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Actualités - Chronologie

Sous la coupe des conservateurs, l’Iran incarne, pour les Occidentaux, l’angoisse nucléaire

Les conservateurs ont coupé court à l’expérience réformatrice en Iran, mais si les Occidentaux regardent avec inquiétude vers la République islamique, c’est par peur de la voir se doter de l’arme atomique, indépendamment des majorités politiques. Sans fermer les yeux sur les droits de l’homme, les Occidentaux se demandent surtout, pour les moins suspicieux, comment garantir que les progrès nucléaires de l’Iran ne dérivent pas pour se concrétiser sous des formes militaires, et, pour les États-Unis, comment faire cesser les opérations secrètes qui ont valu à la République islamique de se retrouver sur « l’axe du mal ». L’Iran a livré, toute l’année, un bras de fer à la communauté internationale représentée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Tout en proclamant que ses activités nucléaires visaient purement à produire de l’électricité, il a entretenu la suspicion par les dissimulations et les remises en cause de ses engagements jusqu’à frôler la sanction du Conseil de sécurité. La publicité faite à l’avancement de son programme de missiles, capables de frapper Israël et peut-être d’emporter des charges nucléaires, n’était pas en outre pour rassurer la communauté internationale. Il aura fallu la promesse d’un accord de coopération multiple de la part des Européens pour que les Iraniens consentent à suspendre leurs activités ultrasensibles d’enrichissement d’uranium. S’ils ont ainsi échappé au Conseil de sécurité, les Iraniens sont toujours sous le microscope américain, Washington n’étant pas décidé pour autant à lâcher prise. Mais les soucis américains en Irak, voisin de la République islamique, ont dopé la confiance iranienne. Les spéculations ont toutefois toujours cours sur des attaques préventives des Américains (ou des Israéliens) pour stopper la marche, irréfutable selon eux, des Iraniens vers l’arme atomique. Les Iraniens, qui ont de nouveau multiplié les manœuvres et les parades magnifiées par le 25e anniversaire de la Révolution islamique, ont d’ailleurs prévenu qu’ils attendaient l’ennemi de pied ferme. Les Américains et les Irakiens les accusent d’œuvrer à l’instabilité irakienne, de laisser les islamistes armés franchir leurs frontières, voire de les soutenir, en Irak, mais aussi dans les territoires palestiniens occupés. Téhéran s’en défend âprement, tout en ayant explicitement mis en garde Washington contre sa capacité de nuisance. Les Européens pressent les Américains d’apporter leur concours pour détourner les Iraniens de la tentation de la bombe. Mais le nouveau gouvernement Bush semble enclin à déterminer une stratégie iranienne plus concertée que la précédente. Le soutien à l’opposition de l’intérieur fait partie des hypothèses. Une opposition qui doit faire face à un raz-de-marée conservateur. Ces derniers ont en effet remis la main sur tous les leviers du pouvoir en éliminant plus de 2 000 candidats réformateurs aux législatives pour s’assurer la victoire. Les nouveaux députés ont rapidement remis en cause la libéralisation amorcée par les réformateurs, rejetant une loi sur l’égalité face à l’héritage et un article sur l’égalité des sexes. Ils ont également réclamé un droit de contrôle sur l’attribution de certains marchés à des sociétés étrangères. Au même moment, on arrêtait à nouveau les femmes mal voilées, certes plus discrètement que par le passé. La justice ultra-conservatrice rendait un non-lieu dans l’affaire Zahra Kazemi, journaliste irano-canadienne tuée en détention. En septembre, elle frappait Internet, malgré l’inquiétude exprimée par les Occidentaux devant la dégradation des droits fondamentaux en Iran. Tandis que les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique, monte en puissance au point de faire fermer d’autorité le nouvel aéroport de Téhéran, le président réformateur Mohammed Khatami et son gouvernement sont réduits à jouer les utilités. Ils devraient d’ailleurs céder la place à la tête de l’État aux conservateurs en 2005, lors de la présidentielle dont ont à nouveau été exclues les candidates.
Les conservateurs ont coupé court à l’expérience réformatrice en Iran, mais si les Occidentaux regardent avec inquiétude vers la République islamique, c’est par peur de la voir se doter de l’arme atomique, indépendamment des majorités politiques.
Sans fermer les yeux sur les droits de l’homme, les Occidentaux se demandent surtout, pour les moins suspicieux, comment garantir que les progrès nucléaires de l’Iran ne dérivent pas pour se concrétiser sous des formes militaires, et, pour les États-Unis, comment faire cesser les opérations secrètes qui ont valu à la République islamique de se retrouver sur « l’axe du mal ».
L’Iran a livré, toute l’année, un bras de fer à la communauté internationale représentée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Tout en proclamant que ses...