Rechercher
Rechercher

Actualités

Cinéma Au nom de l’amour (photos)

Les sorties de la semaine À voir absolument kkk À voir kk À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n kk The Forgotten de Joseph Ruben Joseph Ruben offre là un thriller qui sort de l’ordinaire et qui comporte des éléments fortement intrigants. Audacieux dans son approche, le film exploite le thème de la mémoire perdue: hantée par la mort de son fils de 9 ans, décédé dans un accident d’avion quatorze mois auparavant, Telly (Julianne Moore) décide de consulter un psychiatre pour tenter de surmonter sa douleur. Le Dr Munce (Gary Sinise) lui apprend alors que son fils n’a jamais existé et qu’elle est victime d’hallucinations. Elle s’est, selon lui, forgée ses souvenirs de toutes pièces. Le spectateur est ainsi laissé dans le flou, à la fois curieux et effrayé de la chute, de la clé de l’intrigue. Qui croire ? Il ignore si le cauchemar que vit la femme est seulement dans son esprit ou s’il est bien réel. Moore transporte le film avec un brio indéniable. Le choix de l’actrice pour incarner le rôle de Telly ne pouvait être meilleur. Elle confère au personnage une authenticité immédiate et dégage admirablement bien des sentiments instinctifs et viscéraux, ainsi qu’une maîtrise totale de l’ambivalence que lui demande son rôle. Malgré son possible trouble psychique, le public éprouve de l’empathie. Il vit sa perte, ses possibles illusions et son acharnement à vouloir coûte que coûte comprendre. Si les rebondissements multiples ne quittent pas un instant le film, le genre cinématographique, quant à lui, change, passant du thriller psychologique au thriller parapsychologique, à l’image des films de Night Shyamalan. Sans dévoiler la fin, le dénouement reste cependant assez décevant. Circuit EMPIRE (sauf SOFIL), ESPACE, FREEWAY k Wicker Park de Paul McGuigan Wicker Park est le remake du film français de Gilles Mimouni, L’appartement (1996). Le réalisateur Paul McGuigan donne une version américanisée d’un genre cinématographique plus connu dans l’Hexagone que dans le pays de l’oncle Sam : le thriller psychologico-romantique. Le côté assez international du film (un cinéaste écossais, des acteurs américains, australiens et allemands) est à l’image de l’histoire : un fatras de situations, de rebondissements et de flash-back incessants. Ce n’est pas un hasard si la version originale présente le récit au cœur de Paris, capitale appropriée au thème de l’amour et dont les nombreuses ruelles reflètent bien le caractère complexe de l’œuvre ainsi que le trouble profond que vivent les personnages. Cet aspect est totalement absent ici. L’histoire prétend se dérouler à Chicago, mais fut en fait tournée à Montréal. Wicker Park revient sur les méandres amoureux de Matt (Josh Hartnett). Après avoir vécu une passionnelle relation amoureuse avec Lisa (Diane Kruger), cette dernière disparaît soudainement sans laisser de trace, jusqu’au jour où Matt pense apercevoir l’objet de son affection. Si les spectateurs ont réussi à apprivoiser et supporter la complexité et le caractère trouble de l’original, ce fut surtout grâce aux acteurs hors pairs (Monica Bellucci, Vincent Cassel et Romane Bohringer) qui ont su défendre des personnages perdus ainsi qu’une intrigue à la base peu probable. Ici, les acteurs de McGuigan n’arrivent pas à contrôler le film, à le tenir sur leurs épaules. Exception faite à Rose Byrne, qui parvient plutôt bien à se dépatouiller. L’aspect psychologique qui faisait la force et l’intérêt de la première version semble cette fois absent. Wicker Park est enfermé dans ce qui semble être une banale histoire d’amour impossible, sur fond musical signé Coldplay. Circuit EMPIRE (sauf SOFIL et SODECO), ESPACE, FREEWAY Sorties prévues pour le jeudi 2/12 (sous réserves) : – Wimbledon, de Richard Loncraine, avec Kirsten Dunst et Paul Bettany. – Ladder 49, de Jay Russel, avec Joaquin Phoenix et John Travolta. – Bridget Jones: The Edge of Reason, de Beeban Kidron avec Renée Zellweger, Hugh Grant et Colin Firth. Paroles dE cinéma Caméra rapprochée Un événement : le Festival du cinéma européen Le Festival du cinéma européen, événement très attendu du public libanais, ouvre enfin ses portes. Le coup d’envoi est lancé ce soir, au palais de l’Unesco, avec la projection (sur invitation) de Liever Verliefd, de Pim van Hoeve. Le reste de la programmation se déroulera à l’Empire Sofil jusqu’au 5 décembre. Pourquoi ce festival est-il si appréciable et apprécié? La réponse est simple: organisation et qualité. Chaque année, les responsables réjouissent les cinéphiles en leur offrant une palette aussi intéressante qu’éclectique de long-métrages venus des quatre coins de l’Europe. Et c’est exactement ce genre de films qu’un certain public (connaisseur) apprécie. Il s’agit en effet de films pour la plupart non projetés dans les salles libanaises. Grâce au festival, les spectateurs assouvissent leur frustration. Il leur est enfin donné le privilège suprême de visionner, sur grand écran, de BONS films européens. Cette année est marquée par la projection de certains chefs-d’œuvre, tels que Dogville (de Lars von Trier), La Mala Educación (de Pedro Almodóvar) et La vie est un miracle (d’Emir Kusturica). Exit les films commerciaux en tout genre. Le festival dévoile le côté obscur du cinéma. À savoir un cinéma capable de faire rêver et de distraire tout en traitant de thèmes intelligents et forts. Cerise sur le gâteau: la présence d’invités venus discuter de leur film avec le public, notamment Gilles Marchand, Stéphane Vuillet et Pim van Hoeve. D.D. Courrier Souffrances et souvenirs au cœur d’une ville anéantie: «Hiroshima mon amour» J’avais entendu dire dans un cours de philo que «l’oubli conditionne la bonne mémoire». Cette citation est à la base d’Hiroshima mon amour, histoire complexe qui étudie des thèmes aussi forts que l’amour, la guerre, la mémoire et le temps. Écrit par Marguerite Duras, le film suit l’intense liaison entre un homme et une femme. Elle (Emmanuelle Riva), c’est une Française d’une trentaine d’années venue à Hiroshima pour jouer dans un film sur la paix. Lui (Eiji Okada), c’est un architecte japonais. Il vont se fuir et se chercher et, au fil de leurs rencontres, des souvenirs pénibles vont ressurgir. Hiroshima mon amour n’est pas simplement un film unique, mais une histoire où résident une beauté visuelle, un lyrisme très particulier et des personnages qui ont subi des impacts émotionnels. La profondeur des sentiments en fait une étude des êtres humains perdus dans l’espace et le temps. D’une façon très moderne, le cinéaste brouille le passé avec le présent de manière à nous dérouter: c’est ce qui rend le film influent, car il libère les réalisateurs de la construction linéaire traditionnelle. Reste enfin à se demander: est-ce l’histoire d’une femme ? Ou est-ce l’histoire de l’endroit où une terrible tragédie eut lieu ? Chaque spectateur trouvera une réponse... Elle sera exacte. Élias Abou Charaf Souffrances et souvenirs au cœur d’une ville anéantie: «Hiroshima mon amour» J’avais entendu dire dans un cours de philo que «l’oubli conditionne la bonne mémoire». Cette citation est à la base d’Hiroshima mon amour, histoire complexe qui étudie des thèmes aussi forts que l’amour, la guerre, la mémoire et le temps. Écrit par Marguerite Duras, le film suit l’intense liaison entre un homme et une femme. Elle (Emmanuelle Riva), c’est une Française d’une trentaine d’années venue à Hiroshima pour jouer dans un film sur la paix. Lui (Eiji Okada), c’est un architecte japonais. Il vont se fuir et se chercher et, au fil de leurs rencontres, des souvenirs pénibles vont ressurgir. Hiroshima mon amour n’est pas simplement un film unique, mais une histoire où résident une beauté visuelle, un lyrisme très particulier et des personnages qui ont subi des impacts émotionnels. La profondeur des sentiments en fait une étude des êtres humains perdus dans l’espace et le temps. D’une façon très moderne, le cinéaste brouille le passé avec le présent de manière à nous dérouter: c’est ce qui rend le film influent, car il libère les réalisateurs de la construction linéaire traditionnelle. Reste enfin à se demander: est-ce l’histoire d’une femme ? Ou est-ce l’histoire de l’endroit où une terrible tragédie eut lieu ? Chaque spectateur trouvera une réponse... Elle sera exacte. Contacts: Société générale de presse et d’édition SAL, Kantari, imm. Kantari Corner. E-mail: redaction@lorientlejour.com (230 mots). Élias Abou Charafn gros plan Cinéma au Liban: le point Comment va le cinéma au Liban? Ni vraiment bien, ni pas trop mal – merci! En fait, l’exploitation locale est en mutation constante, ce qui se traduit – comme dans les autres domaines de notre économie – par quelques paradoxes déroutants. Ainsi, alors que distributeurs et exploitants se plaignent des fluctuations du marché – box-office variant en fonction d’une fréquentation irrégulière –, on annonce l’ouverture prochaine de nouveaux cinémas! Alors que, dans le même temps, on s’apprêterait à en fermer quelques autres... De nouvelles salles? Le dernier projet en date – qui serait très avancé – concerne l’énorme complexe City Mall, où seraient prévus neuf cinémas! Première question immédiate: comment assurer leur programmation? Forcément en y projetant des films qui passeraient en même temps en ville (ainsi qu’à Zouk et Kaslik, d’ailleurs!). On voit tout de suite les conséquences d’une telle saturation. Mais il faut aller au-devant de la demande du public, a-t-on prétendu. Vraiment? Qui peut être sûr de la réponse? J.P. GOUX-PELLETAN les ciné-clubs Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch (2004) Film très atypique que celui du réalisateur Jim Jarmusch. Il met au placard une grande partie du matériel de réalisation classique pour présenter un film poétique et dépouillé. Les scènes sont indépendantes les unes des autres et les acteurs sont statiques. Le réalisateur construit «l’histoire» autour d’une dizaine de saynètes qui font se rencontrer des acteurs, des musiciens et des cinéastes en tout genre venus parler de café et de cigarettes (bien évidemment), mais également de leur vie, du cinéma, de la musique, etc. L’histoire : Coffee and Cigarettes est une série de courts-métrages déguisés en long. Chaque séquence fait intervenir plusieurs personnages qui, autour de quelques tasses de café, le temps de deux ou trois cigarettes, discutent de tout et de rien. Le film est interprété par un groupe extrêmement éclectique d’artistes qui incarnent une collection non moins éclectique de personnages excentriques. Avec Roberto Benigni, Tom Waits, Steve Buscemi, Cate Blanchett, Bill Murray, Iggy Pop. Ciné-club de l’Alba, vendredi 26 novembre à 19h Les nuits de la pleine lune d’Eric Rohmer (1984) L’histoire : Louise vit avec Rémi à Marne-la-Vallée. Voulant à tout prix préserver son indépendance, elle se prend un pied-à-terre à Paris. Elle aime se faire plaisir : sortir, se coucher tard, jouer le jeu de la séduction, ce que Rémi ne supporte pas. Elle s’en confie à Octave, un ami et confident très amoureux d’elle. Le quatrième film de la série «Comédie et proverbes» illustre le proverbe russe: «Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd sa raison». Un des prototypes du cinéma de Rohmer : sous une forme légère et drôle, une analyse lucide sur la liberté dans un couple, sur le hasard, l’humanité et l’animalité (de l’influence supposée des nuits de pleine lune sur les instincts humains) Avec Pascale Ogier, Tchéky Karyo, Fabrice Luchini, Virginie Thévenet. Auditorium de l’Esa, mardi 30 novembre à 20h30 Conte d’automne d’Eric Rohmer (1998) Après son cycle des «Comédie et proverbes», les années 90 sont marquées chez Rohmer par les «Contes des quatre saisons», dans lesquels le cinéaste poursuit son exploration des jeux et des hasards amoureux. Il s’interroge également sur la liberté et le rôle joué par des manipulations. Les personnages ne sont pas des héros, ils sont plutôt assez banals, à l’image du commun des mortels. C’est pourquoi il est facile pour le spectateur de se sentir proche d’eux, de s’identifier. Présentés dans une quête intérieure, ils trouvent souvent refuge dans la parole. Les contes sont marqués par une couleur dominante qui symbolise la saison (pour Conte d’automne, la couleur est le vert) et sont placés sous le signe du 1+3: chaque conte répond aux trois autres (un homme en face de trois femmes dans Conte de printemps et Conte d’été; une femme et trois hommes dans Conte d’hiver; une femme face à deux hommes et une manipulatrice dans Conte d’automne. L’histoire: deux de ses amies souhaitent que Magali, viticultrice, se remarie. Rosine songe à quelqu’un. Isabelle en trouve un autre par petites annonces. Problème, le candidat de Rosine est son ex-amant, qui l’aime toujours. Et celui d’Isabelle croit qu’elle a mis l’annonce pour son propre compte. Quiproquos et malentendus. Avec Béatrice Romand, Marie Rivière, Alain Libolt et Didier Sandre. CCF, salle Montaigne, mercredi 1er décembre à 19h15 Rétrospective L’institut Cervantès de Beyrouth propose une rétrospective de l’œuvre de l’un des plus grands cinéastes espagnols, Basilio Martin Patino, à travers six de ses films, du 19 novembre au 20 janvier. DYMA DEMIRDJIAN
Les sorties de la semaine
À voir absolument kkk À voir kk
À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n
kk The Forgotten
de Joseph Ruben
Joseph Ruben offre là un thriller qui sort de l’ordinaire et qui comporte des éléments fortement intrigants. Audacieux dans son approche, le film exploite le thème de la mémoire perdue: hantée par la mort de son fils de 9 ans, décédé dans un accident d’avion quatorze mois auparavant, Telly (Julianne Moore) décide de consulter un psychiatre pour tenter de surmonter sa douleur. Le Dr Munce (Gary Sinise) lui apprend alors que son fils n’a jamais existé et qu’elle est victime d’hallucinations. Elle s’est, selon lui, forgée ses souvenirs de toutes pièces.
Le spectateur est ainsi laissé dans le flou, à la fois curieux et effrayé de la chute, de la clé de...