Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

testÉclairage - Les élections, premier international du second mandat Bush

Les élections irakiennes sont le premier test international du second mandat de George W. Bush dont l’espoir est de les voir favoriser la démocratisation du Moyen-Orient mais aussi ouvrir la voie à un retrait des troupes américaines. « C’est un moment historique », se plaît à répéter le président américain, même si la Maison-Blanche souligne que la consultation du 30 janvier « ne sera pas parfaite » et n’est que la première de trois qui se tiendront en 2005. L’Administration Bush a plusieurs fois changé de rhétorique pour justifier sa décision d’entrer en guerre contre l’Irak en mars 2003. Face à l’absence d’armes de destruction massive, elle a invoqué la volonté de renverser le dictateur Saddam Hussein puis le souci d’installer en Irak un régime démocratique, modèle pour le « Grand Moyen-Orient ». George W. Bush n’a toutefois pas prononcé une seule fois le nom de l’Irak lors de son discours d’investiture pour un second mandat jeudi dernier. Celui-ci était pourtant consacré à la lutte contre la tyrannie et à la mission des États-Unis de promouvoir la démocratie dans le monde. Plus de 1 360 soldats américains ont été tués en Irak depuis mars 2003 et le pays est plongé dans un violent chaos auquel le gouvernement intérimaire mis en place par les Américains en juin dernier ne parvient pas à mettre fin. La participation de la communauté internationale à l’organisation du scrutin est réduite au strict minimum, et le Premier ministre irakien Iyad Allaoui lui-même a reconnu que le plan de sécurité pour les élections était insuffisant. Brent Scowcroft, qui a été au début des années 90 notamment conseiller pour la sécurité nationale de George Bush, le père de l’actuel président, a récemment estimé que le chaos pourrait s’accroître en Irak après les élections avec le risque d’une guerre civile entre chiites et sunnites. Ces sombres analyses sont balayées par l’Administration Bush qui s’en tient au calendrier prévu et veut voir les Irakiens accélérer la formation de leurs propres forces de sécurité afin de remplacer les quelque 150 000 soldats américains présents dans le pays. Washington ne veut pas fixer une date pour leur retour, s’en tenant à la formule consacrée que celui-ci n’interviendra qu’une fois leur mission achevée. Mais les contours de cette mission restent flous, évoluant entre l’installation d’un gouvernement légitimé par le suffrage populaire et l’élimination des « terroristes ». Réélu pour quatre ans en novembre avec 50,8 % des voix face au démocrate John Kerry, qui s’opposait à la guerre en Irak, George W. Bush, un républicain, juge sa politique en Irak validée par sa victoire. « Nous avons eu un moment pour faire les comptes, c’était l’élection de 2004 (...) Les Américains ont écouté divers points de vue sur ce qui se passait en Irak, ils ont regardé les deux candidats, et ils m’ont choisi », a-t-il affirmé récemment. Les républicains, qui disposent d’une majorité solide au Congrès, n’ont plus à craindre le verdict des urnes jusqu’aux élections parlementaires de novembre 2006. Mais selon un récent sondage, 52 % des Américains estiment désormais que la décision d’entrer en guerre contre l’Irak était une erreur. Le conflit coûte également très cher et la Maison-Blanche va présenter dans les prochaines semaines un nouveau collectif budgétaire dépassant les 50 milliards de dollars pour continuer à la financer. Le résultat des élections et leur impact sur une éventuelle stabilisation de l’Irak vont également être déterminants pour l’évolution des rapports entre l’Administration Bush et plusieurs des alliés traditionnels des États-Unis qui se sont opposés à la guerre, comme la France et l’Allemagne. Malgré la volonté de rapprochement manifestée des deux côtés de l’Atlantique depuis la réélection du président républicain, les signes concrets d’une plus grande coopération sur le dossier irakien se font encore attendre. Jean-Louis DOUBLET (AFP)
Les élections irakiennes sont le premier test international du second mandat de George W. Bush dont l’espoir est de les voir favoriser la démocratisation du Moyen-Orient mais aussi ouvrir la voie à un retrait des troupes américaines.
« C’est un moment historique », se plaît à répéter le président américain, même si la Maison-Blanche souligne que la consultation du 30 janvier « ne sera pas parfaite » et n’est que la première de trois qui se tiendront en 2005.
L’Administration Bush a plusieurs fois changé de rhétorique pour justifier sa décision d’entrer en guerre contre l’Irak en mars 2003. Face à l’absence d’armes de destruction massive, elle a invoqué la volonté de renverser le dictateur Saddam Hussein puis le souci d’installer en Irak un régime démocratique, modèle pour le « Grand...