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Éducation La Grèce s’interroge sur la place du grec ancien dans l’enseignement (photo)

La proposition du gouvernement conservateur de renforcer l’enseignement du grec ancien pour combler «la pauvreté de vocabulaire» des jeunes hellènes a de nouveau ouvert la querelle des anciens et des modernes. La ministre de l’Éducation, Marietta Yannakou, a en effet proposé d’ajouter une heure hebdomadaire aux quatre actuellement enseignées dans les trois classes du collège et deux de plus en première classe de lycée. Pour elle, cela devrait avoir une influence « dans la manière dont on parle actuellement, alors que l’on constate tous les jours la mauvaise utilisation de la langue, les faiblesses de l’expression et la pauvreté de vocabulaire ». Unique en Europe par sa graphie, la langue grecque moderne, dite « démotique » (populaire), est le fruit d’une longue évolution du grec antique. Difficile d’accès, le grec ancien reste pour les élèves une leçon rébarbative que la grande majorité rejette. La ministre a demandé à l’Institut pédagogique (IP), le gendarme de l’éducation nationale grecque, de réfléchir à sa proposition et de lui fournir un avis. L’avis que l’IP doit fournir d’ici à deux semaines devrait être « positif », a indiqué à l’AFP un responsable de l’institut sous couvert d’anonymat. Mais tout le monde n’est pas d’accord. « C’est une mesure artificielle, erronée et sans fondement. Isolée, elle ne résout pas le problème, il faut une politique unifiée du primaire au secondaire », a affirmé Costas Vamvakas, membre de la direction de la puissante Fédération des enseignants du secondaire (Olme, 90 000 membres). Lors d’un récent débat parlementaire sur l’éducation, le chef de l’opposition socialiste, Georges Papandréou, s’est déclaré en faveur de « la connaissance du grec ancien », mais contre l’allongement des horaires. « Le changement doit se faire dans la manière d’enseigner le grec ancien », a-t-il dit, critiquant l’attitude « frisant l’idolâtrie » du système où les élèves se contentent d’ânonner des phrases apprises par cœur. « Cela n’aide en rien (...). Nous devons apprendre ce que disent Platon, Aristote, Socrate, alors seulement les mots prendront leur sens. » Le pape de la langue grecque, professeur de linguistique et recteur de l’Université d’Athènes, Georges Babiniotis, est plus mesuré. Il estime que la mesure proposée est un « un bon premier pas », mais ne suffira pas. Le grec ancien a fait un retour dans les écoles grecques à la rentrée 1992 grâce à la détermination du ministre conservateur de l’Éducation de l’époque, qui avait déjà soulevé la connaissance très rudimentaire de ses compatriotes de leur langue et de ses possibilités d’expression. Avant cette réforme impulsée par M. Babiniotis, les collégiens grecs n’étudiaient les textes anciens qu’en traduction moderne et seuls les lycéens des sections littéraires travaillaient le grec ancien. Une professeur de grec ancien affirme sous couvert d’anonymat que « c’est en fait la méthode d’enseignement de cette matière qu’il faut changer, pour la rendre plus attractive ». « Les élèves n’aiment pas cette matière, ils la trouvent pénible et inutile. Plutôt que d’ajouter des heures, il vaudrait mieux ajouter de nouvelles matières qui leur sont utiles, qui leur apprennent des choses et moderniser ainsi l’éducation », ajoute-t-elle. Après avoir relevé « la très grave crise des lettres classiques » et constaté que la situation de l’enseignement de cette matière « ne peut être pire », le professeur de littérature classique à l’Université d’Athènes, Giorgis Giatromanolakis, estime qu’il s’agit surtout d’y mettre des moyens comme on l’a fait « pour les Jeux olympiques, le coton, la pêche, l’olive... ». Il propose de « primer les jeunes qui veulent apprendre le grec ancien au collège » et de le « promouvoir comme un investissement de luxe de la nation avec des bourses, des prêts et des prix ».
La proposition du gouvernement conservateur de renforcer l’enseignement du grec ancien pour combler «la pauvreté de vocabulaire» des jeunes hellènes a de nouveau ouvert la querelle des anciens et des modernes.
La ministre de l’Éducation, Marietta Yannakou, a en effet proposé d’ajouter une heure hebdomadaire aux quatre actuellement enseignées dans les trois classes du collège et deux de plus en première classe de lycée. Pour elle, cela devrait avoir une influence « dans la manière dont on parle actuellement, alors que l’on constate tous les jours la mauvaise utilisation de la langue, les faiblesses de l’expression et la pauvreté de vocabulaire ».
Unique en Europe par sa graphie, la langue grecque moderne, dite « démotique » (populaire), est le fruit d’une longue évolution du grec antique. Difficile...