La première élection présidentielle américaine après le traumatisme des attentats du 11 septembre 2001 offre un choix difficile, entre deux visions radicalement différentes du rôle des États-Unis dans le monde, dans une ère de terrorisme global.
Aujourd’hui, les électeurs peuvent choisir de renouveler le mandat de quatre ans du président George W. Bush, champion du discours « pour moi ou contre moi », qui n’a aucun scrupule à lancer son pays dans une guerre « préemptive ». Ou ils peuvent le remplacer par le sénateur démocrate John Kerry et ses vues plus nuancées et diplomates sur la « guerre contre le terrorisme ».
Plus globalement, la campagne a illustré un combat pour retrouver l’âme de la superpuissance blessée, opposant des valeurs de tradition démocratique et de foi dans les droits de l’homme au besoin fondamental de sécurité.
« Le résultat déterminera la direction de la guerre au terrorisme », a pronostiqué George W. Bush, qui s’est présenté comme un « président de guerre » devant terminer son travail pour assurer la sécurité du pays. « Si l’Amérique montre quelque incertitude ou quelque faiblesse que ce soit au cours des dix ans à venir, le monde dérivera vers une tragédie », a-t-il martelé dans ses discours.
John Kerry a promis de s’attaquer au terrorisme, tout en soulignant l’importance de regagner la confiance de la communauté internationale après l’invasion contestée de l’Irak. « L’Amérique est plus forte quand nous travaillons au sein de vraies alliances, quand nous partageons notre fardeau avec le monde », a déclaré l’ancien combattant de la guerre du Vietnam multimédaillé.
Parfois, les candidats ont donné l’impression de faire campagne sur deux planètes différentes : George W. Bush a affirmé que le front central de la guerre contre le terrorisme se trouvait en Irak. John Kerry a estimé que l’Irak était une diversion dangereuse. Pour le premier, l’Afghanistan est en route pour la démocratie. Pour le second, c’est le paradis des seigneurs de guerre et des trafiquants de drogue. Pour le président sortant, l’Arabie saoudite est un partenaire consciencieux de la bataille contre el-Qaëda. Pour son rival démocrate, le royaume est le « pipeline financier qui maintient le terrorisme en vie ».
Kerry souhaitait assouplir la loi « Patriot Act » prise au nom de la sécurité nationale et critiquée parce qu’elle menace certaines des libertés civiles fondamentales. Bush l’a soutenue et a cherché à l’étendre.
Le magazine Time a résumé les enjeux du scrutin dans un récent titre de une : « Au gagnant reviendra une nation divisée. Une nation divisée sur sa place dans le monde, ses valeurs de base et la direction à suivre. »
Deux tiers des Américains considèrent cette élection comme l’une des plus importantes – sinon la plus cruciale – qu’ils auront à vivre, selon un sondage publié par Newsweek le week-end passé. Face au climat plus polarisé que jamais dans le pays, avec un antiaméricanisme grandissant à l’extérieur, l’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger, soutien de Bush, a souhaité que la période postélectorale serve à réconcilier les deux camps.
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Aujourd’hui, les électeurs peuvent choisir de renouveler le mandat de quatre ans du président George W. Bush, champion du discours « pour moi ou contre moi », qui n’a aucun scrupule à lancer son pays dans une guerre « préemptive ». Ou ils peuvent le remplacer par le sénateur démocrate John Kerry et ses vues plus nuancées et diplomates sur la « guerre contre le terrorisme ».
Plus globalement, la campagne a illustré un combat pour retrouver l’âme de la superpuissance blessée, opposant des valeurs de tradition démocratique et de foi dans les droits de l’homme au...