Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Épouses d’ambassadeurs Louise Blais Duval, une femme venue du froid (photos)

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur, et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Louise Blais Duval, épouse de l’ambassadeur du Canada. Louise Blais Duval – « parce qu’au Canada, la femme a, depuis quelques années, le droit de garder son nom de jeune fille si elle le désire. Mais ici, pour les Libanais, malheureusement, serait-elle tentée d’ajouter, je suis surtout madame Duval » – est une femme simple et naturelle. Cette simplicité évidente surprend et impressionne, au même titre que sa réserve, appuyée de silences, de confessions murmurées, comme abandonnées subtilement au gré d’une conversation ; une réserve qui, par moments, pourrait ressembler à de la timidité. Sobre, vêtue de noir, c’est avec autant de simplicité qu’elle vous reçoit à la porte, se présente et s’offre à vos questions qui semblent déjà presque indiscrètes. Madame Duval, comme on l’appelle chez nous, vient, et c’est clair, d’un monde lointain et suffisamment éloigné de notre pays, et d’une vie mondaine quelquefois trop envahissante pour son caractère indépendant. Car cette femme venue du froid, et plus exactement d’un charmant bout du monde, de notre monde, baptisé « Trois-Rivières », « une petite ville qui se situe entre Montréal et Québec », vient aussi d’un monde silencieux, retranché derrière des mots, puisque avant d’embrasser avec son époux une carrière diplomatique, elle était... bibliothécaire, et très heureuse de l’être ! « J’aimais bien mon métier, le contact avec les livres, et l’idée de me retrouver dans ce milieu que j’aime toujours. Je pense que, dans d’autres circonstances, j’aurais sans doute continué à exercer cette activité pendant quelques années encore et suivi son évolution, car tout est informatisé à présent. » Mais la vie, l’amour en a décidé – bien heureusement – autrement le jour où elle a rencontré un certain Michel Duval. « L’idée de vivre à l’étranger m’a très vite attirée, le fait de connaître autre chose, un mode de vie différent, d’avoir toujours du nouveau dans ma vie. » Un parcours personnel nécessaire « Nous habitions tous les deux Trois-Rivières, confie Louise Duval, avec un calme qui ne semble jamais l’abandonner. Nous nous sommes rencontrés dans ce que l’on appellait alors une “ boîte à chansons ”, c’était l’époque des chansons à textes. » Rencontre suivie de rencontres et d’un mariage en 1966. « Ça fait déjà très longtemps ! » Leur premier poste à l’étranger se fera à Paris, quelques années plus tard. Michel Duval y sera troisième secrétaire de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). « C’était un début facile et agréable. Nous avions toujours rêvé de vivre en Europe. » Pour cette grande amoureuse d’art et de littérature, Paris est également une longue escale de rêve. « Il y avait tellement de choses à faire et à découvrir, » confirme-t-elle. La Ville Lumière sera suivie par la Hongrie. Autres couleurs, plus rouges, et nouvelle expérience. Les Duval apprennent la langue, découvrent le communisme et un peuple très attachant. « Je garde un très bon souvenir du pays et des gens. » Après un court retour au Canada, cap sur l’Allemagne. Nous sommes en 1988. « C’est un pays un peu plus difficile, car les Allemands sont plus réservés. » Quatre ans plus tard, c’est la chute du Mur de Berlin. Une page de l’histoire est tournée sous leurs yeux attentifs et surpris. « On sentait l’histoire, c’était passionnant. » Il était sans doute nécessaire pour elle de mémoriser ces moments uniques, tentant de reprendre cet amour des mots pour, qui sait, en faire à son tour un livre. « On se dit toujours qu’on devrait écrire... Finalement on ne le fait pas. Par négligence surtout... » En 1997, Michel Duval est nommé à New York, et pour la première fois, ambassadeur. Pour son épouse, endosser ce rôle n’est pas alors difficile. « C’est une ville pleine de libertés, où tout le monde fait ce qu’il veut. J’avais ma vie, à côté de mon rôle à tenir. Ici, c’est très différent. » Le Liban, une découverte Très différents, les obligations et le titre, quelquefois envahissants, « c’est la perception que les gens ont de vous qui change. Au Liban, je suis surtout l’épouse de l’ambassadeur… » Différent aussi le paysage étouffant, presque hostile à cette femme venue du froid et surtout d’un pays où la nature est très présente. « Je m’attendais à un pays méditerranéen, mais c’est également très montagneux. Je n’avais pas réalisé à quel point c’était petit ! Il y a malheureusement un manque d’espaces verts et de nombreux problèmes écologiques à gérer. C’est quelque chose de très important pour nous. » Ces deux dernières années furent surtout, pour Louise Blais Duval, l’occasion de se mettre à la peinture, commencée à New York, de prendre des cours d’histoire de l’art puis de musique, bref d’organiser son propre espace, en vert et en couleurs. « J’avais besoin d’avoir quelque chose de personnel, » un lieu où le silence lui rappellerait les bibliothèques de son passé. « Je garderais en mémoire l’amabilité des gens – je vais sûrement laisser des amis en partant –, et peut-être, malheureusement, cette vision de manque de nature, » conclut-elle enfin, en toute douceur, comme pour ne blesser personne. Pour sa part, elle assure, nous promet presque, qu’elle est restée cette personne calme et sereine, et surtout fidèle à ce qu’elle a toujours été. Une femme simple. On la croit volontiers. Carla HENOUD

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur, et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Louise Blais Duval, épouse de l’ambassadeur du Canada.

Louise Blais Duval – « parce qu’au Canada, la femme a, depuis quelques années, le droit de garder son nom de jeune fille si elle le désire. Mais ici, pour les Libanais, malheureusement, serait-elle tentée d’ajouter, je suis surtout madame Duval » – est une femme simple et...