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Pétrole En s’emparant de Ioukos, Moscou prépare un nouveau géant de l’énergie(photo)

Au terme d’une série de transactions particulièrement opaques, l’État russe s’est emparé cette semaine du fleuron du pétrolier Ioukos et va maintenant s’attaquer à la création d’un nouveau géant énergétique, destiné à augmenter le poids de la Russie sur la scène internationale. La compagnie pétrolière publique Rosneft a annoncé jeudi qu’elle était devenue propriétaire de Iouganskneftegaz en achetant les parts du mystérieux groupe Baïkalfinansgroup qui avait remporté aux enchères la principale filiale de Ioukos dimanche, alors que Gazprom était donné grand favori. Cette annonce a mis fin à trois jours d’interrogations sur le bénéficiaire final de ces actifs très convoités mais qui risquaient de valoir, à leur nouveau propriétaire, des procès sans fin avec les actionnaires de Ioukos. Grâce à ce tour de passe-passe, Rosneft, compagnie 100 % publique et donc moins exposée au risque de poursuites judiciaires internationales, devient le nouveau numéro deux du pétrole russe avec une production de 1,4 million de baril par jour, derrière Loukoïl. Et si, comme l’a promis vendredi le ministre de l’Industrie et de l’Énergie russe Viktor Khristenko, Rosneft et Gazprom parviennent à boucler leur fusion dès janvier prochain, c’est un nouveau géant énergétique de taille mondiale qui devrait naître en Russie début 2005. « Le gouvernement russe a clairement et ouvertement exprimé le désir de former une compagnie nationale capable de se mesurer avec les majors internationales comme Shell ou BP », rappelle Erik Kraus, stratégiste de la société d’investissement Sovlink dans une note d’analyse. « D’ailleurs, tous les grands pays exportateurs de pétrole possèdent une compagnie publique, comme Aramco en Arabie saoudite ou PDVSA au Venezuela. Et la Russie aura bientôt la sienne formée autour de Gazprom », note M. Kraus. Si l’objectif de la politique de Vladimir Poutine peut au final être compris, ce sont les moyens mis en œuvre qui posent problème aux Occidentaux. Vladimir Poutine a ainsi justifié jeudi cette reprise en main, en expliquant que l’État russe avait utilisé « des mécanismes de marché absolument légaux » pour assurer ses intérêts qui avaient été lésés lors des privatisations douteuses des années 1990 dans le secteur pétrolier. Mais pour le quotidien Moskovskie Novosti, « il est maintenant clair que la force motrice du processus était dès le début une nouvelle répartition des biens – des oligarques des années 90 à la nouvelle élite de Saint-Pétersbourg », la ville d’où est issu le président russe et une bonne part de son entourage. Le géant pétrolier déchu s’apprête de son côté à s’engager dans une série de poursuites judiciaires contre les acquéreurs de ses actifs, les entités qui ont financé la transaction et l’État russe. La Maison-Blanche a indiqué cette semaine à plusieurs reprises qu’elle était « déçue » par la façon dont le Kremlin a géré l’affaire Ioukos. Pour Nina Koulikova, commentatrice économique de l’agence publique Ria-Novosti, « le secteur du gaz et du pétrole, qui constitue un élément majeur de l’économie russe » fournissant 25 % du PIB et les deux tiers des recettes fiscales de l’État, doit être un instrument « pour le règlement des problèmes économiques et sociaux du pays ». Le ministre russe Viktor Khristenko a souligné précédemment que l’énergie était pour la Russie un élément de politique intérieure comme extérieure.

Au terme d’une série de transactions particulièrement opaques, l’État russe s’est emparé cette semaine du fleuron du pétrolier Ioukos et va maintenant s’attaquer à la création d’un nouveau géant énergétique, destiné à augmenter le poids de la Russie sur la scène internationale.
La compagnie pétrolière publique Rosneft a annoncé jeudi qu’elle était devenue propriétaire de Iouganskneftegaz en achetant les parts du mystérieux groupe Baïkalfinansgroup qui avait remporté aux enchères la principale filiale de Ioukos dimanche, alors que Gazprom était donné grand favori.
Cette annonce a mis fin à trois jours d’interrogations sur le bénéficiaire final de ces actifs très convoités mais qui risquaient de valoir, à leur nouveau propriétaire, des procès sans fin avec les actionnaires de...