Ramesh Kumar, un petit Indien de dix ans, n’arrive pas à dire ce qui lui est arrivé, ni comment son papa et sa maman sont morts. Des voisins ont déclaré aux agents des services sociaux que ses parents avaient succombé à la vague géante qui s’est abattue sur leur village du sud de l’Inde le 26 décembre. Assis sur un tabouret, dans l’orphelinat de fortune mis en place par les autorités, Ramesh tient sa main blessée, les yeux écarquillés, encore sous le choc. Dès que l’on essaie de lui parler, il pleure, et détourne la tête.
Les enfants ont été les plus touchés par les tsunamis en Asie du Sud, et représentent environ un tiers des morts. Mais des dizaines de milliers d’autres, fils et filles de pauvres pêcheurs ou de touristes venus fréquenter les plages paradisiaques de l’océan Indien, ont survécu sans leurs parents. L’Unicef estime à 1,5 million le nombre d’enfants touchés par la catastrophe, et évoque une véritable « génération tsunami » : dans certaines zones sinistrées, la moitié de la population a en effet moins de 19 ans. « Les enfants ont perdu tout ce qui faisait leur vie de tous les jours, leurs parents et leurs amis, leurs maisons, leurs écoles et leurs quartiers. Ils ont désespérément besoin d’attention. Ils ont davantage besoin d’une famille que d’une prise en charge institutionnelle », a déclaré la directrice de l’Unicef, Carol Bellamy. Ainsi, Sitha, 15 ans, est investie d’une nouvelle mission auprès de sa sœur Sitha Lakshmi, dix ans, et de son frère Amitha, huit ans. « Maintenant c’est moi le chef de famille, lance-t-elle, retenant ses larmes avec difficulté. Je dois m’occuper d’eux. Maman voulait qu’ils aillent à l’école, et il faut que je fasse en sorte que ça soit le cas. » Des rumeurs circulent également dans la région concernant des hommes qui revendiqueraient des enfants rescapés n’ayant aucun lien de parenté avec eux, et l’Unicef a dit craindre des trafics d’orphelins.
Mobilisation contre
le trafic d’enfants
Ainsi, hier, les Nations unies ont annoncé qu’elles se mobilisaient avec l’Indonésie contre les trafics d’enfants orphelins dans la province d’Aceh. L’Unicef a déclaré qu’il allait, avec le gouvernement indonésien, ouvrir des centres à travers la province d’Aceh afin d’enregistrer les dizaines de milliers de jeunes orphelins ou sans abri. En début de semaine, le gouvernement indonésien, avait déjà interdit les adoptions, alors que des témoignages faisaient état de trafic d’enfants. Mardi, John Budd de l’Unicef a fait état d’un cas confirmé d’un enfant enlevé à Aceh et emmené à Medan, la capitale de la province de Sumatra-Nord, pour y être vendu. Selon lui, le bureau de l’Unicef en Malaisie a également reçu un SMS mardi, indiquant que 300 orphelins d’Aceh âgés de 3 à 10 ans étaient à vendre.
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