Après la guérison miraculeuse de leur fille Maya à l’issue d’une nuit passée à Kfifane, la vie d’Élias et Hanane Abi Abdallah n’a pas été bouleversée seulement par le bonheur, mais aussi par un regain extraordinaire de foi. «Notre vie a changé, raconte Élias, employé dans un bureau au port. Quand j’ai commencé à vivre selon les préceptes chrétiens, tournant le dos aux petites tracasseries quotidiennes et répondant avec bienveillance aux agressions, beaucoup ne m’ont pas compris, prenant pour de la naïveté ce qui était en fait une conviction profonde. Ce n’est qu’avec le temps qu’ils ont réalisé le changement qui s’était opéré en moi. »
L’existence de la famille de cinq membres avait basculé dans l’horreur lorsque Maya, aujourd’hui 13 ans, n’en avait que six. À l’issue de violents vertiges, les tests avaient permis de déceler chez l’enfant une tumeur du cervelet et du tronc cérébral, nous raconte son père, documents à l’appui. Une première intervention chirurgicale de neuf heures n’empêche pas la recrudescence rapide de la maladie, qui atteint sa phase terminale. «Après la seconde opération, le médecin nous prévient que si la tumeur devait sévir à nouveau, il ne pourrait plus rien pour elle, dit sa mère. Son cas était désespéré, elle ne réagissait plus.»
Sur une implusion, Élias décide alors d’emmener sa fille à peine consciente dormir dans une église. Il se rend à Notre-Dame du Liban à Harissa, puis au couvent de saint Charbel à Annaya, mais il lui est impossible d’y rester en raison des travaux en cours. « C’est là que je me souviens de ce prêtre de Kfifane au couvent duquel on m’avait emmené enfant, raconte-t-il. Je mets le cap sur Kfifane où les prêtres nous accueillent à bras ouverts. Ils prient avec moi avant de dormir, et Maya trouve même la force de se joindre à nous. C’était quelques mois avant la béatification de Hardini. »
Le lendemain, la petite fille semble se porter mieux, mais son père a l’intuition qu’elle est guérie. « Je ne suis que partiellement surpris lorsque l’IRM que nous faisons à la demande de la compagnie d’assurances montre la disparition pure et simple de la tumeur, poursuit-il. Le médecin ne veut pas sauter aux conclusions et me demande de renouveler l’IRM tous les quelques mois. Mais à chaque fois, il ne décèle aucune trace de la tumeur. »
Maya se porte bien aujourd’hui, et va à l’école normalement. Elle ne se souvient que de très peu de détails de cette douloureuse époque, mais elle aime parler du saint et de religion, et insiste pour chanter ses cantiques préférés et montrer ses photos de première communion à Kfifane, fait inhabituel dans ce couvent. « Toutefois, malgré la guérison spectaculaire de Maya et la joie avec laquelle la nouvelle a été accueillie par le couvent de Kfifane, le miracle n’a toujours pas été confirmé par le Vatican, qui poursuit son enquête », explique Élias.
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L’existence de la famille de cinq membres avait basculé dans l’horreur lorsque Maya, aujourd’hui 13 ans, n’en avait que six. À l’issue de...