ÉCLAIRAGE
La démission du ministre de l’Information koweïtien
illustre l’influence croissante des islamistes
le 04 janvier 2005 à 00h00
La démission du ministre de l’Information, le seul membre chiite du gouvernement koweïtien, sous la pression des députés islamistes, illustre l’influence croissante des groupes fondamentalistes sunnites dans ce petit émirat pétrolier. C’est le troisième ministre de l’Information qui se trouve obligé par les islamistes à quitter le gouvernement en sept ans, généralement sous le prétexte de « ne pas protéger la moralité ».
La démission de M. Abou al-Hassan est « une grande victoire des groupes radicaux et de leurs idées extrémistes », a commenté Mohammed Baqer al-Muhri, président du Rassemblement des ulémas chiites au Koweït. Selon lui, toute l’affaire est de nature sectaire.
Les groupes politiques islamistes s’imposent comme l’entité la plus influente au Parlement depuis presque deux décennies grâce à la bonne organisation de leurs partisans. « Les groupes islamistes sont une émanation de la société koweïtienne. Ils représentent une idéologie qui existe dans le pays et veulent protéger les principes de la nation », indique Hussein al-Saïdi, porte-parole du Mouvement salafiste. Bien que la présence des islamistes au Parlement (50 membres élus, de sexe masculin), a été réduite de plus de 20 membres en 1992 à 13 dans l’actuelle Chambre, leur alliance avec les députés tribaux conservateurs sur des questions de moralité leur permet de se maintenir comme une force influente.
Les trois principaux groupes islamistes sunnites – le Mouvement islamique constitutionnel, le Mouvement salafiste et l’Alliance islamique salafiste – contrôlent ensemble des dizaines d’organisations caritatives et de commerce. Les islamistes contrôlent l’union estudiantine à l’université koweïtienne depuis 26 ans.
Mais les libéraux, affaiblis durant la dernière décennie, estiment que les islamistes tirent leur force d’une alliance avec le pouvoir exécutif. « La puissance des islamistes provient du soutien du gouvernement. Ce sont des alliés stratégiques du gouvernement », dit Khaled Hilal al-Mutairi, chef de l’Alliance nationale démocratique. « Les islamistes ont leur propre agenda et veulent l’imposer à la société. Ils veulent islamiser la société selon une vision unilatérale qui n’a pas de place pour d’autres », a-t-il ajouté. Mais M. Saïdi a nié une alliance des islamistes avec le gouvernement qui, selon lui, ne représente qu’« un seul groupe veillant aux intérêts des gens influents ».
Le Koweït demeure un pays conservateur où l’alcool et les concerts de musique sont interdits. Mais contrairement à l’Arabie saoudite, pays voisin, il y a peu de restrictions aux libertés individuelles et les femmes ne sont pas astreintes à une tenue vestimentaire particulière. Cependant, les islamistes se manifestent de plus en plus face aux tentatives du gouvernement d’ouvrir l’émirat au plan économique et touristique.
Omar HASSAN (AFP)
La démission du ministre de l’Information, le seul membre chiite du gouvernement koweïtien, sous la pression des députés islamistes, illustre l’influence croissante des groupes fondamentalistes sunnites dans ce petit émirat pétrolier. C’est le troisième ministre de l’Information qui se trouve obligé par les islamistes à quitter le gouvernement en sept ans, généralement sous le prétexte de « ne pas protéger la moralité ».
La démission de M. Abou al-Hassan est « une grande victoire des groupes radicaux et de leurs idées extrémistes », a commenté Mohammed Baqer al-Muhri, président du Rassemblement des ulémas chiites au Koweït. Selon lui, toute l’affaire est de nature sectaire.
Les groupes politiques islamistes s’imposent comme l’entité la plus influente au Parlement depuis presque deux décennies...
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