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Actualités - Reportage

Carnet de route La Libye, futur grand pays touristique

L’occasion s’est présentée à un groupe de douze Libanais de découvrir il y a quelques semaines, et sans idées préconçues, la Libye. C’est par un vol régulier Beyrouth-Tripoli, via Amman, que nous avons atterri dans la capitale libyenne ; à notre arrivée, le délégué de notre agence de voyage était là pour nous accueillir. Nous avons dû nous soumettre, avant de récupérer nos bagages, au nouveau règlement en vigueur : l’obtention sur place d’un second visa, le premier ayant été annulé. Il faudrait d’ailleurs savoir que les visas à destination de la Libye ne seront délivrés à l’avenir qu’aux postes-frontières, et ce à n’importe quel touriste, quelle que soit sa nationalité. Nous avons passé la nuit à Tripoli en attendant le départ le lendemain du vol Tripoli-Bengazi. Nous avions opté pour un circuit classique, comprenant la visite des grands sites archéologiques et contemporains de la Tripolitaine, la Cyrénaïque et la Libye saharienne La Cyrénaïque La Cyrénaïque est une région qui bénéficie d’une terre fertile, de nombreuses oasis et du climat méditerranéen. Située dans le nord-est de la Libye, elle a été colonisée dans l’Antiquité par les Grecs. Trois sites de grande importance sont à découvrir sur ce territoire : Cirène, Ptolémaïs et Apollonia. Cirène, d’abord. La ville se développe sur toute une colline dont de nombreux secteurs ne sont pas encore fouillés. Ce qui nous est donné à voir est grandiose. Nous retiendrons l’Agora, la terrasse du sanctuaire d’Apollon, ainsi que l’imposant temple de Zeus, considéré comme étant le plus grand temple grec d’Afrique. Nous avons complété la visite de Cyrène par les deux églises byzantines de al-Lathrun, le sanctuaire rupestre de Slanta et le musée de Qsar Libya, qui détient, dit-on, les plus belles mosaïques du pays, en provenance du pavement d’une église byzantine du Ve siècle après J-C. Le second site (Ptolémaïs), légèrement en retrait de la côte, est encore peu fouillé. Son port était une escale très fréquentée dès le VIe siècle avant J-C. La ville s’étend sur environ 2 500 km2 et s’ordonne suivant le plan d’urbanisation typique des cités grecques. Il faut signaler l’imposant Palais au colonnes, habitation princière pavée de magnifiques céramiques exposées au musée de Ptolémaïs, ainsi que les énormes citernes, réservoirs d’eau indispensables pour la survie de la cité. Quant au troisième site, celui d’Apollonia, il s’étend le long du rivage dans un cadre exceptionnel. Le port, dont les quais sont aujourd’hui sous la mer, recèle l’épave d’un navire de commerce de la fin du IIe siècle avant J-C. Les archéologues ont reconstitué la coque du bateau, sans oublier les nombreux objets utilitaires et précieux qu’ils ont découverts La Tripolitaine Nous reprenons l’avion de l’aéroport de Bengazi pour Gharian, via Tripoli. Nous arrivons à destination vers minuit en raison du retard de notre transbordement. Le lendemain, nous visitons la vieille ville troglodyte de Gharian, puis nous partons à destination de Ghadamès, en nous arrêtant à Kabaw et Nalut pour admirer les impressionnants magasins fortifiés du XIIIe siècle, là où les Berbères entreposaient à l’abri des pillards le blé et l’huile d’olive. La Libye saharienne Ghadamès mérite son appellation de « Perle du désert », puisqu’elle a conservé, à travers les siècles, son architecture traditionnelle. Une grande partie de la ville, désertée au profit de logements plus confortables, a été admirablement restaurée. L’Unesco en a fait un site privilégié du patrimoine mondial. Les oasis Nous parcourons 750 km à partir de Ghadamès pour joindre Germa, où deux importantes excursions nous attendent : le désert de sable et ses inattendus lacs salés, ainsi que les fameuses gravures du Mektendouch. Ce sont deux mondes désertiques différents. Le premier n’est qu’une succession de dunes de sable d’entre lesquelles naissent d’une manière tout à fait inattendue – et jusqu’ici inexplicable – des lacs salés aux couleurs changeantes et chatoyantes. Le second renferme une partie des gravures rupestres dont la datation reste indécise, estimée pour les plus anciennes à 10 000 ans avant J-C. Le spectacle de ces œuvres gravées sur une roche recouverte de patine noire reste spectaculaire et émouvant à la fois. La capitale Nous avons repris l’avion de la Libye saharienne jusqu’à Tripoli. Il nous restait à visiter Sabratha, Leptis Magna et le musée de la capitale. Sabratha est située à 80 km de Tripoli, non loin de la frontière tunisienne. L’architecture de la ville est d’origine carthaginoise, mais il faut bien reconnaître qu’il n’en reste que peu de trace. Le joyau – sinon le chef-d’œuvre – du site demeure son théâtre. Et si ce dernier avait été entièrement reconstitué, il aurait mesuré 22 mètres de hauteur sur 92,6 mètres de diamètre. Une journée entière a été réservée au gigantesque site de 400 hectares de Leptis Magna, dont seuls les grands édifices ont été dégagés. La richesse et la variété des monuments généralement bien conservés portent à réflexion : c’est toute l’histoire de la Rome africaine (500 avant J-C.) et des comptoirs phéniciens qui surgit d’un coup. De nombreuses découvertes liées à l’héritage phénicien enfoui sous les vestiges romains restent encore à faire. Une faveur particulière nous a été accordée : un détour, avant de reprendre la route de Tripoli, nous a permis de découvrir la Villa Silin, datant du Ier siècle après J-C. Éblouissant spectacle que ces mosaïques au sol représentant les jeux de cirque et les dieux de la mythologie. Une très grande finesse... Et le dernier jour avant le départ, nous découvrons le superbe musée archéologique de la Jamahiriya, incontournable visite qui concentre toute l’histoire de la Libye. Ce pays détient un patrimoine national varié et d’une très grande beauté ; quant à l’entretien et la propreté des sites archéologiques, ils restent exemplaires. L’organisation et le déroulement de notre séjour ont été parfaits, et l’accueil chaleureux que nous avons ressenti dans tous nos déplacements ne nous a donné qu’une seule envie : y retourner. La Libye est un futur grand pays touristique. Sami KARKABÉ

L’occasion s’est présentée à un groupe de douze Libanais de découvrir il y a quelques semaines, et sans idées préconçues, la Libye.

C’est par un vol régulier Beyrouth-Tripoli, via Amman, que nous avons atterri dans la capitale libyenne ; à notre arrivée, le délégué de notre agence de voyage était là pour nous accueillir. Nous avons dû nous soumettre, avant de récupérer nos bagages, au nouveau règlement en vigueur : l’obtention sur place d’un second visa, le premier ayant été annulé. Il faudrait d’ailleurs savoir que les visas à destination de la Libye ne seront délivrés à l’avenir qu’aux postes-frontières, et ce à n’importe quel touriste, quelle que soit sa nationalité.
Nous avons passé la nuit à Tripoli en attendant le départ le lendemain du vol Tripoli-Bengazi. Nous avions opté...