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Actualités - Chronologie

CONCERT À l’auditorium Aboukhater de l’USJ La voix nue du violoncelle(photo)

Organisé par le Conservatoire national supérieur de musique à l’auditorium Aboukhater, rue de Damas, un concert austère où la musique n’avait pour tout atout que la voix nue du violoncelle. Une scène totalement vide, une chaise et la flaque de lumière. Arrive Olga Miziuk, cheveux châtains coupés court, jupe noire longue et bustier gris. Accompagnée, bien entendu, de son inséparable violoncelle. Ouverture avec la Suite n° 6 en ré majeur de J. S. Bach. Longue narration faisant déployer le ruban soyeux de l’univers du cantor. Une suite qui a fait doucement égrener prélude, allemande, courante, sarabande, gavotte et gigue. De la gravité à la joie, des moments de méditation aux instants de légèreté toute simple, cette musique est une parfaite illustration des aspirations d’une époque où préoccupations de la Renaissance et élans religieux se sont intimement mêlés. Pièces qui ont un éclat singulier, mais que la musicienne a rendues approximativement, avec une netteté de son parfois douteuse car, de toute évidence, ce sont des œuvres d’une grande difficulté technique. Pour prendre le relais, et révélation au public (qui n’a pas arrêté d’applaudir bien maladroitement, hélas, à chaque pause entre les mouvements de Bach), une Toccata pour violoncelle de S. Tsintsadze, compositeur peu connu de nos mélomanes. Interprétation remarquable, ici, d’Olga Miziuk, qui semble parfaitement à l’aise dans cette partition alliant brio et vivacité avec rythmes accélérés et accords qui débutent en tons brisés et se développent en phrases angoissées, nerveuses, insidieusement au bord des stridences modernes. Belle résonance du violoncelle pour une œuvre tout en contrastes et originalité. Encore un compositeur ignoré ou peu connu, Gaspar Cassado, sous l’archet brillant de Dmitry Babich. Une suite dans un style espagnol où le «violoncello» avait l’allure des «flamboyances» ibériques. Chemise et pantalon noirs, cheveux blonds et chaussures en lustrine noire, Dmitry Babich a l’éclat d’une belle jeunesse et un talent plein de fougue. Du prélude qui ouvre la farandole des notes jusqu’à la danse finale, en passant par la fantaisie, la «sardana» et l’intermezzo, l’assistance écoute, ravie, ces belles pages colorées et vibrantes du compositeur et violoncelliste virtuose Gaspar Cassado, né à Barcelone en 1897 et mort à Madrid en 1966. Tout l’esprit du pays de Lorca embrase les cordes du «violoncello» qui se transforment en accords vaporeux de harpe ou d’accords rageurs d’une guitare déchaînée. Lyrisme de la terre des corridas et du flamenco avec des arpèges étincelants et des cadences surprenantes, épinglées brusquement par un pizzicato qui arrête net, et sans autre forme de procès, toute la fiesta. Applaudissements et gerbes de fleurs pour les deux interprètes qui se sont finalement retrouvés ensemble sur scène pour la révérence finale. Mais pas de bis. En moins d’une heure de concert, la voix nue du violoncelle, intense, austère mais éminemment vibrante, a véhiculé plein d’émotions. Edgar DAVIDIAN

Organisé par le Conservatoire national supérieur de musique à l’auditorium Aboukhater, rue de Damas, un concert austère où la musique n’avait pour tout atout que la voix nue du violoncelle. Une scène totalement vide, une chaise et la flaque de lumière. Arrive Olga Miziuk, cheveux châtains coupés court, jupe noire longue et bustier gris. Accompagnée, bien entendu, de son inséparable violoncelle. Ouverture avec la Suite n° 6 en ré majeur de J. S. Bach. Longue narration faisant déployer le ruban soyeux de l’univers du cantor. Une suite qui a fait doucement égrener prélude, allemande, courante, sarabande, gavotte et gigue. De la gravité à la joie, des moments de méditation aux instants de légèreté toute simple, cette musique est une parfaite illustration des aspirations d’une époque où préoccupations de la...