Jean-Pierre Dick a hâte de confronter sa démarche analytique, une préparation pointue depuis trois ans, à la formidable aventure humaine qui l’attend au départ de son premier Vendée Globe, tour du monde à la voile en solitaire en monocoque et sans escale, le 7 novembre.
« Être cité dans les favoris par d’autres concurrents, j’en suis très honoré, même si ils ont plus d’expérience, un atout que rien ne remplace. Moi, j’ai essayé d’être analytique, j’ai travaillé avec des spécialistes dans divers domaines depuis trois ans », explique à l’AFP le marin de 39 ans.
Le skipper de Virbac-Paprec s’est ainsi entouré d’un « spécialiste de la clinique du sommeil à Paris, qui m’a appris à mieux me connaître, d’un préparateur physique, d’un nutritionniste et d’un préparateur mental – car j’ai vu sur des cassettes que tout le monde pleurait à l’arrivée du Vendée – pour faire de la sophrologie, de la relaxation ».
« Avant le départ, il y a deux sentiments mêlés, confie le vainqueur de la Transat Jacques-Vabre 2003 (en double avec Nicolas Abiven). D’abord, il y a la satisfaction du travail accompli, car après deux démâtages en six mois, on a gagné une course d’obstacles et une course contre la montre pour boucler la qualification pour la Vendée Globe dans les temps. »
Le Niçois a démâté lors du Défi Atlantique en décembre 2003, avant de récidiver durant The Transat en juin 2004, avec un retournement en prime. « Il a fallu réparer durant l’été et pour faire bosser les gens en août en France, ça relève de la gageure », conte l’infortuné navigateur, sans se départir de son humour.
« Rentre-dedans »
« Et puis le deuxième sentiment, c’est la course qui va démarrer, l’exaltation, l’angoisse qui monte, enchaîne-t-il encore. Mais l’envie est là, sans oublier le plaisir. J’ai quand même tout lâché pour ce projet (il est vétérinaire de formation et diplômé d’un 3e cycle d’HEC), ce truc extraordinaire, cette passion qui est aussi un métier. »
« Lors de la formation médicale des skippers du Vendée Globe, on a appris que si on tombe dans une eau à zéro degré, on a 10 secondes d’espérance de vie, sans entraînement et sans équipement adéquat. Dans une eau à 18 degrés, c’est 20 minutes, ça calme », raconte ce marin à la progression fulgurante, qui en 1989 prenait seulement le départ du Spi Ouest-France (1re place pour l’anecdote).
« On vit toujours avec une marge de risque, même si la voile doit bien faire rigoler les alpinistes dans ce domaine. Quand on coule avec un bateau, on a quand même le temps de le voir couler, d’avoir le mal de mer », glisse-t-il en riant pour dédramatiser le danger et la peur, deux dimensions du Vendée Globe.
« Pour moi, qui suis plutôt rentre-dedans, concurrentiel, je vais quand même essayer de me calmer, les démâtages ça m’a fait réfléchir », avoue ce régatier chevronné.
« Je vais faire ma course, mais si je termine, comme je vais assez vite, je ne devrais pas être dans les derniers », conclut-il malicieusement.
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« Être cité dans les favoris par d’autres concurrents, j’en suis très honoré, même si ils ont plus d’expérience, un atout que rien ne remplace. Moi, j’ai essayé d’être analytique, j’ai travaillé avec des spécialistes dans divers domaines depuis trois ans », explique à l’AFP le marin de 39 ans.
Le skipper de Virbac-Paprec s’est ainsi entouré d’un « spécialiste de la clinique du sommeil à Paris, qui m’a appris à mieux me connaître, d’un préparateur physique, d’un nutritionniste et d’un préparateur mental – car...