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Actualités - Chronologie

Confrontée au terrorisme islamiste, l’Arabie saoudite essaie de s’ouvrir prudemment

La menace du terrorisme islamiste s’est accrue cette année en Arabie saoudite où le sort du timide processus de réformes lancé par les autorités de cette monarchie ultraconservatrice était incertain, malgré la prochaine tenue d’un scrutin municipal dont les femmes seront exclues. L’attaque contre le consulat des États-Unis à Djeddah, sur la mer Rouge, le 6 décembre, a marqué le point culminant dans la vague d’attentats perpétrés cette année par les partisans d’el-Qaëda dans le royaume. Cette attaque, qui a coûté la vie à cinq employés non américains du consulat ainsi qu’à quatre des cinq assaillants, a constitué un démenti cinglant aux propos rassurants du pouvoir sur une neutralisation de ces cellules terroristes. En août, le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, qui dirige de facto le royaume, avait en effet affirmé que les forces de sécurité avaient vaincu « les cerveaux » de la terreur et pourchassaient les derniers suspects. L’attaque contre le consulat était la première contre une mission diplomatique en Arabie saoudite depuis le début, en mai 2003, d’une vague d’attentats meurtriers attribués à el-Qaëda qui ont visé essentiellement des résidents étrangers. Cette situation qui montre que les disciples de Ben Laden « sont capables d’arriver là où ils veulent dans le royaume », estime l’analyste libéral saoudien Mansour al-Nuqaidan. « Il est trop tôt pour affirmer qu’el-Qaëda a été défaite (...) Il y a une idéologie (d’extrémisme) qu’il est difficile de déraciner », a-t-il déclaré à l’AFP. Une analyse que ne font que conforter les dernières menaces proférées par Oussama Ben Laden. Dans un message audio diffusé à la mi-décembre par un site islamiste, le chef d’el-Qaëda a en effet sommé la famille régnante d’abandonner le pouvoir sous peine d’être confrontée à un soulèvement populaire. Ben Laden a également demandé à ses partisans d’attaquer les installations pétrolières, « en particulier en Irak et dans le Golfe » donc en Arabie saoudite, pays qui détient environ le quart des réserves pétrolières du monde et est le premier exportateur de brut. Malgré la poursuite des attentats, le gouvernement a promis de continuer un très prudent processus de réformes politiques et sociales, avec l’organisation à partir du 10 février d’élections municipales partielles, les premières jamais tenues dans le royaume. Mais les femmes – qui sont toujours obligées de se couvrir en public de la tête aux pieds, n’ont pas le droit de conduire et doivent se faire accompagner d’un homme parmi leurs proches parents pour pouvoir voyager – seront exclues du scrutin, auquel les détenus de sexe masculin pourront, en revanche, participer. L’interdiction faite aux femmes, qui représentent plus de 50 % de la population du royaume, de voter n’est pas l’unique difficulté dans le processus de réformes. Détenus depuis leur arrestation en mars, trois réformistes sont en effet jugés depuis août pour avoir appelé à l’adoption d’une monarchie constitutionnelle. Leur procès doit reprendre devant une cour présidée par un seul juge, un tribunal composé de trois juges s’étant déclaré incompétent dans leur affaire, après l’avoir gérée pendant quatre mois. Par ailleurs, fait pour le moins exceptionnel dans le royaume wahhabite, un groupe d’opposition basé à Londres, le Mouvement islamique pour la réforme de l’Arabie, a tenté d’organiser, à la mi-décembre, deux manifestations à Ryad et Djeddah. Manifestations qui ont toutefois été empêchées par les autorités saoudiennes.
La menace du terrorisme islamiste s’est accrue cette année en Arabie saoudite où le sort du timide processus de réformes lancé par les autorités de cette monarchie ultraconservatrice était incertain, malgré la prochaine tenue d’un scrutin municipal dont les femmes seront exclues.
L’attaque contre le consulat des États-Unis à Djeddah, sur la mer Rouge, le 6 décembre, a marqué le point culminant dans la vague d’attentats perpétrés cette année par les partisans d’el-Qaëda dans le royaume. Cette attaque, qui a coûté la vie à cinq employés non américains du consulat ainsi qu’à quatre des cinq assaillants, a constitué un démenti cinglant aux propos rassurants du pouvoir sur une neutralisation de ces cellules terroristes. En août, le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, qui dirige de facto le royaume,...