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Actualités - Reportage

Épouses d’ambassadeur Maryse Maïla De Pico, une femme de culture (photos)

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles un peu moins formelles comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Maryse Maïla De Pico, épouse de l’ambassadeur d’Argentine. Son nom affiche à présent sa double appartenance, sur un air de tango. Une nouvelle page surprenante. Une belle surprise que le hasard, additionné à son charme, lui a offert il y a quelque cinq belles années, lorsqu’elle rencontre José Pedro Pico en début de mission au Liban. Son sourire affiche le bonheur d’une femme comblée. Maryse Maïla De Pico est d’abord, pour toux ceux qui la connaissaient « avant », Maryse Maïla. «J’ai eu la chance d’avoir plusieurs vies», confie-t-elle. Ses élèves, et ils sont nombreux, se souviennent de ses cours d’histoire. Les cancres surtout, qui n’ont pas oublié ce coups de force, accompli à coups d’efforts subtils, de les rallier à sa cause, l’histoire. « J’avais une véritable vocation pour l’enseignement. Je l’ai fait avec passion. C’est important de faire rêver les autres en même temps que soi, nous avoue-t-elle de cette voix claire, presque pédagogique, qui n’a pas changé. Si je pense quelquefois avoir réussi, c’est quand mes élèves me disent que grâce à mes cours, ils ont aimé cette matière qui était une affaire de mémoire et qu’ils apprenaient à contrecœur.» La guerre mettra un brusque terme à cette vocation. «Je suis partie à Paris dans l’intention de passer quelques semaines.» Le provisoire va durer une vingtaine d’années durant lesquelles elle sera chargée des relations commerciales et financières à l’ambassade de Qatar. «J’ai accepté ce poste parce que je pensais tous les ans à la possibilité de revenir au Liban. » Deuxième page qu’elle tourne, sans la refermer complètement, lorsqu’elle décide enfin de tenter un timide retour. « Le hasard a voulu que je rencontre mon mari, nommé à son poste huit mois plus tôt, au moment où je rentrais, pas sûre de m’installer.» Coup de foudre immédiat, accompagné de «complémentarité, une grande complicité, un goût commun pour l’histoire, la littérature et la musique. Et par-dessus tout, une chaleur humaine et un appétit de vivre qui nous rapprochent». Un rôle facile Il suffit en effet de jeter un coup d’œil rapide sur la résidence de monsieur et madame, élégante et raffinée, où les livres d’art et les toiles de maîtres ont trouvé en leurs hôtes de parfaits interlocuteurs, pour sentir l’harmonie ambiante. Il suffit de rencontrer monsieur l’ambassadeur – José Pedro Pico est un grand collectionneur doublé d’un esthète avisé –, qui sort spontanément de ses appartements privés nous serrer la main, pour, très vite, succomber au charme du très jeune «doyen des ambassadeurs», qui fut aussi le plus jeune ambassadeur argentin. «Chose rare, il a été ambassadeur en même temps que son père!» Unis pour le meilleur en 2001, Maryse Maïla, devenue De Pico, reçoit en cadeau de mariage cette drôle de particule qui en étonne plus d’un. «Ce n’est pas un titre de noblesse, étant donné que mon époux ne l’a pas, dit-elle en riant. Chez les Argentins, on est mujer De, femme De!» Le mot est dit avec un accent venu d’un pays lointain, qui devient le sien, et surtout avec beaucoup d’amour. «La première fois que j’ai visité l’Argentine, j’ai eu un coup de cœur pour le pays de la Pampa, ses grands espaces infinis, la Patagonie magique. Et puis Buenos Aires, ce mélange de Paris et de Barcelone, que j’ai parcourue pendant des heures, m’imprégnant de ses odeurs et de ses bruits. C’est une ville qui bouge et se distingue par ses habitants, leur chaleur humaine, leur disponibilité, et une volonté de vivre et de survivre.» Elle reçoit également en cadeau cette «fonction» qui lui va finalement comme un gant. «Cette première situation était facile puisqu’elle s’est faite dans mon pays. Je n’ai pas eu à faire l’apprentissage du Liban mais celui de l’Argentine, ce qui est paradoxal. Il m’a fallu une période d’adaptation pour arriver à un équilibre entre l’empathie naturelle que j’éprouve pour mon pays et un recul que je me devais d’avoir en faisant abstraction de mes origines.» Les années passant très vite, la professeur a retrouvé ses différentes activités en donnant, durant trois ans, des cours d’histoire des civilisations à l’Université pour tous et en étant, depuis 1998, secrétaire de la fondation Michel Chiha. «La guillotine va bientôt tomber!» dit la belle Argentine de cœur, qui parle à présent parfaitement la langue et danse le tango avec talent, en pensant à un éventuel départ. «Moi, je vais quitter mon pays, le déchirement sera différent.» Une mélancolie tout de même accompagnée de bonheur, grâce à ce passage obligé par l’Argentine. «Je vais dans un pays qui m’a adoptée d’une façon formidable. Cette année va me permettre de découvrir un lieu et un environnement, approfondir la langue et peut-être enseigner à l’Université de Buenos Aires. J’essaierai aussi de faire en sorte que la diaspora libanaise retrouve un peu de ses racines. J’ai envie de me montrer digne de cet honneur que m’a fait l’Argentine.» Le discours est généreux, ponctué de petites anecdotes personnelles, suivies de «n’écrivez pas ceci!», de termes plus diplomatiques et de petits regards lancés discrètement en direction de son bout de papier où elle a griffonné l’essentiel. Et l’on repart, élève pas vraiment modèle, mais qui n’a rien oublié de ces années-là, en espérant avoir gardé le meilleur. Un texte qui serait aujourd’hui à la hauteur du professeur. Carla HENOUD

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles un peu moins formelles comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Maryse Maïla De Pico, épouse de l’ambassadeur d’Argentine.

Son nom affiche à présent sa double appartenance, sur un air de tango. Une nouvelle page surprenante. Une belle surprise que le hasard, additionné à son charme, lui a offert il y a quelque cinq belles années, lorsqu’elle rencontre José Pedro Pico en début de mission au Liban. Son...