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Envolée des cours et nouveaux géants : la mutation du marché pétrolier (photo)

Le choc provoqué cette année par l’ampleur imprévue de la demande chinoise de pétrole et l’envolée des cours à des niveaux inédits font craindre une métamorphose du marché énergétique mondial, voire une accélération de la course aux matières premières. Guerre en Irak, troubles dans divers pays producteurs, ouragans, pénurie de capacités de raffinage, stocks insuffisants, manque d’investissements : tous ces éléments ont joué de manière significative dans l’envol des cours aux niveaux record de 55,67 dollars à New York et 51,94 dollars à Londres, atteints dans les derniers jours d’octobre. Une hausse de quelque 60 % en un an. Corrigé de l’inflation, les cours demeurent certes bien moins élevés que lors des précédents chocs pétroliers, mais ils n’en laissent pas moins des traces sur la santé de l’économie mondiale. Pour les experts du marché, les facteurs les plus significatifs sont l’apparition de la Chine et la faiblesse de marge de manœuvre des pays producteurs (l’industrie pétrolière mondiale produit actuellement à plus de 99 % de sa capacité maximale). La Chine importe aujourd’hui environ 40 % de son pétrole. Sa demande s’est envolée de 14,7 % cette année. Sa croissance devrait ralentir à +5,6 % en 2005, pronostique l’AIE. Pour 2005, l’AIE table sur un ralentissement de la croissance de la demande à +1,8 % (après un bond de 3,3 % en 2004). Mais si la croissance doit finalement s’avérer plus vigoureuse, « cela change complètement la donne », prévient Nicolas Sarkis, directeur de la revue spécialisée Pétrole et gaz arabes. « Cela signifie une mutation importante dans le domaine de l’énergie en général et dans le domaine pétrolier en particulier », souligne-t-il, rappelant que la Chine n’est pas le seul grand pays émergent sur la planète, et que l’Inde et le Pakistan pourraient connaître des évolutions comparables. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le Moyen-Orient, qui concentre près des deux tiers des ressources pétrolières de la planète, est l’une des régions politiquement les plus instables. « Pour les matières premières, et surtout le pétrole et le gaz naturel, il va y avoir une concurrence de plus en plus vive entre les pays consommateurs, souligne M. Sarkis. « Tous deviennent plus dépendants vis-à-vis du Moyen-Orient ; cela implique donc une certaine rivalité pour pouvoir s’y approvisionner et autant que faire se peut s’assurer un certain contrôle aux ressources énergétiques. »
Le choc provoqué cette année par l’ampleur imprévue de la demande chinoise de pétrole et l’envolée des cours à des niveaux inédits font craindre une métamorphose du marché énergétique mondial, voire une accélération de la course aux matières premières.
Guerre en Irak, troubles dans divers pays producteurs, ouragans, pénurie de capacités de raffinage, stocks insuffisants, manque d’investissements : tous ces éléments ont joué de manière significative dans l’envol des cours aux niveaux record de 55,67 dollars à New York et 51,94 dollars à Londres, atteints dans les derniers jours d’octobre. Une hausse de quelque 60 % en un an.
Corrigé de l’inflation, les cours demeurent certes bien moins élevés que lors des précédents chocs pétroliers, mais ils n’en laissent pas moins des traces sur la santé de...