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Actualités - Opinion

ÉCLAIRAGE - Nouveau couac dans les relations israélo-françaises

Les propos de l’ambassadeur de France en Israël Gérard Araud, selon lesquels les Israéliens étaient atteints d’une « névrose antifrançaise », ont provoqué un couac dans les relations souvent tumultueuses entre les deux pays. « Il y a une sorte de névrose dans ce pays. Une névrose antifrançaise. C’est très clair », a déclaré jeudi M. Araud à la radio militaire israélienne. Le chef du Parti travailliste israélien Shimon Peres a cependant minimisé l’affaire, soulignant la nécessité de reprendre le dialogue pour éviter des frictions inutiles. « Je ne suis pas un expert en psychologie mais je peux dire que je n’ai pas de problème avec la France », a-t-il ajouté à des journalistes. « Il y a eu des hauts, parfois très hauts, et des bas, parfois très bas, dans les relations, et j’aspire à remonter la pente », a souligné M. Peres, qui devrait rejoindre prochainement le gouvernement d’Ariel Sharon. Les médias israéliens traitaient plutôt l’affaire avec ironie. « Sacrebleu », titre ainsi en français le quotidien en langue anglaise Jerusalem Post, et d’ajouter : « Maintenant le représentant de Paris affirme que nous détestons les Français. » L’ambassadeur « n’arrive pas à décider s’il doit nous verser des cuillerées de café de sucre ou des cuillerées de soupe de vinaigre », écrit le journal en référence à une interview que lui avait accordée M. Araud et dans laquelle il estimait qu’Israël s’efforce de « faire preuve de retenue » face à l’intifada. Le quotidien populaire Maariv titre « La France contre Yaztpan », un humoriste israélien dénoncé nommément par l’ambassadeur pour ces attaques au vitriol contre la France et les Français, et accuse M. Araud d’avoir « oublié les règles de la politesse diplomatique ». Le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot met l’accent sur la visite prévue la semaine prochaine de l’ancien ministre français Nicolas Sarkozy, le chef de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), le principal parti de la droite française. Le journal annonce qu’Israël déroulera le « tapis rouge » pour M. Sarkozy, qui participera le 14 décembre à la conférence annuelle de Herzlya près de Tel-Aviv et sera reçu par les principaux responsables israéliens, selon une source officielle. Un commentateur de la radio militaire israélienne a réagi sans acrimonie aux propos de l’ambassadeur. « Au lieu de parler de névrose, l’ambassadeur aurait mieux fait de parler de schizophrénie, puisque les Israéliens censés détester les Français adorent se rendre en France, seconde destination préférée de par le monde monde par les touristes israéliens », a-t-il relevé avec humour. En dépit des relations aigres-douces entre Israël et la France, Paris reste aux yeux des Israéliens, et encore plus des Israéliennes, la « ville la plus romantique » du monde, selon un sondage publié en juillet. Paris devance dans l’ordre des préférences Venise, Prague, et de très loin New York. Néanmoins, selon le sondage effectué auprès de la population juive en Israël quelques mois plus tôt, 57 % des personnes interrogées disaient éprouver de l’antipathie envers la France contre 25 % qui éprouvent de la sympathie. Le ministère israélien des Affaires étrangères a jugé dans un communiqué jeudi les propos de l’ambassadeur « inacceptables » et « ne contribuant pas aux efforts de la France et d’Israël pour améliorer leurs relations ». Mais un porte-parole du ministère, Yigal Palmor, a estimé qu’ils « n’affecteraient pas les relations entre les deux pays » et en particulier la visite de M. Sarkozy. L’ambassadeur d’Israël à Paris, Nissim Zvili, a déclaré comprendre la « colère » de M. Araud. « Je pense qu’il est très proche de la vérité. Je pense qu’il existe une sensibilité exacerbée en Israël envers l’attitude française, ainsi qu’en France envers le comportement israélien. » Marius SCHATTNER (AFP)
Les propos de l’ambassadeur de France en Israël Gérard Araud, selon lesquels les Israéliens étaient atteints d’une « névrose antifrançaise », ont provoqué un couac dans les relations souvent tumultueuses entre les deux pays. « Il y a une sorte de névrose dans ce pays. Une névrose antifrançaise. C’est très clair », a déclaré jeudi M. Araud à la radio militaire israélienne.
Le chef du Parti travailliste israélien Shimon Peres a cependant minimisé l’affaire, soulignant la nécessité de reprendre le dialogue pour éviter des frictions inutiles. « Je ne suis pas un expert en psychologie mais je peux dire que je n’ai pas de problème avec la France », a-t-il ajouté à des journalistes. « Il y a eu des hauts, parfois très hauts, et des bas, parfois très bas, dans les relations, et j’aspire à remonter la...