La construction d’une colonie inquiète
les habitants du village israélien de Nirit
le 01 décembre 2004 à 00h00
Les habitants du village israélien de Nirit craignent que la construction d’une nouvelle colonie à leur porte ne vienne troubler leur existence dans une région jusque-là préservée, à la lisière de la Cisjordanie occupée.
Des travaux sont menés à un rythme frénétique à quelques centaines de mètres de la maison d’Amira Bahat, pour jeter les fondations d’une colonie devant abriter 52 maisons. Mais Amira, comme 70 % des habitants de Nirit, craint que la construction de la nouvelle implantation n’embrase la région. « Ils travaillent comme des fous. Ils ont déjà six mois d’avance sur le calendrier fixé », affirme Mme Tamar Aylat-Yadouri, professeur de philosophie de Nirit, située à une quinzaine de km à l’est de Tel-Aviv, qui mène campagne contre le projet. À l’instar d’autres militants, Mme Aylat-Yadouri estime que la construction d’une nouvelle implantation prouve qu’Israël ne respecte pas son engagement pris auprès des États-Unis de cesser les activités de colonisation en Cisjordanie comme l’exige la « feuille de route », un plan de paix international.
Une fois achevée, la nouvelle colonie, qui s’appelera Nof Hasharon, sera « annexée » à Nirit puisqu’elle se trouvera du côté « israélien » de la barrière de séparation controversée, érigée par l’État juif en Cisjordanie. Les nouveaux habitants de Nof Hasharon seront reliés aux réseaux de distribution et d’adduction d’eau et d’électricté de Nirit et leurs enfants fréquenteront les mêmes écoles maternelles. Mais ils payeront leur taxe immobilière à Alfei Menashé, une grande colonie située plus profondément en Cisjordanie et qui se trouvera de l’« autre côté » de la barrière, dans un territoire sous contrôle palestinien. Dans des propos publiés récemment par le quotidien Haaretz, un officier israélien de Cisjordanie, le major Oded Langerman, a confirmé après une rencontre avec des responsables de la sécurité d’Alfei Menashé que Nof Hasharon et Nirit formeront à terme une « seule zone sécuritaire ».
Dans les rues de Nirit, où vivent quelque 230 familles, des banderoles appellent à « ne pas s’engager » pour la nouvelle colonie, en allusion au « plan de désengagement » de M. Sharon prévoyant l’évacuation des colonies juives de la bande de Gaza et de quatre autres dans le nord de la Cisjordanie. Le conseil municipal de Nirit a même présenté récemment une requête à la Cour suprême d’Israël pour obtenir un arrêt des travaux. La cour a accordé à l’État un délai de 21 jours pour lui présenter ses arguments.
Nirit, qui a été épargné par les violences de l’intifada palestinienne, craint que la nouvelle colonie ne mette le feu aux poudres en provoquant des réactions violentes des villages palestiniens voisins en Cisjordanie.
Les habitants du village israélien de Nirit craignent que la construction d’une nouvelle colonie à leur porte ne vienne troubler leur existence dans une région jusque-là préservée, à la lisière de la Cisjordanie occupée.
Des travaux sont menés à un rythme frénétique à quelques centaines de mètres de la maison d’Amira Bahat, pour jeter les fondations d’une colonie devant abriter 52 maisons. Mais Amira, comme 70 % des habitants de Nirit, craint que la construction de la nouvelle implantation n’embrase la région. « Ils travaillent comme des fous. Ils ont déjà six mois d’avance sur le calendrier fixé », affirme Mme Tamar Aylat-Yadouri, professeur de philosophie de Nirit, située à une quinzaine de km à l’est de Tel-Aviv, qui mène campagne contre le projet. À l’instar d’autres militants, Mme...
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