Partis passer des vacances de rêve pour le Nouvel An sur des plages dites paradisiaques, en Thaïlande, au Sri Lanka ou aux Maldives, des touristes occidentaux, ignorant souvent jusqu’alors la précarité de la vie des populations locales, racontent l’enfer du raz-de-marée.
Ces vacanciers européens se disent fréquemment impuissants face à « une muraille d’eau », « une vision de fin du monde », « l’apocalypse ». Les témoignages, venant essentiellement de Thaïlande, de quelques-uns des dizaines de milliers d’entre eux, décrivent l’effroi qui s’est emparé d’eux en quelques instants, dimanche. « En cinq minutes, le front de mer a été transformé en zone de guerre », déclare un hôtelier autrichien, Werner Karasek, 48 ans, établi à Patong (Thaïlande). Après le déferlement, dimanche, de la première vague géante sur l’île thaïlandaise de Phuket (Sud), « on a vu des gens courir dans tous les sens, hurlant, les yeux exorbités “l’eau arrive, l’eau arrive” », ajoute M. Karasek cité par la radio publique autrichienne ORF. À son arrivée à Paris, hier, une touriste française venant de Phuket évoque « l’horreur ». Elle raconte que le club de vacances où elle se trouvait et dont un animateur français a été tué dimanche « était complètement dévasté ». « Il y a eu des morts, des gens emportés (...), des vagues. Oui, oui, tout a été emporté. Il n’y avait plus de mer, enfin, plus de sable, plus rien. Les matelas par terre emportés, les parasols, les gens roulés dans la boue, les blessés », a ajouté cette femme. Établi depuis plusieurs années en Thaïlande, un autre Français, informaticien résidant dans ce pays une partie de l’année, depuis six ans, a expliqué au journal Le Parisien que l’« on aurait cru un exode ». « Il y avait des milliers de gens qui rejoignaient les hauteurs de Phuket à moto ou à pied », a raconté Christian, 43 ans, pour échapper à ce qu’un directeur d’hôtel, Srithongsook Mjtakan, a décrit comme « une muraille d’eau de plus de vingt mètres de haut ».
Venu fêter le Nouvel An au Sri Lanka, un avocat portugais de Macao (Chine) et son épouse ont estimé avoir « échappé par miracle » à la mort après avoir évité une vague géante qui a détruit leur hôtel dimanche. « Avec la puissance des vagues successives, d’une hauteur de trois à quatre mètres, les murs du restaurant ont cédé et la salle, où, vingt minutes plus tôt, des dizaines de personnes prenaient leur petit déjeuner, a été totalement inondée », a déclaré Pedro Redinha.
Laissant derrière eux au Sri Lanka une population meurtrie et totalement démunie, un couple de retraités britanniques, qui a tout perdu, se réjouit d’être encore vivant. « J’ai été très, très chanceux », a raconté un autre Britannique, Harry Barron, 58 ans, venant aussi du Sri Lanka. « J’étais dans ma chambre quand la vague est entrée. Je me tenais là, ne pouvant croire ce qui se passait ». L’homme a couru hors de la chambre, fermant la porte derrière lui. « Elle a tenu assez longtemps pour me permettre de me mettre à l’abri », a expliqué M. Barron.
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Ces vacanciers européens se disent fréquemment impuissants face à « une muraille d’eau », « une vision de fin du monde », « l’apocalypse ». Les témoignages, venant essentiellement de Thaïlande, de quelques-uns des dizaines de milliers d’entre eux, décrivent l’effroi qui s’est emparé d’eux en quelques instants, dimanche. « En cinq minutes, le front de mer a été transformé en zone de guerre », déclare un hôtelier autrichien, Werner Karasek, 48 ans, établi à Patong (Thaïlande). Après le déferlement, dimanche, de la première...