ÉNERGIE
L’AIE met en garde l’Europe
contre sa dépendance envers le gaz russe
le 30 décembre 2004 à 00h00
L’Europe, dont les réserves de gaz naturel sont déclinantes et la consommation en pleine expansion, accuse une forte dépendance envers la Russie, que la rigidité actuelle du marché gazier ne permettra pas de dénouer avant plusieurs années, selon des experts.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, conçue en 1974 par les pays riches après les grands chocs pétroliers pour traiter des questions de sécurité énergétique, l’Union européenne va voir sa dépendance aux importations de gaz passer d’environ 49 % aujourd’hui à 81% en 2030. Pour le pétrole, les chiffres sont plus élevés encore (94 % de dépendance aux importations attendus en 2030).
Pour l’heure, la Russie fournit déjà, via son géant Gazprom, quelque 40 % du gaz européen, a indiqué Noe Van Hulst, directeur de la coordination à long terme et de l’analyse politique de l’AIE : « L’Europe va devenir de plus en plus dépendante de Gazprom », souligne-t-il. Gazprom est actuellement engagé dans une fusion avec le groupe pétrolier Rosneft, lequel vient lui-même de se porter acquéreur de la principale filiale du pétrolier Ioukos : l’ensemble devrait former un nouveau géant énergétique russe semi-public.
Mais selon Francis Perrin, rédacteur en chef de la revue spécialisée Le pétrole et le gaz arabes, le vrai problème n’est pas tant la taille de Gazprom que le monopole dont il bénéficie sur les exportations de gaz.
« La Russie est le premier pays au monde en termes de réserves de gaz (26,7 % du total) : en soi, c’est assez normal que les Européens dépendent d’elle. Mais ce qui gêne beaucoup l’AIE, c’est que par “dépendance vis-à-vis de la Russie”, on entend en fait “dépendance vis-à-vis de Gazprom” et pour eux ça n’a pas du tout le même sens », explique-t-il, soulignant qu’il approuve cette analyse. L’objectif serait de convaincre l’Europe de faire pression sur Moscou pour obtenir l’abolition du monopole de transport du gaz et pouvoir ainsi traiter avec plusieurs fournisseurs.
L’Europe est en fait à l’heure actuelle victime d’un « problème de calendrier », car le marché du gaz naturel, qui pâtit de contraintes techniques de transport (soit par bateau de type méthanier, soit par gazoduc) bien plus importantes que son homologue pétrolier, est encore en pleine phase d’expansion.
D’importants projets de développement et de réseaux de transports sont en cours au Qatar, au Nigeria, à Trinidad et Tobago, en Algérie, mais ils exigeront encore du temps.
L’Europe disposera ainsi d’ici à 2009-2010 de « plus de fournisseurs ou en tout cas de fournisseurs potentiels, qu’elle pourra mettre en concurrence sur le front des prix. Mais il y a un problème de court-moyen terme », souligne-t-il.
L’Europe, dont les réserves de gaz naturel sont déclinantes et la consommation en pleine expansion, accuse une forte dépendance envers la Russie, que la rigidité actuelle du marché gazier ne permettra pas de dénouer avant plusieurs années, selon des experts.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, conçue en 1974 par les pays riches après les grands chocs pétroliers pour traiter des questions de sécurité énergétique, l’Union européenne va voir sa dépendance aux importations de gaz passer d’environ 49 % aujourd’hui à 81% en 2030. Pour le pétrole, les chiffres sont plus élevés encore (94 % de dépendance aux importations attendus en 2030).
Pour l’heure, la Russie fournit déjà, via son géant Gazprom, quelque 40 % du gaz européen, a indiqué Noe Van Hulst, directeur de la coordination à long terme...
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