Par Hassan AYOUB*
L’exclusion est devenue un des thèmes majeurs qui marquent le débat actuel aussi bien des sociétés développées qu’en développement. Quelle que soit sa forme (exclusion du marché du travail, exclusion du logement, de l’éducation, de la santé ou du crédit), l’exclusion est ressentie comme un mal profond qui génère l’instabilité sociale et qui préoccupe de plus en plus la société. Est-on toujours citoyen lorsqu’on ne peut pas accéder aux moyens de paiement électroniques, aux comptes en banque et, a fortiori, au crédit ?
Les statistiques internationales montrent que seulement 20 % de la population mondiale a accès aux services financiers dans la plupart des pays en voie de développement, tandis que, dans les pays développés, l’exclusion bancaire concerne, en moyenne, 10 % de la population. Au Liban, l’exclusion bancaire reste un phénomène méconnu. Sa mesure constitue une tâche difficile d’autant plus qu’elle mobilise faiblement les autorités libanaises. Selon nos estimations, l’exclusion bancaire touche plus de 20 % de la population au Liban.
Notre étude économique montre les facteurs suivants. En moyenne, entre 1974 et 2003, 58 % des agences bancaires sont localisées dans la capitale et dans ses banlieues. Pour 1 138 habitants, il existe une agence bancaire à Beyrouth. Ce ratio se situe à un niveau d’une agence pour 9 088 habitants dans la Békaa. L’analyse selon le nombre d’habitants par distributeur montre que 1 498 habitants beyrouthins ont accès à un seul distributeur. Tandis que dans la Békaa, ils sont 13 789 habitants. Le modèle d’implantation géographique des banques et de leurs agences engendre une distorsion au niveau de leur activité. Les crédits alloués dans la capitale représentent, en moyenne, ces dernières années, 82 % du total. En même temps, le Nord, le Sud et la Békaa bénéficient de 11 % du total. En outre, nous constatons que 13 % de la population qui réside à Beyrouth profite de 82 % des crédits bancaires. Alors que plus de 50 % de la population bénéficie de 11 % des crédits. Ainsi, il nous semble que les banques écartent une part importante de la clientèle pour laquelle le crédit (à la consommation et/ou à l’investissement) est parfois vital. Cet état de fait accentue les inégalités sociales et régionales qui caractérisent le Liban et risque de générer à terme une instabilité sociopolitique.
La majorité des économistes s’accordent sur le fait que l’accès aux services bancaires constitue un des facteurs qui favorisent le développement socio-économique équilibré. Si le secteur bancaire porte une part de responsabilité, il incombe à l’État libanais de moderniser les dispositifs légaux afin de mieux lutter contre ce phénomène. Le secteur privé, l’État et les organisations associatives doivent s’impliquer davantage dans ce combat.
* Docteur en sciences économiques, Université de Lille 2.
L’exclusion est devenue un des thèmes majeurs qui marquent le débat actuel aussi bien des sociétés développées qu’en développement. Quelle que soit sa forme (exclusion du marché du travail, exclusion du logement, de l’éducation, de la santé ou du crédit), l’exclusion est ressentie comme un mal profond qui génère l’instabilité sociale et qui préoccupe de plus en plus la société. Est-on toujours citoyen lorsqu’on ne peut pas accéder aux moyens de paiement électroniques, aux comptes en banque et, a fortiori, au crédit ?
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Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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