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Les « ratés » de la vie politique de Arafat (photo)

Personnalité emblématique de la cause palestinienne, Yasser Arafat a essuyé un grand nombre de revers militaires et politiques, l’obligeant notamment à quitter Amman en 1970 et Beyrouth en 1982, puis à demeurer depuis 2001 confiné à Ramallah. Presque tous les dirigeants arabes, bien que se proclamant défenseurs des Palestiniens, se sont trouvés un jour ou l’autre sur son chemin, entravant son combat pour un État palestinien qu’ils voyaient d’un mauvais œil. Créateur du Fateh, au Koweït, en 1959, initiateur de la première action armée contre Israël le 1er janvier 1965, Arafat est élu président de l’Organisation de libération de la Palestine en 1969. Il est alors basé à Amman, car ses relations sont difficiles avec le président égyptien Gamal Abdel Nasser. Mais les tensions avec le roi Hussein et les autorités de Jordanie, pays peuplé en majorité de Palestiniens, vont également grandissantes, l’OLP devenant un « État dans l’État », et ses combattants lançant des opérations vers Israël. En septembre 1970, le souverain hachémite, craignant pour la stabilité de son trône, décide d’en finir avec les fedayine. C’est Septembre noir. Le roi Hussein prend comme prétexte un spectaculaire détournement de plusieurs avions, dont un appareil de la TWA et un de Swissair, qu’un groupe palestinien fait exploser sur une base militaire en Jordanie. Les combats sont rudes et Arafat est contraint de se replier sur Beyrouth. Mais, très vite, le Liban est plongé dans la guerre civile, et Arafat, qui prend parti contre la droite phalangiste chrétienne, alliée d’Israël, se voit accusé de menacer l’État libanais. En 1982, Arafat et son état-major sont contraints de quitter Beyrouth, sous la protection d’une force internationale, après un siège meurtrier par l’armée israélienne, pour se réfugier à Tunis. Les camps palestiniens de Beyrouth, Sabra et Chatila, sont le théâtre de tueries commises par les milices chrétiennes. En 1983, le conflit, latent avec la Syrie, éclate au grand jour lorsque Arafat est à nouveau assiégé – mais cette fois-ci par des alliés de Damas – à Tripoli, dans le nord du Liban. Il doit être évacué avec l’aide de l’armée française de nouveau vers Tunis. Le président Hafez el-Assad soutient le « camp du refus », les mouvements dissidents du Fateh, ainsi que Georges Habache et Nayef Hawatmeh. De Tunis, il sillonne le monde arabe, mais aussi quelques capitales européennes comme Athènes ou Madrid, et surtout, en 1989, Paris. La guerre du Golfe en 1991 met à nouveau Arafat en difficulté. Tout en dénonçant l’occupation du Koweït, il tente une médiation, et apparaît aux yeux des pays arabes du Golfe, et des Occidentaux, comme un partisan de Saddam Hussein. Cela vaudra à Arafat une « mise en quarantaine » de ses principaux bailleurs de fonds. En prenant parti pour l’Irak contre l’Iran en 1980, il avait également perdu un grand crédit à Téhéran, moins d’un an après une visite triomphale dans ce pays. En 1994, il revient en Palestine, et, en faisant accepter le fait national palestinien, et la perspective de faire cohabiter deux États, il accroît à nouveau son prestige. Il devient dès lors un partenaire pour les États-Unis. Pourtant en 2000, estimant que les propositions sur Jérusalem lors du Sommet de Camp David sont notoirement insuffisantes, il se voit retirer le soutien du président américain Bill Clinton. Puis Arafat sera à nouveau dépassé lors de la « deuxième intifada », lancée en septembre 2000 après que son ennemi de toujours, Ariel Sharon, alors chef de l’opposition de droite, eut foulé l’esplanade des Mosquées à Jérusalem. Arafat hésite dès lors entre la poursuite de négociations hasardeuses et le soutien à une intifada qui lui échappe largement. L’arrivée de Sharon au pouvoir est un nouveau coup dur pour le raïs : en décembre 2001, le président palestinien est interdit de sortir de son quartier général de Ramallah, plusieurs fois bombardé, et vit dans des conditions très précaires, jusqu’à son admission, le 29 octobre, dans un hôpital militaire près de Paris.
Personnalité emblématique de la cause palestinienne, Yasser Arafat a essuyé un grand nombre de revers militaires et politiques, l’obligeant notamment à quitter Amman en 1970 et Beyrouth en 1982, puis à demeurer depuis 2001 confiné à Ramallah.
Presque tous les dirigeants arabes, bien que se proclamant défenseurs des Palestiniens, se sont trouvés un jour ou l’autre sur son chemin, entravant son combat pour un État palestinien qu’ils voyaient d’un mauvais œil.
Créateur du Fateh, au Koweït, en 1959, initiateur de la première action armée contre Israël le 1er janvier 1965, Arafat est élu président de l’Organisation de libération de la Palestine en 1969. Il est alors basé à Amman, car ses relations sont difficiles avec le président égyptien Gamal Abdel Nasser.
Mais les tensions avec le roi Hussein et les...