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L’absurdité du paysage politique libanais

«Le pouvoir est un moyen comme un autre d’engendrer une guerre contre l’absurde » (Jérémie Arrobas), une citation qui résume mal quand le pouvoir est lui-même absurde. Les derniers développements sur la scène locale, aucunement surprenants pour une population exsangue et devenue apathique, demeurent cependant une preuve de plus de l’absurdité du pouvoir, et bafouent sans merci la pensée cartésienne défendue durant des siècles par les plus grands philosophes. Deux faits majeurs se sont produits sur la scène locale au cours du dernier mois : d’abord, le survol du territoire israélien par un drone appartenant au Hezbollah, suivi d’un discours prononcé par le secrétaire général du parti, et ensuite rassemblement du Bristol, qui a accouché d’un front national opposant. En ce qui concerne l’histoire du drone, le secrétaire général du parti, à l’occasion de la Journée de Jérusalem, n’a pas hésité à défier la légitimité de l’État en ventant les actes unilatéraux de son parti et en proposant au ministre de la Défense de lui offrir des avions Mirsad – un ministre affichant un grand sourire à une proposition qui me semble peu amusante ! Il fut un moment où les Libanais étaient unanimes à appuyer l’action de la Résistance, et ce soutien n’était pas irréfléchi mais émanait d’une conviction que tout peuple a le droit de résister à l’occupation. En l’an 2000, l’Onu a annoncé officiellement le retrait des forces israéliennes et l’application des résolutions 425/426 que nous avions réclamées longtemps durant. Aujourd’hui, malheureusement, c’est nous qui sommes en violation de la légitimité internationale ; pour l’Onu, Israël a appliqué, de son côté, les résolutions précitées en se retirant du Liban alors que notre pays a manqué d’appliquer une clause importante de la résolution 426 qui réclame le déploiement de l’armée au Sud pour que cette région soit totalement sous le contrôle de l’État. En ce qui concerne, par ailleurs, les fermes de Chebaa, elles demeurent une terre syrienne sur les cartes onusiennes, à moins que notre voisin syrien veuille nous aider, comme il le fait souvent, à en finir avec ce litige apparemment éternel, à l’instar de toutes les causes arabes. Interrogations sur le « Bristol » Le second point concerne le rassemblement de l’opposition nationale et le manifeste du Bristol. Sans aucun doute, le fait de voir quelques ennemis d’hier rassemblés autour d’une même table pour discuter de questions nationales est-il un élément réjouissant qui pourrait constituer un bon départ pour une réconciliation nationale et une restructuration du tissu interne... On ne peut qu’être satisfait en écoutant ces voix de gauche ou de droite, de telle ou telle tendance politique ou confessionnelle, s’élever pour dénoncer l’ingérence externe dans les affaires du pays, laissant ainsi passer un message implicite à l’adresse de l’opinion internationale, très attentive ces jours-ci quant à la question libanaise : Le Liban est capable de s’autogouverner sans tutelle. Mais il ne faut pas non plus se laisser leurrer par cette rencontre qui, si on regarde plus au fond, semble, pour l’instant du moins, artificielle et bizarrement paradoxale : comment peut-on croire que ce rassemblement est celui de personnages politiques purs et transparents, attachés à des principes politiques inaliénables, quand on voit se succéder à la tribune certains ministres, qui, on ne peut l’oublier, avaient durant neuf ans défendu avec excellence la position du Liban (assujetti évidemment) ou certains députés sans passé politique (de défense des libertés ou d’un Liban souverain), parachutés et imposés aux citoyens d’une région, et cherchant à trouver leur place dans le prochain Parlement. Il ne faut pas oublier l’effort des vrais opposants courageux, qui ont travaillé dans les moments les plus durs, que ce soit de façon explicite ou derrière les coulisses, et qui ont résisté à tout esprit d’arrivisme. Certains jeunes sont dégoûtés et révoltés. Ils refusent d’être les témoins silencieux d’un suicide collectif auquel le pouvoir nous pousse. Nous refusons que ce pays, qui nous appartient, soit plongé, contre son gré, dans une profonde léthargie, et que sa vraie vocation, de terre d’ouverture et de paix, soit dénaturée. Bachir Nassib EL-KHOURY Étudiant à l’AUB
«Le pouvoir est un moyen comme un autre d’engendrer une guerre contre l’absurde » (Jérémie Arrobas), une citation qui résume mal quand le pouvoir est lui-même absurde.
Les derniers développements sur la scène locale, aucunement surprenants pour une population exsangue et devenue apathique, demeurent cependant une preuve de plus de l’absurdité du pouvoir, et bafouent sans merci la pensée cartésienne défendue durant des siècles par les plus grands philosophes.
Deux faits majeurs se sont produits sur la scène locale au cours du dernier mois : d’abord, le survol du territoire israélien par un drone appartenant au Hezbollah, suivi d’un discours prononcé par le secrétaire général du parti, et ensuite rassemblement du Bristol, qui a accouché d’un front national opposant.
En ce qui concerne l’histoire du...