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La « mission parallèle » ratée du député français : un feuilleton rocambolesque

La « mission parallèle » ratée, menée par le député de la majorité Didier Julia et ses associés basés à Damas, pour libérer les deux journalistes français, avait de bout en bout surpris par son caractère tapageur, voire rocambolesque. Impliquant des réseaux d’ex-baassistes irakiens, les services syriens, un avion privé ivoirien et multipliant les effets d’annonce ainsi que les coups de théâtre réels ou supposés, la folle équipée de la mission en Syrie de ce parlementaire atypique, adepte de la diplomatie de l’ombre, avait provoqué à l’automne l’embarras puis la colère des autorités françaises. Didier Julia compte parmi ses amitiés des réseaux d’ex-baassistes du régime déchu de Saddam Hussein, aujourd’hui réfugiés à Damas. La mission de ce député de l’UMP avait commencé avec fanfare alors que les efforts officiels de la France s’enlisaient pour obtenir une libération rapide de Georges Malbrunot et Christian Chesnot. Dès son arrivée le 30 septembre à Damas via Beyrouth, ce député gaulliste de 70 ans, entouré d’une équipe de collaborateurs, affiche sa volonté de libérer les otages, en misant sur ses relations personnelles et ses amitiés dans la région. « Je n’ai jamais promis quelque chose à quelqu’un tant que je ne le tenais pas », déclare-t-il au début de sa mission, laissant entendre un dénouement heureux proche. Cette équipée a drainé des dizaines de journalistes de la presse internationale et arabe, médusés et ballottés pendant plusieurs journées au gré de déclarations contradictoires et de vraies-fausses libérations. Quatre jours après le début de la mission de M. Julia, c’est le fiasco. Le « médiateur » en rend immédiatement responsables des porteurs de valises d’argent et d’étranges « bombardements américains » sur la région où se trouvaient, selon lui, les otages en « mains sûres » : celles de la « résistance », qualificatif utilisé pour la guérilla sunnite irakienne. La veille du fiasco, il disait pourtant que Philippe Brett, son principal collaborateur pilotant l’opération sur le terrain à partir de Damas, se trouvait en Irak pour y rejoindre et ramener un convoi où se trouvaient les otages. La mystification apparaît au grand jour grâce aux services d’écoute français et syriens qui montrent que, loin d’être en Irak ou à la frontière syro-irakienne, Philippe Brett était en fait dans la banlieue de Damas. Aujourd’hui encore, trois mois après l’échec de la mission Julia, MM. Brett et Evano séjourneraient régulièrement à Damas, où ils étaient toujours signalés récemment, des semaines après le retour du député dans son pays. Au journaliste de l’AFP qui a demandé à parler au téléphone avec Philippe Evano le jour même de la libération des otages, le standard de l’hôtel à Damas a transmis la communication dans la chambre du Français où une voix s’exprimant avec un accent irakien a répondu qu’il serait « de retour demain ». Une des hypothèses expliquant le choix de Damas par l’équipe Julia est qu’une libération dans la capitale syrienne aurait servi les intérêts du régime de Bachar el-Assad dont les relations avec Paris sont tendues depuis l’été. Un autre éventuel bénéficiaire de cette mission devait être le président ivoirien Laurent Gbagbo qui a prêté son avion au groupe de Didier Julia.
La « mission parallèle » ratée, menée par le député de la majorité Didier Julia et ses associés basés à Damas, pour libérer les deux journalistes français, avait de bout en bout surpris par son caractère tapageur, voire rocambolesque.
Impliquant des réseaux d’ex-baassistes irakiens, les services syriens, un avion privé ivoirien et multipliant les effets d’annonce ainsi que les coups de théâtre réels ou supposés, la folle équipée de la mission en Syrie de ce parlementaire atypique, adepte de la diplomatie de l’ombre, avait provoqué à l’automne l’embarras puis la colère des autorités françaises. Didier Julia compte parmi ses amitiés des réseaux d’ex-baassistes du régime déchu de Saddam Hussein, aujourd’hui réfugiés à Damas.
La mission de ce député de l’UMP avait commencé avec fanfare...