Sud cet été, dont des girafes mais, évidemment, elles n’arriveront pas maintenant », poursuit-il. Il va devoir s’atteler à trouver un abri pour les bêtes qui ont survécu, y compris pour les serpents dont le vivarium n’a pas été brisé.
L’armée israélienne a redéployé ses forces à Rafah en se retirant de certains quartiers, laissant derrière elle une zone dévastée par des destructions et des combats sanglants qui ont fait des dizaines de tués Palestiniens. Les routes sont défoncées et des ruines de dizaines de maisons, rasées par des bulldozers, sont visibles.
Plusieurs habitants disent avoir perdu qui des poulets, qui des chèvres au cours de l’opération Arc-en-ciel de l’armée israélienne, quand les bulldozers ont déboulé dans leur maison.
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Les fauves, depuis toujours au régime strict de viande crue, font partie des bêtes qui se sont échappées du zoo de Rafah, dans le quartier de Jneina, après le passage de trois bulldozers israéliens venus dégager le terrain dans l’espoir de trouver des tunnels utilisés par les Palestiniens pour la contrebande d’armes à partir de l’Égypte proche.
« Ils sont très dangereux. Ils peuvent facilement dévorer un enfant », met en garde le directeur et propriétaire du zoo, Ahmad Jamal. Il craint toutefois que les renards, loups, ratons laveurs et jaguars aient peu de chances de...