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En Tchétchénie, les mères de famille et les adolescents disparaissent aussi

De Khalimat, la mère de famille, à Oussam, l’adolescent, les disparitions de civils se poursuivent en Tchétchénie, comme dans la petite ville d’Argoun. Après avoir longtemps frappé les hommes en âge de combattre, elles se sont étendues aux femmes et aux jeunes. Tamara Magomadova est une des rares à accepter de parler à visage découvert. La vieille dame aux yeux bleus las et aux cheveux blancs retenus par un discret foulard habite à Argoun, petite ville à l’est de Grozny. Elle répète le scénario raconté inlassablement par les proches des disparus à travers la Tchétchénie, accusant les forces de l’ordre locales et fédérales de faire régner la terreur dans cette république du Caucase russe. « Le 12 septembre, à cinq heures du matin, des hommes en armes, treillis et masques, sont arrivés chez nous. Je pensais qu’ils venaient pour prendre mon fils. D’habitude, “ils arrêtent les hommes. C’est alors que les enfants se sont mis à crier “Ils prennent maman, ils prennent maman” », raconte-t-elle, ajoutant : « Ils sont partis avec elle sans dire ce qu’ils lui reprochaient. » Tamara veut encore croire que sa fille, âgée de 38 ans, est vivante. Elle montre la lettre envoyée par un service du ministère de l’Intérieur dans une enveloppe ornée d’un bouquet de fleurs sur lequel est inscrit « Toutes nos félicitations ». Elle l’informe que sa « demande de coopération » a bien été transmise au ministère de l’Intérieur tchétchène prorusse. Nombre de proches de disparus se perdent dans les arcanes administratives avant de réussir à faire ouvrir une enquête criminelle pour enlèvement par le parquet russe. Quand ils n’ont pas peur de déposer plainte. Ce qui ferait revoir à la hausse le nombre officiel d’enlèvements en 2004, qui dépasse déjà les 200, reconnaît le ministère de l’Intérieur tchétchène. À quelques rues de là, le lycéen Oussam, 15 ans, a lui aussi disparu, depuis le 7 décembre dernier. Le même soir, son frère aîné Moussa, 18 ans, est arrêté alors qu’il s’apprêtait à passer la nuit chez un ami, dans un immeuble non loin. « Les voisins m’ont raconté que des militaires masqués étaient arrivés à bord d’un véhicule de transport blindé avec mon plus jeune fils déjà avec eux », raconte sa mère. Elle apprend ensuite que son fils aîné a été brièvement détenu à la commandanture militaire d’Argoun, puis plus rien. Ni sur Oussam ni sur Moussa.
De Khalimat, la mère de famille, à Oussam, l’adolescent, les disparitions de civils se poursuivent en Tchétchénie, comme dans la petite ville d’Argoun. Après avoir longtemps frappé les hommes en âge de combattre, elles se sont étendues aux femmes et aux jeunes.
Tamara Magomadova est une des rares à accepter de parler à visage découvert. La vieille dame aux yeux bleus las et aux cheveux blancs retenus par un discret foulard habite à Argoun, petite ville à l’est de Grozny. Elle répète le scénario raconté inlassablement par les proches des disparus à travers la Tchétchénie, accusant les forces de l’ordre locales et fédérales de faire régner la terreur dans cette république du Caucase russe.
« Le 12 septembre, à cinq heures du matin, des hommes en armes, treillis et masques, sont arrivés chez nous. Je...