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Actualités - Opinion

Stratégie d’entreprise LibanPost se diversifie pour s’affranchir du courrier

Par Charif KOJOK Les Libanais auront-ils un jour le réflexe de confier la distribution de leur courrier à la poste ? Des années d’absence de service public postal fiable ont entraîné le recours massif à d’autres entreprises d’acheminement du courrier ou à l’embauche, dans les entreprises, de personnel affecté à cette tâche. Une situation qui continue aujourd’hui de caractériser le paysage postal national malgré une poste restructurée et redevenue efficace. Résultat, après un déficit supérieur à 12 millions de dollars et trois changements majeurs dans la structure de son capital sur les quatre premières années de son entrée en activité, LibanPost se voit obligée d’explorer la voie de la diversification pour se renflouer. Intermédiaire entre le citoyen et l’administration publique Partant du constat que l’offre de ses services de base utilise des compétences particulières communes à celles exigées pour la production de documents administratifs (accueil et information des usagers, respect du délai et des procédures, préparation et archivage de documents…), LibanPost s’attaque à un nouveau marché en s’interposant entre ses clients et divers départements de la Fonction publique. Pour obtenir renouvellement de passeport, légalisation de diplômes, carte militaire ou fiche d’état civil, plus besoin de se rendre dans les diverses administrations concernées. LibanPost se charge de collecter les demandes du citoyen, de les communiquer à l’administration publique puis de délivrer à domicile le document officiel produit empochant, au passage, sur certains documents une commission d’intermédiaire en plus des frais de timbre. Un service qui fait l’unanimité entre le citoyen qui dispose, près de chez lui, dans les 46 bureaux de LibanPost, d’une large palette de services administratifs et les fonctionnaires de l’administration publique. Ces fonctionnaires, une fois déchargés d’une partie de leurs missions d’accueil, d’information et de collecte de données deviennent plus productifs dans l’élaboration de documents, constate Khalil Daoud, PDG de LibanPost. Cliquez, c’est imprimé, enveloppé puis envoyé L’activité d’intermédiaire, qui représente aujourd’hui 10 % des revenus de LibanPost, n’est pas la seule diversification mise en place par l’opérateur. Le postier s’intéresse également au marché des entreprises à destination desquelles il a créé récemment Postprint. Une offre innovante qui consiste à imprimer sur papier, insérer dans des enveloppes puis distribuer à chacun de leurs destinataires des informations préalablement fournies par l’expéditeur à LibanPost par voie électronique. La compagnie Ogero a déjà été séduite et devrait bientôt se décharger, au profit de LibanPost, de la gestion des trois millions de factures téléphoniques qu’elle expédie chaque année à ses abonnés. Une offre de plus qui pourrait rapidement changer l’image de LibanPost qui, au-delà de sa mission traditionnelle de distributeur du courrier, voudrait être considérée, à terme, comme un prestataire de services étendus allant de l’entreposage et du transport de marchandises, en passant par le transfert d’argent, l’encaissement de factures ou la vente de contrats d’assurances. Une diversification en cours d’être réalisée et dont l’objectif est de tirer le plus grand profit d’un équipement logistique toujours en sous-activité et de centres d’accueil rénovés. Une stratégie qui porte déjà ses fruits. Les bureaux de poste n’ont jamais été aussi fréquentés et le nombre de plis manipulés quotidiennement au centre de tri de Beyrouth, évalué à 50 000 en 2002, atteint aujourd’hui les 75 000. Les résultats financiers de la compagnie, en constante augmentation depuis 3 ans, pourraient dès l’an prochain, et pour la première fois depuis 1998, devenir positifs.

Par Charif KOJOK

Les Libanais auront-ils un jour le réflexe de confier la distribution de leur courrier à la poste ? Des années d’absence de service public postal fiable ont entraîné le recours massif à d’autres entreprises d’acheminement du courrier ou à l’embauche, dans les entreprises, de personnel affecté à cette tâche. Une situation qui continue aujourd’hui de caractériser le paysage postal national malgré une poste restructurée et redevenue efficace. Résultat, après un déficit supérieur à 12 millions de dollars et trois changements majeurs dans la structure de son capital sur les quatre premières années de son entrée en activité, LibanPost se voit obligée d’explorer la voie de la diversification pour se renflouer.

Intermédiaire entre le citoyen et l’administration publique
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