En Érythrée, l’archéologie est une course contre la montre, pour éviter que les nombreuses nouvelles constructions ne détruisent d’un coup de pelleteuse le riche patrimoine culturel de ce pays de la Corne de l’Afrique. « On estime qu’il existe 40000 sites archéologiques potentiels en Érythrée », pays de seulement 125000 km2, explique le directeur du Musée national, Lebsekal Yosief, qui est aussi professeur d’archéologie à l’Université d’Asmara. « Mais par manque de moyens, seuls une vingtaine de sites sont actuellement en travaux », ajoute-t-il.
En raison des contraintes financières, les archéologues en Érythrée ciblent en priorité les sites menacés par d’imminentes constructions. Ces travaux sont appelés « fouilles de sauvetage ». « Nous travaillons sur les sites où vont être bâties des habitations, notamment pour la diaspora à Asmara. En Érythrée, beaucoup de routes sont construites en ce moment, et nous procédons à des fouilles dans ces endroits-là aussi », explique M. Lebsekal.
Comme à Mendefera, à 50 km au sud d’Asmara. Des ouvriers qui bâtissaient un mur y ont découvert d’anciennes tombes. « Elles datent du 2e siècle avant Jésus-Christ », explique le Dr Federica Crivellaro, un anthropologue. Les archéologues recopient avec minutie, sur une planche à dessin, ce qu’ils observent sur les différentes strates qu’ils ont dégagées: des ossements et des morceaux de poterie. Le gouverneur de la région de Debub (sud), Kahsai Ghebrehiwet, voudrait transformer ce site de Mendefera en musée à ciel ouvert. « Éveiller la conscience des gens sur notre patrimoine culturel est très important », plaide-t-il.
« L’archéologie en Érythrée a encore à être développée. Ce pays a tellement de sites! » s’exclame le Dr Crivellaro. « Il faudrait mener une étude intensive le plus vite possible, mais pour cela nous manquons de financements. » Pourtant, le pays a déjà prouvé sa richesse archéologique. Notamment en 1995, « lorsqu’un crâne d’hominidé datant d’il y a un million d’années a été découvert à Buia, dans l’est de l’Érythrée », rappelle-t-elle. « Malheureusement l’archéologie coûte cher. On a besoin de professionels, d’outils, de temps, d’organisation », ajoute-t-elle. « Et de patience! »
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En raison des contraintes financières, les archéologues en Érythrée ciblent en priorité les sites menacés par d’imminentes constructions. Ces travaux sont appelés « fouilles de sauvetage ». « Nous travaillons sur les sites où vont être bâties des...