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Actualités - Chronologie

Bilan De l’air frais sur les prix littéraires d’automne

De l’air frais est passé cette année sur les prix littéraires d’automne avec le choix d’auteurs jeunes (ou même débutants) édités par des maisons souvent exclues de ces juteuses distinctions. En outre, pour la première fois dans l’histoire d’un de ces prix, le livre d’un auteur mort a été récompensé. «J’ai l’impression que plusieurs jurys ont voté pour quelque chose d’insolite. Ce n’est pas mal de faire passer un peu d’air frais, ça surprend», a résumé le juré Interallié, Éric Ollivier. Il faisait allusion au choix de ses collègues de couronner Florian Zeller, 25 ans, auteur de La fascination du pire, aux dépens de poids lourds de l’édition et de la presse comme Éric Fottorino, Daniel Rondeau ou Jérôme Garcin. Ce roman est édité par Flammarion qui n’avait plus obtenu de grand prix d’automne depuis 1993 (Le Femina à Marc Lambron). Dès le 28 octobre, la vénérable Académie française, qui ouvre la grande «quinzaine» littéraire de l’année, avait créé la surprise. Elle avait décerné son prix du roman à un débutant de 76 ans, Bernard du Boucheron (Court serpent, Gallimard), contre la favorite Marie Nimier (La reine du silence, Gallimard). Celle-ci prenait logiquement sa revanche le 3 novembre avec le Médicis tandis que Jean-Paul Dubois recevait le Femina avec Une vie française, édité par L’Olivier, une filiale du Seuil. Le 8 novembre, le Goncourt récompensait un auteur de 32 ans, Laurent Gaudé (Le soleil des Scorta), publié par Actes Sud. Une maison qui voyait enfin reconnus ses efforts d’intégrer la cour des grands. Commentaire de Didier Decoin, juré Goncourt: «C’est bien d’être sorti du cénacle parisien.» Les prix ont rempli leur mission Le même jour, le Renaudot – qui avait eu beaucoup de flair en couronnant en 2003 ce qui allait être un best-seller, Les âmes grises de Philippe Claudel (Stock) – entendait encore marquer le coup. Il attribuait son prix à un auteur mort à Auschwitz en 1942, Irène Némirovsky, pour Suite française. Ce roman de grande qualité est édité par Denoël (filiale de Gallimard) qui n’avait plus reçu de prix d’automne depuis l’Interallié 1991 (avec Sébastien Japrisot). En tenant compte des prix déjà cités récompensant les romans français, étrangers et essais, du Goncourt des lycéens (Philippe Grimbert, Un secret), du prix Décembre (Philippe Forest, Sarinagara), du Wepler (François Bon, Daewoo), Gallimard obtient 3 distinctions, Grasset 3 aussi mais il s’agit d’accessits, L’Olivier 2, Phébus, Actes Sud, Fayard, Albin Michel, Denoël et Flammarion un chacune. Pour des maisons aussi puissantes que Grasset et surtout Albin Michel, ce cru 2004 est médiocre. Les jurys ont souvent retenu des livres à fort contenu historique ou même générationnel, qui plaisaient au public avant même d’être couronnés. Le roman de très bonne facture de Jean-Paul Dubois était déjà tiré, avant le Femina, à 110000 exemplaires et le Goncourt s’était vendu à 80000 exemplaires avant le 8 novembre. «Les prix ont, cette fois, bien rempli leur mission», a écrit la semaine dernière la revue de la profession, Livres-Hebdo, parlant de la «fraîcheur d’esprit» du jury Renaudot et du «coup de jeune» que les Goncourt ont enfin donné à leur prix.

De l’air frais est passé cette année sur les prix littéraires d’automne avec le choix d’auteurs jeunes (ou même débutants) édités par des maisons souvent exclues de ces juteuses distinctions.
En outre, pour la première fois dans l’histoire d’un de ces prix, le livre d’un auteur mort a été récompensé.
«J’ai l’impression que plusieurs jurys ont voté pour quelque chose d’insolite. Ce n’est pas mal de faire passer un peu d’air frais, ça surprend», a résumé le juré Interallié, Éric Ollivier.
Il faisait allusion au choix de ses collègues de couronner Florian Zeller, 25 ans, auteur de La fascination du pire, aux dépens de poids lourds de l’édition et de la presse comme Éric Fottorino, Daniel Rondeau ou Jérôme Garcin. Ce roman est édité par Flammarion qui n’avait plus obtenu de...