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Actualités - Opinion

opinion De la gravité du péché par omission

Plaintes stériles ou revendications musclées? Il semble que, dans leur communiqué du 1er décembre, les évêques aient fait le choix de la première attitude. En effet, l’urgence pour le pays d’avoir une loi électorale avant qu’on n’arrive à la veille des élections n’a fait l’objet, de leur part, que de trois maigres lignes, dans lesquelles ils se contentent de mettre timidement en garde contre les lenteurs pratiquées «par quatre fois jusqu’ici». Vu l’importance vitale d’une loi électorale adéquate, condition préalable à tout redressement du pays – d’autant plus que nous avons été joués «par quatre fois» –, nous nous attendions à voir l’autorité religieuse suprême, qui, bon gré mal gré, a endossé la responsabilité de nous défendre, afficher une revendication musclée, de nature à faire bouger un pouvoir malintentionné. Cette revendication doit comporter l’avertissement d’une escalade possible en cas de besoin. Ainsi, le communiqué aurait dû affirmer avec force que ne sera pas tolérée une cinquième réédition des manœuvres pratiquées lors des législatives précédentes. Pour cela, le pouvoir est invité à faire preuve de bonne foi en élaborant honnêtement un projet de loi acceptable et en le présentant à la Chambre, revêtu du caractère de double urgence. Or, il ne paraît pas que les responsables réalisent l’importance et l’urgence de la matière, puisque le chef du gouvernement annonce mollement que la loi électorale sera prête pour fin février, c’est-à-dire qu’il va priver le citoyen du délai minimum nécessaire pour la discuter et obtenir les amendements qui s’imposeraient. Devant l’inertie calculée du pouvoir, le communiqué aurait dû déclarer qu’il considérerait les responsables comme ayant gravement manqué à leur devoir primordial envers le pays, manquement dont ils devront supporter les conséquences. Dans la vie des peuples, les évêques, en tant que défenseurs de la loi et des valeurs morales, ont souvent donné l’exemple d’un courage allant jusqu’à interpeller des monarques puissants au péril de leur vie. On n’en demande pas autant à leurs successeurs, mais que, du moins, pour lancer leurs semonces aux responsables, ils gardent présente à l’esprit la gravité du péché par omission. Albert SARA

Plaintes stériles ou revendications musclées? Il semble que, dans leur communiqué du 1er décembre, les évêques aient fait le choix de la première attitude. En effet, l’urgence pour le pays d’avoir une loi électorale avant qu’on n’arrive à la veille des élections n’a fait l’objet, de leur part, que de trois maigres lignes, dans lesquelles ils se contentent de mettre timidement en garde contre les lenteurs pratiquées «par quatre fois jusqu’ici».
Vu l’importance vitale d’une loi électorale adéquate, condition préalable à tout redressement du pays – d’autant plus que nous avons été joués «par quatre fois» –, nous nous attendions à voir l’autorité religieuse suprême, qui, bon gré mal gré, a endossé la responsabilité de nous défendre, afficher une revendication musclée, de nature à...