Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Patricia Puente, épouse de l’ambassadeur du Mexique.
«Bonjour, je suis Patricia ». C’est ainsi, avec beaucoup de spontanéité et d’élégance, que se présente Laura Patricia Puente Beccerra, avant de nous inviter à entrer. On comprend alors très vite ce qu’elle a voulu dire, et on la croit, lorsqu’elle affirme, un peu plus tard : « Je suis une femme très simple. » Une femme simple et certainement très belle, qui porte sur elle et en elle les couleurs d’un pays qu’elle quitte régulièrement depuis 22 ans, mais qu’elle n’a jamais abandonné. Vêtue de beige, d’ocre et d’orange, elle s’assortit parfaitement avec les murs de cette belle maison, repeints, par nostalgie sans doute, aux couleurs du Mexique. « Nous avons réaménagé la maison d’une manière plus simple et plus mexicaine. » Couleurs terre, couleur d’une terre qu’elle transporte partout où le devoir l’a menée, à travers les missions de son époux, Luis Arturo Puente : le Canada, l’Argentine, mais surtout les États-Unis où le couple a vécu 14 ans, Miami, Houston, Chicago, Saint Louis et New Orleans. « J’aime les déplacements, découvrir le monde. Depuis que j’étais enfant, j’ai toujours aimé l’idée de voyager, d’être dans un pays différent. Je suis très aventurière. »
Ne jamais abandonner
L’anglais-américain de Patricia Puente est parfait. Lorsqu’elle y ajoute quelques mots avec l’accent de son pays, c’est une invitation au voyage. Mais la jeune dame préfère s’exprimer en français. « En arrivant au Liban en 2001, j’avais décidé d’apprendre certaines choses de ce pays. La culture, les gens, mais aussi la langue française, à défaut de l’arabe, beaucoup plus difficile…» L’invitation au voyage, destination le Mexique bien sûr, est également ailleurs, éparpillée dans cette maison. Les photos de Frida Kahlo et Diego Rivera, auprès desquelles notre hôte a aligné une collection de statuettes de toutes les couleurs à l’effigie de l’artiste, les livres, qu’elle tient à nous montrer, et qui l’aident à nous expliquer tout ce que nous avons toujours voulu savoir sur le Mexique. Un vrai dépaysement arrosé d’une boisson locale à base de fleurs d’hibiscus. « Nous sommes très bien au Liban. Mes trois enfants, Brandon, Mark et Amanda, adorent votre pays, ma fille surtout, et mon aîné qui a pris une année sabbatique avant de rejoindre Harvard et faire Sciences Po. Il est ici pour apprendre les langues orientales.» Nous sommes loin de ce premier Noël qui a vu débarquer le couple, en 2001, alors seul et sans amis. Quelques jours plus tard, l’hospitalité libanaise facilitait tout. « Je suis une personne très persévérante », nous confie-t-elle. Une femme décidée, qui fait parler sa tête en même temps que son cœur, mais qui a décidé de suivre une philosophie de vie, aujourd’hui une règle de conduite presque naturelle. « Je pense qu’il faut toujours prendre le meilleur de chaque chose, de chaque pays et de chaque expérience. Parfois les destinations sont un peu moins évidentes, mais il y a certainement du bon partout. Et du moins bon, mais ce n’est pas le plus important. »
Une carrière éphémère
Mathématicienne qui adore les chiffres, Patricia s’est spécialisée dans les assurances, un métier qu’elle adore, lorsqu’elle a rencontré, au Mexique, Luis Arturo Puente, alors en poste au ministère des Affaires étrangères. Depuis, elle est l’épouse de l’ambassadeur et joue son rôle à la perfection. « Je voudrais toujours être un soutien à mon mari et l’aider dans l’ombre. Le bureau est pour lui ; moi, c’est à partir de la maison que je travaille, que je fais de petites choses que les gens ne remarquent peut-être pas. » Lors du « Mois de la culture mexicaine », organisé du 13 septembre au 8 octobre 2004, Patricia Puente a été attentive à tous les détails. Elle a collaboré à l’organisation et à la réussite de cet événement. « Mon travail doit rester très discret. Je suis très persévérante et je dois avoir constamment quelque chose à faire, poursuit-elle. Je n’ai jamais pu faire une sieste ! » Dans son emploi de temps chargé, elle garde une place privilégiée pour le tennis, qu’elle pratique depuis l’âge de sept ans. Le « Double » Puente a même remporté, à deux reprises, le championnat de tennis des ambassades. Encore « en principe pour deux ans » parmi nous, Patricia Puente ne s’inquiète pas de la destination à venir. « Tous les pays ont quelque chose de bien à offrir. Il faut profiter de ce que ce pays peut nous offrir, à ce moment-là », conclut-elle, tout en précisant, au cas où nous ne l’avions pas remarqué : « Je suis très positive. »
Carla HENOUD
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