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Exposition «Peintres émigrés» à la galerie Janine Rubeiz (photos)

Accrochage collectif à la galerie Janine Rubeiz (Raouché, immeuble Majdalani), sur le thème des «Peintres émigrés». Cinq artistes, tous Libanais, tous résidents à l’étranger, mais ayant chacun, malgré des parcours relativement similaires (ils sont à peu près de la même génération, ont quitté durant la guerre et ont acquis leurs formations à l’étranger), des travaux différents. Peinture énigmatique de Joseph Harb, dont les acryliques, grand format, délivrent, suivant l’angle du regard, une scène, une figure, une lecture différentes. Et intitulée It’s Not True (Ce n’est pas vrai), une toile en technique mixte sur papier, de petite dimension, représentant une série de personnages. Lesquels suggèrent un je ne sais quoi de cette comédie humaine permanente... Effets de tramage, d’arrachement et de décapage dans les toiles en technique mixte de Joseph Chahfé. Des peintures aux surfaces volontairement loqueteuses, râpées, déchirées par endroits, évoquant des murs altérés, comme ceux des façades du Liban en guerre. La guerre, dont cet artiste, installé à Montréal depuis 1984, retranscrit, sans doute inconsciemment, l’impact dans ses œuvres façonnées par un procédé particulier, consistant à coller une toile peinte sur une autre, et de l’arracher ensuite brutalement pour obtenir une surface accidentée, tourmentée, comme un souvenir malheureux. Terre, Murmure, Ondulations ou encore Remous et chuchotements, des titres, de diptyques carrés, évocateurs de souvenirs, d’appels du pays... que Hanibal Srouji (qui, après un long séjour au Canada, vit et travaille aujourd’hui à Paris) représente en paysages abstraits, constellés de traces de feu, comme autant de trous d’obus ou de balles ? Difficile d’interpréter un travail aussi minimaliste et conceptuel. Canada, encore et toujours, où Amal Hamady, émigrée, depuis 1983, à Toronto, s’attache à reproduire l’esprit vibrant de la ville, à travers des vues (à l’acrylique) en contre-plongée de gratte-ciel imposants. Prépondérance du dessin au tracé net et vivacité des couleurs chez Katia Traboulsi (installée depuis de nombreuses années à Dubaï) qui revisite, ici, à sa manière, les œuvres d’artistes célèbres : Picasso, Dubuffet, ou encore Fernand Léger. Hommage donc en coups de pinceau au cubisme naissant de Picasso avec Les Demoiselles d’Avignon; au créateur de formes qu’était Dubuffet, avec Un homme en marche, ou encore au constructivisme de Fernand Léger, avec La Découverte de Fernand. Jusqu’au 10 février, l’occasion de voir ce qui se fait ailleurs en peinture. Ou plutôt ce que les Libanais y font ailleurs. Z.Z.
Accrochage collectif à la galerie Janine Rubeiz (Raouché, immeuble Majdalani), sur le thème des «Peintres émigrés». Cinq artistes, tous Libanais, tous résidents à l’étranger, mais ayant chacun, malgré des parcours relativement similaires (ils sont à peu près de la même génération, ont quitté durant la guerre et ont acquis leurs formations à l’étranger), des travaux différents.
Peinture énigmatique de Joseph Harb, dont les acryliques, grand format, délivrent, suivant l’angle du regard, une scène, une figure, une lecture différentes. Et intitulée It’s Not True (Ce n’est pas vrai), une toile en technique mixte sur papier, de petite dimension, représentant une série de personnages. Lesquels suggèrent un je ne sais quoi de cette comédie humaine permanente...
Effets de tramage, d’arrachement et de...