Des coins de voile se lèvent petit à petit sur les surprises que nous réservent les créateurs de mode pour la prochaine saison. Le Salon du prêt-à-porter qui s’ouvrira à Paris dans les prochains jours révèle une installation autour des senteurs du printemps et de l’été. On sait en effet, depuis Baudelaire, que les couleurs et les parfums correspondent. Un aménagement central orientera les visiteurs du Salon selon qu’ils recherchent des ambiances florales, vertes, boisées, marines, estivales ou printanières. En vedette, le sac se fait de plus en plus présent, de plus en plus emblématique et représente à lui seul la personnalité et l’état d’esprit de celle qui le porte. On laisse tomber le basique chic et utilitaire pour le cabas bariolé, le sac de bowling illustré, le oldy en patchwork de cuir coloré avec un personnage fétiche, ou carrément le sac en comic strip qui fait des splash et des wizz comme dans la chanson de Gainsbourg. Pour les plus classiques, il reste encore les pastilles de couleurs, un peu flashy, mais c’est vraiment le minimum !
Deux nouvelles maisons officiellement labellisées haute couture
Les créateurs français Adeline André et Franck Sorbier ont reçu officiellement le label haute couture décerné par le ministère de l’Industrie, après avoir été parrainés par leurs pairs, a-t-on appris mardi auprès de la Fédération française de la haute couture.
Adeline André, dont le style très épuré est basé sur un travail de coupe tout en subtilité, et Franck Sorbier, à l’univers poétique basé sur la matière – tissus peints à la main ou laines compressées –, ont créé leurs maisons respectivement en 1981 et en 1991.
Les règles d’obtention de l’appellation (nombre minimal de personnes dans les ateliers, nombre de modèles minimum à présenter lors des défilés) ont été assouplies en 2001 pour pallier la baisse régulière du nombre de maisons.
Si l’un des critères n’est pas rempli, l’appellation peut malgré tout être attribuée sur avis favorable de la chambre syndicale de la couture.
Adeline André, 56 ans, et Franck Sorbier, 44 ans, étaient membres invités du calendrier de la haute couture depuis au moins cinq ans.
Dix maisons au total, contre 24 en 1987, sont à présent labellisées haute couture: Adeline André, Chanel, Christian Dior, Christian Lacroix, Dominique Sirop, Emanuel Ungaro, Franck Sorbier, Givenchy, Jean-Paul Gaultier et Scherrer.
Balmain et Torrente, en proie à des difficultés diverses, n’y figurent plus, précise par ailleurs Didier Grumbach, président de la Fédération française de la couture.
Les dernières maisons à avoir été labellisées haute couture sont celles de Dominique Sirop en 2003 et de Jean-Paul Gaultier en 2001.
Le prochain défilé haute couture de Adeline André a lieu le 24 janvier et celui de Franck Sorbier le 26. Ce dernier, interrogé par l’AFP, s’est déclaré heureux d’être «reconnu par ses pairs». Il espère que le «label haute couture donnera confiance à des investisseurs». Pour lui, enfin, cela veut dire également faire «perdurer une qualité de travail qu’on ne trouve qu’à Paris».
Pour M. Grumbach, le label représente «un avantage concurrentiel» et «peut aider les maisons à élargir» leur offre.
L’image de Burberry menacée par le mouvement «chav»
L’image de Burberry est brouillée depuis l’émergence il y a quelques mois de la «culture chav» en Grande-Bretagne, qui a fait de son tartan beige et noir le symbole de ralliement des jeunes désœuvrés des quartiers pauvres.
Tiré apparemment du mot tsigane du XIXe siècle «chavi» (enfant), la culture «chav» regroupe les gangs des quartiers blancs déshérités des grandes villes britanniques, les clubs de hooligans ou les jeunes chômeurs dont les signes de reconnaissance sont vestimentaires.
Un «chav» (ou une «chavette») se doit de porter au moins un accessoire Burberry (casquette, foulard, sac ou ceinture), voire un vêtement qui doit toujours comporter une large part du célèbre écossais, pour être facilement reconnaissable de loin.
Il doit aussi porter des bijoux dorés les plus voyants possibles (les créoles géantes sont des must pour les filles) et des chaussures de sport immaculées.
Burberry a toujours démenti que cette mode lui ait porté tort, et le groupe affirme aujourd’hui que le mouvement chav est passé de mode.
«Le “chav” a fait son temps», a ainsi affirmé mercredi Stacey Cartwright, le directeur financier du groupe.
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«Il ne représentait qu’une petite proportion de nos ventes en Grande-Bretagne et beaucoup d’adeptes du “chav” achetaient des contrefaçons d’articles Burberry. L’impact sur nos ventes futures sera donc faible», a-t-il poursuivi.
Burberry a annoncé dans un communiqué que ses ventes avaient progressé de 3% en valeur au 3e trimestre 2004/2005, achevé le 1er janvier, comparé à la même période de l’année précédente. La progression atteint 7% à taux de changes constants, «dans un contexte de fortes réductions de prix», a précisé le groupe.
Les ventes de gros ont progressé de 2% (5% à taux de changes constants), et Burberry «continue d’anticiper une hausse des ventes de gros située entre 5 et 10% pour la saison printemps/été 2005», relève le communiqué.
Ces chiffres n’ont cependant pas convaincu les analystes, notamment ceux de la maison de courtage Seymour Pierce, qui ont abaissé leur recommandation sur le titre, de «surperformant» à «conserver».
Ces chiffres «représentent une performance décente, mais pas étincelante», ont-ils ajouté dans une note à leurs clients.
La plus belle sur les pistes
Rossignol/Castelbajac: love story
C’est l’histoire d’une rencontre. Celle d’un créateur touche-à-tout, Jean-Charles de Castelbajac, et d’un pro du matériel de ski, Rossignol. Depuis quelques saisons déjà, le second a confié une mission au premier : relooker ses panoplies dédiées au ski.
Résultat cet hiver : des pantalons, des doudounes et des combinaisons fun, colorées, imprimées des gimmicks chers à Castelbajac. Forcément pros, ces tenues sont taillées dans des matières techniques (le gore-tex et le windstopper en tête) et piquées de détails mode. Col de fausse fourrure, zips colorés, poches multiples et, bien sûr, la célèbre petite croix brodée au poignet, signature de la maison Castelbajac.
La coupe rétro, droite mais resserrée à la taille, redonne un coup de jeune aux combis, qui nous donnaient jusqu’à présent des allures de Bibendum prêt à rouler au bas de la piste noire, et qu’on avait bannies au profit d’un fuseau et d’un joli blouson sobre et chic…
Mais cette saison, c’est bien avec cette combinaison qu’on va perfectionner notre planter de bâton!
Madonna, tête d’affiche
de la nouvelle campagne Versace
La chanteuse américaine Madonna, 46 ans, est la tête d’affiche de la nouvelle campagne de la maison italienne de couture et de prêt-à-porter de luxe Versace, a indiqué jeudi à Paris une porte-parole de la griffe confirmant les informations parues dans le journal spécialisé américain Women’s Wear Daily.
Cette campagne pour le printemps-été 2005 se décline en quatre images différentes autour du thème de la femme au bureau. Madonna est habillée en modèles de jour ou du soir. La campagne est signée du célèbre photographe de mode péruvien Mario Testino.
Madonna est une amie de longue date de Donatella Versace, directrice artistique de la griffe. La pop star a d’ailleurs déjà porté les couleurs de la maison il y a quelques années pour une campagne consacrée à la haute couture.
Madonna est «une icône, dit Donatella Versace à WWD. Elle est une innovatrice, une révolutionnaire et elle est la meilleure dans son domaine. Elle parle aux femmes de tout âge. Elle a un extraordinaire style personnel.»
La chanteuse américaine s’ajoute à la longue liste des célébrités engagées pour assurer la promotion de parfums ou lignes prêt-à-porter comme Nicole Kidman, Charlize Theron, Catherine Zeta-Jones ou encore récemment Uma Thurman.
FIFI ABOU DIB
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