Jacques Langlois, le juge d’instruction de l’affaire Dutroux, a répondu par avance hier devant les assises d’Arlon (sud-est de la Belgique) aux critiques sur son enquête des avocats du pédophile et de certaines familles de victimes, en assurant n’avoir négligé aucune piste. « Nous sommes allés au fond des choses », a déclaré M. Langlois devant la cour d’assises, en présence pour la première fois de Jean-Denis et Louisa Lejeune, les parents d’une des deux plus jeunes victimes de Dutroux. « Si je n’évoque pas toutes les pistes, je sais qu’elles reviendront sous forme de questions », a souligné le magistrat à l’audience de reprise du procès, après une interruption de trois jours.
M. Lejeune, dont la fille Julie (8 ans) avait été retrouvée morte avec son amie Melissa Russo en août 1996 chez Dutroux, s’était assis dans la salle d’audience aux côtés de Laetitia Delhez, une jeune fille libérée vivante de la cave où elle était séquestrée deux jours après l’arrestation du pédophile.
Les parents de Julie, comme ceux de Melissa, avaient dénoncé le procès Dutroux comme un « cirque » avant son ouverture le 1er mars. Mais contrairement à Gino Russo, le père de Melissa, Jean-Denis Lejeune n’avait pas exclu de se rendre inopinément à une audience.
M. Langlois, qui a mené l’instruction de l’affaire Dutroux depuis le dessaisissement en octobre 1996 de son prédécesseur Jean-Marc Connerotte, a détaillé à la barre les « pistes périphériques » progressivement écartées faute d’éléments au cours de ses sept années de travaux. Plusieurs familles de victimes de Dutroux, en premier lieu les Russo-Lejeune, ont vertement critiqué ces dernières années le travail du juge Langlois, à qui elles reprochent d’avoir négligé la thèse du réseau dont le pédophile n’aurait été qu’un rouage. Plus des deux tiers des Belges sont convaincus de l’existence d’un tel réseau, selon un récent sondage. Surfant sur cette vague, les défenseurs de Dutroux ont repris ce scénario à leur compte depuis le début du procès le 1er mars.
Marc Dutroux encourt aux assises d’Arlon une peine de prison à vie pour, entre autres crimes, l’enlèvement et le viol de six fillettes et adolescentes belges entre juin 1995 et août 1996, ainsi que la mort de quatre d’entre elles dont deux tuées par lui.
À ses côtés comparaissent son ex-épouse Michelle Martin, son homme de main Michel Lelièvre et l’ancien homme d’affaires Michel Nihoul, que Dutroux accuse d’avoir été la charnière d’un réseau, mais qui, selon le juge Langlois, n’a pas été impliqué dans les enlèvements d’enfants.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats