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Actualités - Chronologie

L’assistance humanitaire, enjeu géopolitique et stratégique pour les pays donateurs (photo)

Le fantastique élan de générosité envers les pays d’Asie dévastés par les raz-de-marée se double d’opérations politiques beaucoup moins altruistes, les pays donateurs se disputant âprement les premiers rangs dans l’un des plus vastes efforts humanitaires jamais organisés. Cette catastrophe sans précédent – du fait des victimes de 51 nations différentes, aucune n’a jamais eu une telle dimension internationale – a aussitôt réveillé les rivalités et les luttes d’influence entre les États-Unis, l’Onu et l’Europe. Le président Georges W. Bush a dû décupler son offre initiale, à 350 millions de dollars, après s’être vu publiquement reprocher par l’Onu la lenteur de la réaction américaine et la « pingrerie » des pays riches. Et c’est un Colin Powell très agacé qui a fustigé, lors d’un entretien télévisé, l’idée qu’« on serait dans une espèce de salle de ventes où chacun, tous les jours, ferait monter les enchères pour supplanter les autres ». Les dirigeants américains ont promis de collaborer avec les Nations unies, mais le terme de « coalition » qu’ils emploient pour désigner un petit groupe d’États (États-Unis, Japon, Inde, Australie, Canada) agissant de concert rappelle, fâcheusement pour certains, les efforts vainement déployés par Washington pour obtenir le soutien de l’Onu en Irak. De son côté, la France, qui avait tenu tête aux Américains dans l’affaire irakienne, est à nouveau le fer de lance de l’Union européenne pour l’aide aux régions sinistrées. Les experts humanitaires veulent croire, eux, que les promesses de dons seront, cette fois, suivies d’effets. « Il n’y a jamais de promesse qui ait été respectée à 100 % et à temps », souligne Calestous Juma, professeur de développement international à Harvard. « Mais, cette fois, l’esprit dans lequel l’aide est annoncée est sans précédent. On peut supposer que l’engagement vient des chefs d’État et de gouvernement eux-mêmes et non des bureaucrates », espère-t-il. En Asie même, les rivalités, avec comme enjeu le premier rôle régional, ne sont pas moindres entre le Japon et la Chine. Cette dernière, en plein essor et de plus en plus sûre d’elle, a proposé une aide de 60,5 millions de dollars, un montant important pour un pays encore en développement. Mais le riche Japon, qui ne cesse pourtant de réduire son budget de l’aide au développement, a aussitôt rétorqué en promettant la somme record et sans comparaison de 500 millions de dollars. L’Inde aussi, qui compte quelque 15 000 victimes, pousse ses pions et s’enorgueillit de refuser l’aide des autres États, proposant même d’apporter son assistance à ses voisins, dont la Thaïlande et l’Indonésie qui ont pourtant des revenus par tête supérieurs. « Immédiatement après les catastrophes, il y a une énorme vague de soutien et d’émotion. Mais il y a des risques que les promesses ne soient oubliées une fois éteinte la lumière des projecteurs », s’inquiète la porte-parole de l’organisation caritative Oxfam, Helen Palmer. « Le débat actuel porte sur le montant des promesses mais pas sur les moyens de s’assurer que de telles catastrophes ne se reproduiront plus », déplore de son côté le professeur de Harvard.
Le fantastique élan de générosité envers les pays d’Asie dévastés par les raz-de-marée se double d’opérations politiques beaucoup moins altruistes, les pays donateurs se disputant âprement les premiers rangs dans l’un des plus vastes efforts humanitaires jamais organisés.
Cette catastrophe sans précédent – du fait des victimes de 51 nations différentes, aucune n’a jamais eu une telle dimension internationale – a aussitôt réveillé les rivalités et les luttes d’influence entre les États-Unis, l’Onu et l’Europe.
Le président Georges W. Bush a dû décupler son offre initiale, à 350 millions de dollars, après s’être vu publiquement reprocher par l’Onu la lenteur de la réaction américaine et la « pingrerie » des pays riches. Et c’est un Colin Powell très agacé qui a fustigé, lors d’un...