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Irlande du Nord Les pourparlers échouent, mais le dialogue se poursuit

Les Premiers ministres britannique et irlandais ont admis hier qu’ils n’avaient pas réussi à arracher un accord final aux protestants et aux catholiques en Irlande du Nord, les derniers pourparlers ayant buté sur les modalités du désarmement de l’IRA. « Ce que nous avons accompli jusqu’à présent est remarquable mais pas encore complet », a déclaré Tony Blair à Belfast. M. Blair et son homologue irlandais Bertie Ahern, qui ont présidé de multiples séries de négociations depuis les accords de paix d’avril 1998, souhaitaient pourtant vivement clore le dossier Irlande du Nord avant Noël. Mais, hier à Belfast, Tony Blair a dressé ce qui ressemble fort à un constat d’échec. Les dirigeants des deux principaux partis protestants et catholiques « étaient d’accord sur tout, sauf sur le problème de la transparence du désarmement » de l’IRA, a-t-il souligné. Au cours d’une conférence de presse, les deux hommes ont listé les points où un terrain d’entente a été trouvé entre Sinn Féin, l’aile politique de l’IRA (Armée républicaine irlandaise), et les Démocrates unionistes du protestant ultra Ian Paisley. L’IRA acceptait de démanteler avant Noël son arsenal au complet sous la supervision de la commission du général canadien John de Chastelain, en présence de deux ecclésiastiques comme témoins supplémentaires. La principale organisation clandestine a accepté de mettre fin à toute activité paramilitaire et à se mettre en sommeil. Mais un seul obstacle demeure sur la voie de la paix et de la stabilité. Sans accord sur la question du désarmement, la longue série de déclarations d’intention de tous les protagonistes du processus de paix, que MM. Blair et Ahern ont dévoilé devant la presse dans un document d’une vingtaine de pages, est caduque. « La pierre d’achoppement, ce sont les photographies », a insisté M. Blair : l’IRA, a-t-il confirmé, refuse catégoriquement que des « preuves photographiques » du démantèlement de son arsenal soient établies, comme l’exigeait Ian Paisley. Londres et Dublin avaient pourtant proposé un compromis. « On prend des photos mais on ne les publie qu’après la restauration de l’Exécutif, en mars. Nous pensions que c’était un bon moyen d’en sortir », a précisé M. Blair. Mais en vain. En revanche, a-t-il noté, « je ne vois pas ce processus repartir en arrière, même si je sais qu’il faudra encore des efforts supplémentaires pour boucler ce dossier », a-t-il ajouté. « Nous ne sommes pas tout à fait arrivés au succès final, à la paix et la stabilité en Irlande du Nord », a déclaré pour sa part Bertie Ahern, « mais nous avons une formule d’accord sans précédent ». Tony Blair et Bertie Ahern n’avaient pourtant pas ménagé leurs efforts pour tenter de remettre en œuvre le gouvernement et l’Assemblée d’Irlande du Nord, institutions nées des accords de 1998, depuis qu’une crise politique a précipité leur suspension il y a deux ans. Et malgré ce dernier contretemps, les deux hommes ne comptent pas renoncer. « J’espère que nous pourrons finir notre travail avant Noël, je continue de croire que c’est possible », a affirmé, optimiste, le Premier ministre irlandais. Mais de leurs quartiers généraux respectifs, à Belfast, Sinn Féin et le DUP se rejetaient l’un l’autre, avec vigueur, la responsabilité de cet échec.

Les Premiers ministres britannique et irlandais ont admis hier qu’ils n’avaient pas réussi à arracher un accord final aux protestants et aux catholiques en Irlande du Nord, les derniers pourparlers ayant buté sur les modalités du désarmement de l’IRA.
« Ce que nous avons accompli jusqu’à présent est remarquable mais pas encore complet », a déclaré Tony Blair à Belfast. M. Blair et son homologue irlandais Bertie Ahern, qui ont présidé de multiples séries de négociations depuis les accords de paix d’avril 1998, souhaitaient pourtant vivement clore le dossier Irlande du Nord avant Noël.
Mais, hier à Belfast, Tony Blair a dressé ce qui ressemble fort à un constat d’échec.
Les dirigeants des deux principaux partis protestants et catholiques « étaient d’accord sur tout, sauf sur le problème de la...