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Actualités - Chronologie

ÉGYPTE Le gouvernement face au casse-tête d’un déficit budgétaire alarmant

L’Égypte vit depuis plusieurs années au-dessus de ses moyens avec un déficit budgétaire en constante augmentation, qui fait enfler la dette intérieure et constitue un véritable casse-tête pour les experts et les politiques. Plusieurs députés, dont ceux du Parti national démocrate (PND – au pouvoir), ont pressé le gouvernement devant l’Assemblée du peuple, de « traiter radicalement » ce déficit devenu « alarmant », selon eux. Le ministre chargé des Affaires du Parlement, M. Kamal Ech-Chazli, a démenti que le gouvernement s’orienterait vers l’augmentation des prix du carburant, des cigarettes et la hausse de diverses taxes sur les services touristiques et le téléphone mobile pour combler le trou budgétaire. L’augmentation régulière du déficit, qui a crû à un rythme plus rapide que celui de la production intérieure (PIB), alourdit le fardeau de la dette publique. La dette intérieure cumulée est estimée à 370 milliards de livres égyptiennes (59,6 milliards de dollars) en 2003-04, dont 266 milliards de livres égyptiennes directement à la charge du gouvernement (60 % du PIB) et le reste dû aux organismes publics. L’Égypte affichait par ailleurs une dette extérieure de 28,7 milliards de dollars fin juin, selon le ministre des Finances Medhat Hassanein, qui estime que la « zone rouge n’a pas été atteinte ». Le budget 2004-05, encore en discussions devant le Parlement, devrait afficher un déficit de 52 milliards de livres (8,1 milliards de dollars), contre 20 milliards de livres en 2002-03 et 40 milliards de livres en 2003-04. Mais selon les experts, les recettes courantes de l’État (impôts, douanes, taxes, bénéfices des sociétés publiques), hors investissements publics, restent nettement en deçà de ses dépenses courantes (salaires, subventions aux produits de première nécessité, service de la dette etc.), ce qui alourdit la dette de l’État. L’écart entre les dépenses courantes et recettes courantes est estimé à 20 milliards de livres en 2003-04 par M. Mohammed Abdelhalim, professeur d’économie à l’Université d’al-Azhar. Il contraint l’État à emprunter pour assurer « l’ordinaire », ce qui fait dire à Ibrahim Aissaoui, consultant de l’Institut national de la planification, que « l’Égypte vit nettement au-dessus de ses moyens ». Pour M. Issaoui, l’État ne participe à l’épargne nationale et produit désormais « une épargne négative », en prélevant sur celle des particuliers et des entreprises pour couvrir ses propres besoins, au détriment de l’investissement. Le déficit budgétaire a été comblé ces dernières années essentiellement par le recours aux facilités bancaires, ce qui, selon les spécialistes, a créé un « effet d’éviction » au détriment des investisseurs privés. Libéraux, partisans de « moins d’État », pour, disent-ils, libérer l’initiative privée, et dirigistes, partisans « de plus d’État » pour protéger les couches populaires, sont d’accord sur le fait que le déficit budgétaire a passé les bornes, mais ils s’affrontent régulièrement sur les remèdes. Les premiers réclament des coupes claires dans les subventions aux produits de consommation de première nécessité, la remise en cause de la gratuité de l’enseignement supérieur et des soins, l’augmentation des cotisations de l’État et des salariés pour combler les déficits des caisses de retraite et d’assurance-maladie, ainsi que l’accélération des privatisations.
L’Égypte vit depuis plusieurs années au-dessus de ses moyens avec un déficit budgétaire en constante augmentation, qui fait enfler la dette intérieure et constitue un véritable casse-tête pour les experts et les politiques.
Plusieurs députés, dont ceux du Parti national démocrate (PND – au pouvoir), ont pressé le gouvernement devant l’Assemblée du peuple, de « traiter radicalement » ce déficit devenu « alarmant », selon eux.
Le ministre chargé des Affaires du Parlement, M. Kamal Ech-Chazli, a démenti que le gouvernement s’orienterait vers l’augmentation des prix du carburant, des cigarettes et la hausse de diverses taxes sur les services touristiques et le téléphone mobile pour combler le trou budgétaire.
L’augmentation régulière du déficit, qui a crû à un rythme plus rapide que celui de la...