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Actualités - Reportage

Santé LUTTE ANTITABAC La Convention-cadre de l’OMS entrera en vigueur le 28 février (Photos)

Le 28 février 2005, la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac entrera en vigueur et fera ainsi partie du Droit international. Ratifiée par quarante pays, elle permettra d’améliorer la santé en faisant diminuer la consommation de tabac qui provoque actuellement près de cinq millions de décès prématurés par an. Le 30 novembre dernier, le Pérou est devenu le quarantième pays à ratifier la convention. En un an et demi, quarante pays de toutes les régions du monde ont pris les mesures nécessaires pour devenir «Parties à la Convention», le premier traité international de santé publique avec force obligatoire, établi sous l’égide de l’OMS. « Il semble que l’élan suscité par la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ne puisse plus être arrêté, déclare le Dr Lee Jong-Wook, directeur général de l’OMS. Il montre l’importance que donne la communauté internationale à la nécessité de sauver des millions de vies, actuellement emportées par le tabac. J’appelle les autres pays à rejoindre ces quarante États, grâce auxquels la convention entre en vigueur. » La Convention-cadre pour la lutte antitabac a été adoptée à l’unanimité lors de la 56e assemblée mondiale de la santé, en mai 2003, au terme de près de trois ans de négociations. Dans l’année qui a suivi, pendant la période d’ouverture aux signatures, 167 pays et la Communauté européenne ont signé le document et 23 d’entre eux sont devenus Parties à la Convention, ce qui en fait l’un des traités des Nations unies les plus rapidement adoptés. À partir du 28 février, les quarante Parties seront juridiquement liées par les dispositions du texte qui prévoient des normes internationales pour l’augmentation des prix du tabac et des taxes, la publicité et le parrainage, l’étiquetage, le commerce illicite et l’exposition à la fumée du tabac. « C’est maintenant que le vrai travail commence, insiste le Dr Catherine le Galès-Camus, sous-directeur général à l’OMS pour les maladies non transmissibles. La convention fixe les objectifs idéaux à atteindre et un plan de travail à appliquer dans les pays. L’OMS continuera d’aider les pays à accomplir la tâche essentielle qui est de renforcer leurs capacités et de mettre en œuvre la convention. » La directrice à l’OMS de l’initiative « Pour un monde sans tabac », le Dr Vera Luiza da Costa e Silva, a félicité, pour sa part, les quarante États membres qui sont devenus Parties à la Convention. « J’applaudis ces quarante pays dont le rôle est déterminant dans l’histoire de la santé publique et de la lutte contre le tabac, note-t-elle. Parmi ces quarante Parties, il y a des pays riches et des pays pauvres de toutes les régions du monde. Ensemble, ils créent un précédent qui montre que tout pays peut adhérer à cette convention, quelle que soit sa situation géographique ou économique. » La Convention-cadre a été instituée pour lutter contre la deuxième cause de mortalité de notre époque. La consommation de tabac est la première cause évitable du décès. Si l’on ne renverse pas les tendances actuelles, le tabac tuera dix millions de personnes par an en 2020 et c’est le seul produit légal pouvant entraîner la mort d’une personne sur deux qui en consomment régulièrement. Autrement dit, sur les 1,3 milliard de fumeurs que l’on compte actuellement, 650 millions décéderont prématurément à cause du tabac. Les pays membres de la Convention-cadre Les quarante pays de la Convention-cadre pour la lutte antitabac sont les suivants : l’Arménie, l’Australie, le Bangladesh, le Bhoutan, le Brunei, Dar-es-salaam, le Canada, Fidji, la France, le Ghana, la Hongrie, les îles Cook, les îles Salomon, l’Islande, l’Inde, le Japon, la Jordanie, le Kenya, Madagascar, les Maldives, Malte, Maurice, le Mexique, la Mongolie, le Myanmar, Nauru, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan, Palaos, Panama, le Pérou, Qatar, Saint-Marin, les Seychelles, Singapour, la Slovaquie, le Sri Lanka, la Thaïlande, Trinité-et-Tobago et l’Uruguay. PNEUMOLOGIE Asthme et grossesse peuvent aller de pair, mais un suivi rigoureux s’impose Chez les femmes enceintes, l’asthme est une maladie souvent sous-diagnostiquée et insuffisamment traitée, selon des spécialistes qui insistent sur la nécessité d’un suivi rigoureux durant la grossesse, notant que durant cette période, la maladie asthmatique « s’aggrave dans un tiers des cas, s’améliore dans un tiers et reste stable dans le dernier tiers ». « Les complications pour la mère et l’enfant sont rares et il n’y a aucune contre-indication à conduire une grossesse et à traiter parallèlement son asthme », explique le Pr Pascal Demoly, du Centre hospitalier universitaire de Montpellier, lors des Journées parisiennes d’allergie. Exceptionnelles durant le premier trimestre de grossesse, les exacerbations de l’asthme sont plus fréquentes entre la 24e et la 36e semaine d’aménorrhée, surtout si l’asthme est instable et sévère. Augmentation du stress, reflux gastro-oesophagien et diminution de la sensibilité pulmonaire aux effets du cortisol figurent parmi les facteurs susceptibles d’aggraver l’asthme, dont la crise peut aller du simple essoufflement à l’insuffisance respiratoire aiguë grave. « Les deux tiers des femmes ayant eu un asthme difficile à contrôler lors de leur première grossesse vivront les mêmes changements lors des grossesses suivantes », précise le Pr Demoly. Les visites médicales obligatoires et régulières durant la grossesse peuvent être l’occasion de faire le diagnostic de l’asthme et, si nécessaire, d’adapter le traitement en cas de non-contrôle de la maladie ou de médicament contre-indiqué. C’est aussi le moment de rassurer la future maman sur l’évolution de son asthme, sachant que le retour à l’état antérieur est obtenu, le plus souvent, à la fin de la grossesse. La surveillance vise à maintenir une oxygénation constante du fœtus. Un meilleur contrôle de l’asthme diminue les risques de complications maternelles (hypertension artérielle, pré-éclampsie, accouchement par césarienne, placenta situé trop bas dans l’utérus...) et fœtales (retard de croissance intra-utérin, prématurité, malformations congénitales...). Les interactions entre l’asthme, sa sévérité, les exacerbations, les traitements et la grossesse restent « mal connues », constate le Pr Demoly. Les études réalisées suggèrent que « plus le contrôle de l’asthme est bon, meilleures seront l’évolution de la grossesse et la croissance fœtale », précise-t-il. Mais le risque de malformations dues aux médicaments proposés contre l’asthme est parfois difficile à évaluer et aucun n’a fait la preuve de son innocuité totale, selon les spécialistes. « D’où le conseil de préférer des molécules anciennes, pour lesquelles il existe un recul permettant d’exclure ce risque ou de le considérer comme exceptionnel », explique le Pr Marc Humbert, pneumologue à l’hôpital Antoine Beclère, à Clamart (Hauts-de-Seine), qui précise que la théophylline doit être évitée lors du premier trimestre de grossesse. Une période « critique » est souvent déjà passée ou en cours lorsque la femme consulte. Il faut cependant choisir des médicaments assez actifs pour contrôler la maladie et une prise en charge rapide s’impose en cas d’asthme aigu. Le traitement est « considéré comme moins risqué qu’un mauvais contrôle de l’asthme », soulignent les spécialistes, conseillant en premier lieu l’éviction pendant la grossesse de tout type de facteurs déclenchants : tabac, allergènes comme les pollens, acariens, moisissures... Une maladie des voies respiratoires L’asthme est une maladie des voies respiratoires, des bronches et non du poumon lui-même. C’est une maladie dans laquelle les bronches diminuent leur calibre à cause d’une inflammation des voies respiratoires, ce qui entraîne une diminution du débit aérien. Contrairement à ce que la majorité des gens pense, l’asthme n’est pas une faiblesse dans l’immunité de l’organisme, bien au contaire, c’est une hyper-réactivité bronchique, c’est-à-dire que la personne asthmatique réagit, à son environnement, au niveau de ses bronches d’une façon plus active que les non asthmatiques. Une gêne respiratoire intense, une respiration sifflante et une toux souvent nocturne demeurent les principaux symptômes de l’asthme. L’inflammation des bronches entraîne une contraction des muscles commandant leur ouverture : le passage de l’air est gêné, l’expiration ne se fait plus normalement et la respiration produit un sifflement. Les acariens de la poussière de maison sont la source majeure d’allergènes dans l’asthme allergique. Les pollens interviennent dans les allergies saisonnières. Blattes, moisissures dans les logements ou à l’extérieur sont citées par les spécialistes comme des facteurs d’asthme aggravé. De leur côté, la pollution et les facteurs climatiques contribuent à amplifier le rôle des allergènes. Hausse des températures, de l’humidité ou du taux d’ozone dans l’air, vent, variations de la pression atmosphérique peuvent accroître le risque de crises d’asthme. Les asthmatiques peuvent être sensibles chacun à des facteurs météorologiques différents : orages, vent, pics de pollution, brouillard, humidité, pluie... Si ces phénomènes sont prévisibles, les patients doivent sans attendre « doubler leur traitement de fond » et prévoir un « traitement de secours » pendant trois ou quatre jours, conseille le Pr Antoine Magnan, de l’hôpital Sainte-Marguerite, à Marseille. Mais au-delà des éléments climatiques, il insiste sur le rôle des allergènes et en particulier des blattes dans les asthmes graves. « En cas de pic d’ozone, dit-il, au lieu de rester à domicile comme généralement conseillé, un asthmatique, dont le logement est infesté de blattes, doit plutôt sortir de chez lui, s’il est sensibilisé à cet allergène. » ONCOLOGIE Le risque de cancer du col « maximal » chez les femmes après 65 ans Le risque de cancer du col de l’utérus est « maximal chez la femme de plus de 65 ans », ce qui signifie qu’il faut poursuivre le dépistage après cet âge, selon une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, du ministère français de la Santé. Avec 3 387 nouveaux cas diagnostiqués et 1 000 décès par an, selon des estimations faites en 2000, le cancer du col de l’utérus représente la douzième cause de mortalité par cancer chez la femme. Le cancer du col est généralement précédé pendant dix à quinze ans par des lésions précancéreuses détectables par le frottis, leur traitement permet d’éviter ou de réduire le risque de cancer invasif. Environ 3 % des 247 000 frottis effectués au dernier trimestre de l’an 2002, en Île-de-France, se sont révélés « anormaux », selon l’étude réalisée par des experts de l’École nationale de santé publique, de l’Institut Curie et d’un centre parisien de données statistiques. Le taux de frottis anormaux atteint ou dépasse 3,5 % dans trois départements (Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Val d’Oise), ce qui pourrait s’expliquer par « un lien entre l’état de santé, l’accès aux soins et le niveau socio-économique des patientes », soulignent les auteurs. Le taux de certaines lésions dites de haut grade (HSIL) augmentant à partir de 25 ans, « la mise en place du dépistage à partir de cet âge paraît justifiée », ajoutent-ils. Si ce genre de lésion est en moyenne diagnostiqué vers 38 ans, l’âge moyen de diagnostic d’un cancer du col est beaucoup plus tardif : 58,8 ans. Plus de 60 % des cancers du col sont diagnostiqués après 55 ans. Avant cet âge, les cancers représentent moins de 1 % des anomalies détectées, mais après 65 ans, 11 % des anomalies découvertes sont des cancers. D’où la nécessité, insistent les auteurs, de « poursuivre le dépistage après 65 ans chez les femmes n’ayant pas bénéficié de frottis avant cet âge ». DU MONDE ENTIER En Côte d’Ivoire, la France entretient l’espoir pour les jeunes séropositifs S ’il est un domaine où la dégradation des relations franco-ivoiriennes paraît heureusement sans incidence, c’est celui de la santé. Une étude conjointe sur l’efficacité des antirétroviraux en pédiatrie semble être prometteuse, signale l’agence Destination santé. Elle a été réalisée par deux organismes français, l’Institut de recherche pour le développement et l’Agence nationale de recherches contre le sida, en partenariat avec le service de pédiatrie du Centre hospitalier universitaire ivoirien de Yopougon. Au-delà des 690 000 adultes y vivant avec le virus, 80 000 enfants de moins de 15 ans attendent toujours d’être pris en charge, le problème majeur demeurant l’absence de toute évaluation de l’efficacité des trithérapies antirétrovirales chez les plus jeunes. Cette étude vient ainsi combler le retard. Entre 2000 et 2002, 78 enfants séropositifs ont été traités quotidiennement par antirétroviraux, avec des doses adaptées à leurs poids. Pendant toute la durée du traitement, « des bilans réguliers ont permis de mesurer la charge virale ». Dans ces conditions, efficacité et bonne observance sont au rendez-vous. L’activité du virus est devenue indétectable chez la moitié des 78 petits malades. Mieux, le placement sous antirétroviraux a permis « de diviser par trois les cas de pneumonies et de diarrhées aiguës », très pénibles et dangereuses pour ces enfants immunodéprimés. Pauvreté, guerre, VIH/sida… autant de fléaux trop souvent oubliés dont les premières victimes sont les enfants. Sous le titre «L’enfance en péril», le rapport annuel de l’Unicef fait état de chiffres et de situations qui dépassent l’entendement, souligne l’agence Destination santé. Six cent quarante millions d’enfants n’ont pas de logement, 500 millions n’ont pas accès à des moyens d’assainissement de base, 270 millions ne bénéficient pas de soins de santé, 140 millions n’ont jamais vu une école, 90 millions souffrent de graves privations alimentaires… Vulnérables, les enfants sont également trop souvent victimes d’exploitations en tout genre. « Près de 200 millions d’enfants sont mis au travail dans les pires conditions, lit-on dans le rapport. Deux millions sont exploités sexuellement à des fins commerciales. Sur les 15 dernières années, 59 conflits armés ont été recensés. Les civils en sont les premières victimes (90 % des décès), 80 % étant des femmes et des enfants ». D’ailleurs le bruit des armes retentit trop souvent dans des pays pauvres. Lesquels doivent aussi vivre avec un autre ennemi dont la propagation ne cesse de s’étendre : le VIH/sida. En 2003, plus de deux millions d’enfants étaient contaminés. Et près de 11 millions étaient orphelins parce que l’un de leurs parents était mort du sida. Cette avalanche de chiffres montre que, malgré l’adoption voici 15 ans de la Convention sur les droits de l’enfant, la situation empire chaque jour davantage. Et si dans les années 90 quelques progrès ont été accomplis, aujourd’hui la tendance s’inverse. Quelle relation existe-t-il entre le fait de fumer, de boire de l’alcool ou de se prendre pour Schumacher au volant ? Le statut d’étudiant tout simplement. Car les conduites à risque semblent être une « valeur » partagée par ces derniers à travers le monde, rapporte l’agence Destination santé. L’Organisation mondiale de la santé et l’International Federation of Medical Students’ Association ont comparé les modes de vie des étudiants en médecine au Liban, au Koweït et en Égypte, à la recherche notamment de comportements à caractère de transgression. Les deux organismes ont conclu que le fait d’appartenir au monde arabe ne remet nullement en question l’attirance du jeune pour les « limites » imposées par la société. Le futur médecin aime rouler vite et côtoie régulièrement les drogues qu’elles soient licites – cigarettes, narguilé, alcool (pour certains pays) – ou illicites, comme le cannabis. Avec néanmoins des spécificités pour chaque pays : le Libanais se singularise par son penchant pour l’alcool, mais il s’avère également – avec le Koweïtien - « accro » à la vitesse. L’Égyptien, lui, penche plutôt pour le hachish. Plaisir, relaxation, nervosité, stress... les arguments – ou les excuses – ne manquent pas. Mais attention, parmi les jeunes interrogés, sept sur dix pensent que « les étudiants en médecine devraient jouer un rôle majeur dans l’amélioration de l’hygiène de vie dans les universités. »... Ouf ! NADA MERHI
Le 28 février 2005, la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac entrera en vigueur et fera ainsi partie du Droit international. Ratifiée par quarante pays, elle permettra d’améliorer la santé en faisant diminuer la consommation de tabac qui provoque actuellement près de cinq millions de décès prématurés par an.
Le 30 novembre dernier, le Pérou est devenu le quarantième pays à ratifier la convention. En un an et demi, quarante pays de toutes les régions du monde ont pris les mesures nécessaires pour devenir «Parties à la Convention», le premier traité international de santé publique avec force obligatoire, établi sous l’égide de l’OMS.
« Il semble que l’élan suscité par la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ne puisse plus être arrêté,...