Le navigateur Patrice Carpentier (VM Matériaux) envisage de faire, à bientôt 55 ans, son « adieu aux mers australes » lors du Vendée Globe, course autour du monde à la voile en monocoque, en solitaire, sans escale et sans assistance.
Ce Normand installé à La Trinité-sur-Mer (Morbihan) cultive son double statut, très particulier, de pionnier de l’épreuve – il est le seul concurrent de l’édition 1989-90, la première, à reprendre du service – et de doyen de la flotte.
« Mon âge est à la fois une qualité et un défaut », explique à l’AFP Patrice Carpentier, qui affiche 25 ans d’âge de plus que le benjamin de la course, Sébastien Josse (VMI), 29 ans.
« Je connais la route », souligne ce marin expérimenté qui pratique la circumnavigation depuis plus de trois décennies. Patrice Carpentier était de la première Whitbread (course autour du monde en équipage) en 1973, embarqué sur un bateau qui se classera troisième au général (premier français), et a aussi participé à sa deuxième édition en 1977 (une victoire d’étape). Dans les années 1980, l’équipier s’éprend de course en solo (8 participations à la Solitaire du Figaro, premier de la Route du Rhum dans sa catégorie en 1982). Aux côtés des Titouan Lamazou (vainqueur), Loïck Peyron, Jean-Luc Van den Heede, il prend part en 1989-90 au premier Vendée Globe, qu’il parvient à boucler, bien que non classé en raison d’une escale technique aux îles Malouines.
« Une certaine sagesse »
Après une transat Lorient/Saint-Barth (6e place), il renoue avec le « Globe » en 2000-2001, finissant 11e au général mais premier des 50 pieds, un bateau « moins physique et moins cher » qui lui sied plutôt bien. D’un côté, donc, « l’expérience » et « une certaine sagesse ». « A contrario, reconnaît l’intéressé, je n’ai plus forcément la vigueur de mes jeunes collègues, qui se présentent qui plus est avec des bateaux souvent plus rapides que le mien. »
Patrice Carpentier a de son côté repris, moyennant 150 000 euros de frais de location, l’ancien Solidaires avec lequel Thierry Dubois a fini deuxième d’Around Alone (tour du monde en solitaire avec escales) en 2003. « Dans la série des anciens bateaux, c’est un bon châssis », se rassure le navigateur. Le quinquagénaire ne se met de toutes façons « pas la pression de gagner le Vendée Globe », faisant valoir qu’il n’est « pas la meilleure personne pour cela ».
Il tentera en revanche de profiter au maximum de son cinquième et – probablement – dernier tour du monde.
« J’ai l’intention de faire des images car ce sera peut-être pour moi un adieu aux mers australes », confie ce journaliste qui a su mener de front ses deux passions, la voile et la plume. Et qui espère bien être encore en course, le 10 janvier prochain, pour son 55e anniversaire.
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