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Actualités - Rencontre

Cinéma Les magnifiques envolées de Scorsese, Jeunet et Yimou (Photos)

Les sorties de la semaine À voir absolument kkk À voir kk À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n k k k The Aviator de Martin Scorsese The Aviator couvre près de vingt ans de la vie tumultueuse de Howard Hugues (des années 20 aux années 40) : industriel, milliardaire, casse-cou, pionnier de l’aviation civile, inventeur, producteur, réalisateur, directeur de studio et séducteur insatiable. Le scénario original de John Logan évoque également les handicaps physiques et les phobies de Hugues, ses troubles obsessionnels, ainsi que ses comportements de plus en plus erratiques qui l’amenèrent à se couper progressivement du monde et à finir sa vie en reclus. Le projet débuta sous l’initiative de Leonardo DiCaprio (le film est d’ailleurs coproduit par Appian Way, société de l’acteur créée en 2001). Conscient que plusieurs stars hollywoodiennes avaient vainement tenté de traiter la vie de Hugues, DiCaprio adopta un autre angle d’attaque, en choisissant de se focaliser sur la jeunesse visionnaire et intensément créatrice de l’aviateur, plutôt que de sa maladie hypocondriaque et de sa descente tardive dans la folie. Dans ce film qui évoque l’âge d’or du cinéma hollywoodien, plusieurs grands noms incarnent des figures mythiques du 7e art: Cate Blanchett joue le rôle de Katharine Hepburn, Kate Beckinsale celui d’Ava Gardner et Jude Law celui d’Errol Flynn. Scorsese, 2h50 durant, déploie son talent et présente à la perfection la vie de l’une des figures les plus énigmatiques du XXe siècle. Plusieurs lieux-clés de la vie du nabab ont été reconstitués, dont le Cocoanut Grove, mythique night-club hollywoodien créé en 1921, ainsi que sa résidence à Hancock Park. Le numérique est également utilisé avec brio. Les séquences usant de cette technologie (notamment les scènes de guerre lors du tournage de Hell’s Angels) se marient parfaitement au reste de l’histoire sans jamais que le spectateur ne ressente le moindre aspect froid ou superficiel. Au contraire, ces scènes ajoutent grandeur et feux d’artifice à l’écran. La distribution est aussi à la hauteur du projet. Si le choix de DiCaprio peut rebuter quelques-uns (gueule trop angélique et androgyne), l’acteur fait sensation. Il présente une palette extrêmement large d’émotions, d’états d’âme, vaguant allègrement entre l’homme puissant et l’homme dépassé, l’amant passionné et le séducteur, le jeune homme et l’homme adulte. Notez que même sa démarche change, marquant le passage entre l’innocence et la maturité de son personnage. Les seconds rôles sont tout aussi épatants: John C. Reilly en comptable, Cate Blanchett en Katharine Hepburn, Alec Baldwin en propriétaire de la compagnie d’aviation Pan Am. Du début à la fin, le cinéaste fait succéder scènes à la fois esthétiques, effrayantes, captivantes et excitantes. Elles sont de grande qualité car elles regroupent le duo gagnant : beauté du fond et de la forme. Beauté de la forme grâce notamment aux couleurs: dans la première partie du film, on retrouve les teintes pastel du technicolor bichrome des années 20 (les couleurs dominantes sont le vert et le rouge), alors que dans la deuxième partie ce sont les couleurs lumineuses et scintillantes du technicolor trichrome des années 30 qui dominent (notamment le rouge et le turquoise). Ces choix de couleurs et d’utilisation de filtres numériques qui donnent un côté un peu fiction ne choquent pas mais paraissent logiques puisqu’ils décrivent la vie d’un homme qui semble lui-même jouer un rôle dans sa propre vie! Beauté du fond grâce aux dialogues, à l’interprétation mémorable des acteurs et à la composition sublime des plans. Beaucoup de scènes resteront gravées dans nos mémoires, notamment celles qui témoignent de la descente aux enfers de Hugues, de son obsession maladive pour la propreté. The Aviator se divise d’ailleurs en deux parties bien distinctes. La première met en valeur les ambitions, le monde hallucinant et les réussites de Hugues, alors que la deuxième partie présente le côté sombre et dur de son existence. La coupure est symbolisée par son incroyable accident d’avion au bord du XF-11 (l’une des scènes les plus impressionnantes et les plus fortes). Le film ne tombera cependant jamais dans le mélodrame. Complet sous tous les points, The Aviator fascine par sa caméra, son sujet, le jeu de ses acteurs et l’ambiance générale. Si nous devions choisir un mot pour le décrire: «spectaculaire»! Circuit Empire (sauf Sofil), Kaslik, Freeway k k k Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet Adapté du roman éponyme de Sébastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles est le dernier long-métrage de Jean-Pierre Jeunet, réalisateur du désormais cultissime Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Impossible de ne pas faire un parallèle entre Amélie et ce nouveau film. D’abord parce que le cinéaste est le même, ensuite parce qu’il marque la deuxième collaboration entre lui et l’actrice Audrey Tautou. Si le personnage de Mathilde rappelle celui d’Amélie (obstinée, solitaire, idéaliste et amoureuse), le ton n’a cette fois rien de léger. L’histoire se déroule pendant la guerre de 14-18 et suit la quête insensée d’une jeune femme persuadée envers et contre tous que son fiancé, Manech, n’est pas mort sur le front. De faux espoirs en incertitudes, elle va démêler peu à peu la vérité sur le sort de son amour et de ses quatre camarades. Le sujet et la période sont donc diamétralement opposés au précédent bijou du réalisateur. Néanmoins, la griffe Jeunet est facilement repérable. Ce dernier ne déroge effectivement en rien à son style, usant volontiers de couleurs très marquées et de filtres aux tons sépia ou jaune, créant ainsi un monde presque imaginaire. Les séquences de guerre, par contraste, présentent des tons dominants gris, très bien associés aux combats et aux tranchées. Jeunet réussit d’ailleurs à montrer l’horreur de la guerre sans pour autant tomber dans l’effusion du sang et des cadavres. Beaucoup de sentiments, de thèmes forts et d’émotions sont décrits sans que le film ne tombe dans le mélodrame, car Jeunet intègre avec brio humour décalé et singularité des personnages. Ce sont précisément ces deux éléments (en plus de la photographie éblouissante et de la musique prenante) qui font toute la beauté des films de Jeunet. Chaque personnage a une présence, une «gueule». Le film présente une liste de noms plus ou moins connus et des acteurs parfaits dans leur rôle : Jodie Foster (en veuve passionnée), Marion Cotillard (en tueuse amoureuse), Ticky Holgado (en détective maître du jeu de mots). Bien qu’étant l’adaptation d’une œuvre, Jeunet s’approprie l’histoire et l’ambiance en intégrant ses obsessions et son univers. Comme à son habitude, il glisse une série d’éléments qui donnent ce petit plus, qui font toute la différence : le vélo qui dérape, le gant rouge de Manech, l’allumette qui éclaire la nudité de l’adolescente, le revolver trafiqué. Une photographie sublime, des mouvements de caméra démentiels, une poésie visuelle, des personnages pittoresques font de Un long dimanche de fiançailles un grand film. Empire ABC/Sofil, Espace, Freeway k k Hero de Zhang Yimou Hero est fondé sur des événements qui se sont déroulés en Chine au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Le pays était divisé en sept royaumes ; chacun d’eux combattait les autres pour obtenir la suprématie. De ces sept royaumes, Qin était le plus virulent. Le roi était obsédé par la conquête de la Chine et le désir de devenir son premier empereur. Les autres royaumes dépêchèrent leurs plus redoutables guerriers afin de l’éliminer, dont Lame brisée, Flocon de neige et Ciel étoilé. À quiconque anéantirait ces trois assassins, le roi promit puissance et fortune. Arriva alors le mystérieux Sans nom qui se présenta au palais avec, en sa possession, les armes des trois assassins abattus. Les spectateurs suivent donc cette légende à travers le récit de Sans nom (Jet Li). Premier film de sabre pour le réalisateur Zhang Yimou qui réussit avec succès son incursion dans ce genre très codé. Hero est effectivement d’une beauté visuelle époustouflante et d’une élégance fascinante. Une importance capitale est donnée aux couleurs. Quatre couleurs dominantes (rouge, blanc, bleu et vert) correspondent, chacune à son tour, à une version de l’histoire, à une perspective différente. Plaisir des yeux, lesquels suivent du début à la fin une succession de paysages absolument sublimes. Une histoire également ponctuée par des scènes de combats tout aussi hypnotisantes. Les duels, sorte de ballet volant féerique, reflètent moins la violence que la grâce. «Il s’agit de refléter la vérité de l’art suprême du sabre, qui n’implique pas nécessairement le recours à la force et à la violence, mais la recherche de l’harmonie et de la beauté. Dans cette perspective, les combats ne font pas couler le sang. Ils sont plutôt des affrontements spirituels et intellectuels» [1]. Ainsi, Hero se décrit plus comme une introspection romanesque qu’un film d’arts martiaux et d’action. Contrairement à Crouching Tiger, Hidden Dragon d’Ang Lee, le cinéaste intègre des messages politiques, des propagandes pour le gouvernement chinois, lequel a d’ailleurs financé presque entièrement le film. Ce tableau vivant, rehaussé par des acteurs de talent (dont le couple d’In the Mood for Love, Maggie Cheung et Tony Leung), a l’ambition d’offrir à la fois esthétisme des combats et philosophie : «Les personnages sont motivés par le désir de mettre fin à la guerre. Pour les vrais héros d’arts martiaux, le cœur est bien plus important que l’épée» [2]. Concorde, Abraj, Zouk [1, 2] Propos recueillis dans le magazine Première, numéro 319. k Racing Stripes de Frederick Du Chau Dans la même veine que Babe, ce long-métrage de Frederick Du Chau donne droit de parole aux animaux. Le personnage principal, un zèbre qui répond au nom de Stripes, n’a qu’un seul rêve, celui de participer à une course de chevaux. Essentiellement et même uniquement destiné aux enfants, Racing Stripes regroupe une bonne quantité de messages classiques tels que ne jamais baisser les bras et toujours croire en ses rêves. Assez soporifique pour les adultes (gags faciles et histoire mielleuse au possible), les plus jeunes tomberont néanmoins sous le charme d’un quadrupède pas comme les autres. À noter que certaines stars du cinéma hollywoodien doublent les voix des animaux : Whoppi Goldberg, Dustin Hoffman, Snoop Dogg. Circuit Empire (sauf Sofil), Espace, Freeway n Blade : Trinity de David Goyer Aucune projection pour la presse n’ayant été organisée, nous nous excusons de ne pouvoir vous donner une critique plus approfondie. Blade est né en 1973 dans les pages de la BD Marvel Tomb of Dracula. De personnage secondaire, il devient le héros de sa propre série avant de connaître l’aventure du grand écran en 1998. Dans ce troisième volet, le héros mi-vampire mi-humain se joint à deux chasseurs de vampires pour traquer Danica Talos. On suppose que le film présente courses-poursuites, ralentis aériens, musique rythmée et combats rapprochés. Empire ABC/Galaxy/Dunes, Espace, Freeway Sorties prévues pour le jeudi 27/01/2005 (sous réserves) : – Closer, de Mike Nichols, avec Julia Roberts, Jude Law, Natalie Portman et Owen Clive. – Deux frères, de Jean-Jacques Annaud, avec Guy Pearce et Jean-Claude Dreyfus. les ciné-clubs En chair et en os de Pedro Almodovar (1997) Polar social avec, en toile de fond, une réflexion sur la génération espagnole des années 70. Almodovar explore plusieurs thèmes dont la destinée, la chance ainsi que la passion qui mène aux actes désespérés et à la rédemption. L’histoire : Victor, vingt ans à peine, rencontre Élena, avec qui il fait l’amour pour la première fois. Désireux de la revoir, il se présente chez elle. Mais Élena attend son dealer. L’intrusion de deux policiers au sang chaud complique la situation, au point de bouleverser la vie de chacun. Avec Javier Bardem, Francesca Neri, Angela Molino et Penelope Cruz. Auditorium de l’Esa, mardi 25 janvier à 20h30 Au cœur du mensonge de Claude Chabrol (1998) Mensonges, duplicités et faux-semblants (thèmes récurrents chez Chabrol) sont les ingrédients de cette intrigue policière. À son habitude, le cinéaste offre un film au reflet noir. Il mélange aussi bien douceur et cruauté, et prend un malin plaisir à porter un regard acéré sur les misérables petits secrets de chacun. L’histoire : dans un port de Bretagne, une fillette est assassinée. Frédérique, chargée de l’enquête, porte ses soupçons sur un professeur de dessin qui forme pourtant un couple respecté avec sa femme. La situation se complique lorsque cette dernière tombe sous le charme d’un écrivain à succès, en vacances dans la région. Avec Jacques Gamblin, Sandrine Bonnaire, Valeria Bruni-Tedeschi et Antoine De Caunes. Salle Montaigne, mercredi 26 janvier à 19h15 Paroles dE cinéma Caméra rapprochée Le soleil vient de se lever Nous y avons cru jusqu’au bout et nous avions raison. Les beaux jours sont effectivement de retour. Certes les petits films n’ont pas délaissé les salles et ce n’est pas pour nous déplaire puisqu’ils mettent en valeur les grands films, les vrais. Ces derniers semblent s’être enfin décidés à migrer chez nous. Un banc de bons réalisateurs, accompagnés d’acteurs de taille et d’histoires surprenantes planent sur Beyrouth. Une fois n’est pas coutume, le public aura le plaisir d’expérimenter une sensation trop peu connue : l’hésitation, le dilemme cornélien : film chinois ou français ? Sabres ou avions ? Fiction ou biographie? Du pur bonheur. Les salles honorent désormais le 7e art. Cette semaine nous gâte. Il faut en profiter et se ruer dans les complexes car les déceptions seront quasi nulles. Période de cérémonies oblige (Oscar Golden Globes, etc.), les longs-métrages de qualité font parler d’eux, attirent l’attention du public et là, effet boule de neige, les gens en parlent, les distributeurs aussi. Comme quoi la loi de l’offre et de la demande ne faillit jamais. Le temps est au frais, les salles sont chaudes. À venir: Birth, Sideways, Finding Neverland, Arsène Lupin, Lila dit ça, A Million Dollar Baby, Beyond the Sea… Pourvu que ça dur. D.D. En gros plan Réveil français? Il y avait foule, ce jeudi 13 janvier, à l’Empire/Sofil. On y projetait en avant-première (sur invitations) le film de Jean-Pierre Jeunet, Un long dimanche de fiançailles (A Very Long Engagement), qui doit être sur nos écrans. Un événement. La Mission culturelle – en tête, M. Clavier, conseiller – était largement représentée. Et on avait bien fait les choses. Tout cela est tout à fait normal. En effet, on l’aura finalement compris, toute sortie de film français important doit être impérativement annoncée, et soutenue, par une promotion «spéciale». Ainsi, M. Clavier a-t-il promis (pour février?) une opération Arsène Lupin, le film de Jean-Paul Salomé devant être «accompagné» d’une délégation (imaginez Kristin Scott-Thomas présente, un rêve!). En tout cas, une politique à développer. Il importe de souligner que la formule ne doit s’appliquer qu’à des films sélectionnés – pas à n’importe quel produit filmique. Comédie, drame, action, le choix est large, dans une production française variée. Avis aux distributeurs! Sans oublier, bien sûr, les coproductions. Meilleurs vœux de réussite. J.-P. GOUX-PELLETAN RUBRIQUE RÉALISÉE PAR DYMA DEMIRDJIAN
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k k k The Aviator
de Martin Scorsese

The Aviator couvre près de vingt ans de la vie tumultueuse de Howard Hugues (des années 20 aux années 40) : industriel, milliardaire, casse-cou, pionnier de l’aviation civile, inventeur, producteur, réalisateur, directeur de studio et séducteur insatiable. Le scénario original de John Logan évoque également les handicaps physiques et les phobies de Hugues, ses troubles obsessionnels, ainsi que ses comportements de plus en plus erratiques qui l’amenèrent à se couper progressivement du monde et à finir sa vie en reclus.
Le projet débuta sous l’initiative de Leonardo DiCaprio (le film est d’ailleurs coproduit par Appian Way, société de l’acteur...