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Actualités - Chronologie

THÉÂTRE - Ce soir, au Monnot «Sale Boucan!», une satire sociopolitique universelle (photo)

«C’est une histoire embrouillée, une histoire où tout le monde est mouillé », entonnent en chœur les clowns-comédiens de l’Allium Théâtre, qui présentent (jusqu’à ce soir encore) au théâtre Monnot (rue de l’Université Saint-Joseph) Sale Boucan! Une pièce de Sabine Mallet, mise en scène par Laurence Renn et qui traite, sur le mode clownesque et satirique, de lâcheté, de démission face aux responsabilités, de corruption, de perversion et d’incapacité... Une histoire qui se joue tous les jours sur la scène libanaise. Sauf que cette fois, elle fera plutôt rire que pleurer. Il s’agit, vous l’aurez deviné, d’une farce hilarante qui bouscule avec intelligence ces figures de l’idéologie dominante, ces pôles d’influence que sont les hommes politiques, d’affaires et de médias. La trame: de violentes attaques xénophobes (inspirées d’un vrai fait divers qui a eu lieu en Andalousie, il y a quatre ans). Une chasse à l’homme. L’émeute gronde. La tension monte. Il faut agir vite. La traditionnelle «cellule de crise» se met en place. Au centre de la scène, dans un espace triangulaire, délimité par un cordage et aux angles duquel sont fixés une longue vue, un téléphone et un cadre de porte d’entrée, quatre pseudo-responsables se concertent. Primo: le maire. Silhouette «guignolesque» et propos qui se veulent rassurants, il est effaré. C’est la veille des élections. Il s’accroche à son poste comme au combiné du téléphone. Au bout de la ligne, monsieur le ministre gère la situation. Secundo: le businessman. Allure lourde, mallette collée à la main et cigare au bec, il jette un œil dans la lunette d’observation de la foule pour voir si «la situation dégénère». Sans scrupules, il est là, bien entendu, pour sauver ses intérêts. Tertio: la presse. Mobilisée, elle est représentée par une journaliste un peu déboussolée. Micro au poing, obnubilée par «la bonne question», la demoiselle court après l’audimat. Il lui faut du sensationnel. C’est le show – le chaud aussi – qui l’intéresse, quitte à «verser de l’huile sur le feu». Enfin, l’humanitaire. Grand dadais, pleurnichard, il tente en vain de faire entendre sa voix. Tout ce beau monde – au milieu duquel feront également irruption un citoyen «lambda» et une épouse de notable, coquette et disjonctée – gesticule, crie, vocifère, s’agite, sans jamais réellement communiquer. Figé dans son rôle, plombé par ses peurs, ses frustrations, son intolérance, chaque personnage de cette joyeuse bande de pantins désarticulés, de clowns au nez rouge, se décharge sur l’autre de ses responsabilités. Chacun se défile devant ses obligations, tout en cherchant à tirer la couverture à lui. L’homme politique finit par se prendre pour une bête de scène. La presse se saoule de son propre verbiage, quand elle ne s’acoquine pas avec l’affairiste véreux. Et l’humanitaire recherche frénétiquement les feux des projecteurs. La gestuelle de ce Sale Boucan! est rythmée par le son tantôt malicieux, tantôt déchaîné de la guitare électrique, du cinquième larron de la troupe de l’Allium Théâtre, le musicien loufoque, discrètement assis dans son coin. Alternant des numéros à un ou à plusieurs, où leur maîtrise de l’art du clown est confondante de justesse, les protagonistes de cette parodie sociopolitique mettent l’accent, sans jamais tomber dans la lourdeur ou la démagogie, sur les dérèglements de notre époque. Caricature férocement drôle de l’exercice – ou plutôt de l’inexercice – de la chose publique, Sale Boucan! , faut-il le souligner, est une pièce universelle. Et assurément d’actualité. À voir. Zéna ZALZAL
«C’est une histoire embrouillée, une histoire où tout le monde est mouillé », entonnent en chœur les clowns-comédiens de l’Allium Théâtre, qui présentent (jusqu’à ce soir encore) au théâtre Monnot (rue de l’Université Saint-Joseph) Sale Boucan! Une pièce de Sabine Mallet, mise en scène par Laurence Renn et qui traite, sur le mode clownesque et satirique, de lâcheté, de démission face aux responsabilités, de corruption, de perversion et d’incapacité... Une histoire qui se joue tous les jours sur la scène libanaise. Sauf que cette fois, elle fera plutôt rire que pleurer.
Il s’agit, vous l’aurez deviné, d’une farce hilarante qui bouscule avec intelligence ces figures de l’idéologie dominante, ces pôles d’influence que sont les hommes politiques, d’affaires et de médias.
La trame: de...