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Vision d’un avenir politique au Liban

Suite à la résolution 1559 des Nations unies, il semble qu’un débat de fond sur l’avenir politique du Liban devrait enfin éclore. De quel projet politique une large majorité de Libanais, malgré leurs profondes divergences politico-communautaires, parfois inconciliables, ne se sentirait-elle plus marginalisée ? Que les différentes parties s’assoient autour d’une table et qu’elles en discutent, Syriens compris. Du débat jaillit la lumière. Encore faut-il que nous soyons clairs dans nos choix politiques, que nous acceptions les concessions et que nous refusions catégoriquement cet esprit d’élimination politique de l’autre. Les urnes seront là pour choisir ou pour désigner les gagnants. Pour les maronites, le Liban est comme La Mecque pour l’islam ou le Vatican pour les catholiques, je m’en tiendrai à ces deux évidences pour ne pas en citer d’autres. Et nous, Libanais laïques, c’est-à-dire appartenant au Liban avant d’appartenir à une communauté, resterons-nous les éternels oubliés de l’histoire? Contribuons, au moins, par nos vœux à exprimer nos souhaits. Le sens de l’appartenance au Liban est largement partagé aujourd’hui, mais la notion d’appartenance n’est pas collective ou citoyenne, elle est réduite au clan, et c’est là que le dysfonctionnement réside. Les uns sentent qu’ils sont plutôt bien servis, et les autres plutôt lésés. La faille risque de s’élargir, l’exclusion devenir irréversible, et la faillite du système et du pays se généraliser. Cette symptomatique politique a eu pour effet, de 1991 à nos jours, un endettement public dont le règlement des seuls intérêts représente 40 % du budget annuel de l’État. Qu’en est-il du remboursement de cette dette? La question est restée sans réponse, et le restera sans doute longtemps. Le navire vogue à vue. La représentation nationale à venir serait-elle capable, aussi colorée fût-elle, de répondre à nos inquiétudes ? Cette savante sauce à la libanaise qu’est la Chambre que nous attendons, et dont les ingrédients seraient «X» députés du Mont-Liban et de Beyrouth, «Y» députés de la Békaa et du Sud, et «Z» députés du Nord, serait-elle capable d’être servie sur ce bon plat qu’attend un pays qui a faim de souveraineté et de renouveau ? Nous ne le pensons pas. Il n’est plus acceptable aujourd’hui que des personnes se présentent aux élections à titre personnel, accompagnés de colistiers qui les financent, sans programme, susceptibles de tourner comme une girouette au gré des vents, d’être à l’affût d’un quelconque ministère ou bien se satisfaire d’une affaire juteuse en guise de lot de consolation. Le Liban mérite beaucoup mieux que cela et peut à notre avis remonter vite la pente dans tous les domaines du développement, aux conditions suivantes: 1 – départ des forces syriennes du Liban ; 2 – élections à la proportionnelle avec droit de candidature réservé aux partis politiques ayant des programmes électoraux ; 3 – circonscriptions moyennes de 5 à 10 députés au maximum, avec ouverture aux laïques de 5 % des sièges ; 4 – formation d’un gouvernement représentatif composé d’une coalition de forces politiques élues et permettant de réaliser les objectifs nationaux suivants : a- restauration de l’autorité de l’État sur tout son territoire ; b- complète et rapide modernisation des camps palestiniens. Les représentants des Palestiniens sont assez mûrs politiquement pour négocier leur statut final avec Israël. Ayons la patience d’attendre l’issue finale de ces négociations ; c – personne n’est dupe du rôle de la milice du Hezbollah au Liban-Sud. Son rôle à la frontière avec Israël est plutôt l’occupation du terrain pour empêcher l’hypothétique réapparition des forces palestiniennes, comme c’était le cas avant l’invasion israélienne du Liban en 1982. Quant aux fermes de Chebaa, elles devraient faire l’objet de négociations entre les trois gouvernements libanais, syrien et israélien aussitôt que ces deux derniers s’assoiront à la table des négociations. Georges EL-HAGE

Suite à la résolution 1559 des Nations unies, il semble qu’un débat de fond sur l’avenir politique du Liban devrait enfin éclore.
De quel projet politique une large majorité de Libanais, malgré leurs profondes divergences politico-communautaires, parfois inconciliables, ne se sentirait-elle plus marginalisée ?
Que les différentes parties s’assoient autour d’une table et qu’elles en discutent, Syriens compris.
Du débat jaillit la lumière. Encore faut-il que nous soyons clairs dans nos choix politiques, que nous acceptions les concessions et que nous refusions catégoriquement cet esprit d’élimination politique de l’autre. Les urnes seront là pour choisir ou pour désigner les gagnants.
Pour les maronites, le Liban est comme La Mecque pour l’islam ou le Vatican pour les catholiques, je m’en tiendrai à...