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L’absence de démocratie, source du « malheur arabe » (photo)

«Où que l’on promène le regard, du Golfe jusqu’à l’océan, nous avons sous les yeux une région sinistrée. » C’est ainsi que Samir Kassir, historien et journaliste, a entamé samedi la présentation de son nouvel ouvrage, Considérations sur le malheur arabe, au Salon du livre au Biel. « Évidemment, on peut trouver plus de disparités et de pauvreté ailleurs. Mais il y a toujours quelque chose qui sauve, alors qu’ici, nous sommes dans une impasse terrible », a déclaré l’écrivain, justifiant le thème de son livre. Explorant les facettes de ce malheur, parmi lesquelles figurent notamment « l’impuissance des Arabes à être des sujets de l’histoire » et leur « déficit démocratique », M. Kassir a expliqué comment il a pu, dans son ouvrage, « revisiter l’histoire en relativisant la notion de décadence, calquée sur le schéma européen ». « Il n’est pas vrai que les Arabes ont refusé la modernité, même prise dans son sens le plus étroit qui est celui de l’occidentalisation », a-t-il affirmé, précisant que « ce n’est pas la modernité qui a apporté le malheur, comme le pensent certains, mais l’avortement de cette modernité ». Un avortement qui trouve essentiellement ses sources, selon M. Kassir, dans la géographie, mais aussi dans la géologie, puisque la découverte du pétrole a permis aux « régions qui ont été, depuis le VIIIe siècle, les plus rétrogrades du monde arabe de se retrouver, en quelques années, au cœur de ce monde, comme le Koweït et l’Arabie saoudite ». Malgré cette perspective assez sombre, le livre s’achève en soulignant les éléments qui, aussi bien dans la culture que dans la sous-culture arabes, permettent d’espérer, à long terme, « la fin de la chaîne du malheur ». L’ouvrage, dont on ne peut que relever l’originalité tant au niveau du titre qu’à celui de l’intitulé des chapitres, vient d’être publié aux éditions Actes Sud-Sindbad. La conférence a été suivie de la signature de l’ouvrage au stand de la librairie Antoine. Le débat auquel devait participer M. Kassir, plus tard dans la soirée, sur le thème « Le Liban à la croisée des cultures » a été annulé. S.G.
«Où que l’on promène le regard, du Golfe jusqu’à l’océan, nous avons sous les yeux une région sinistrée. » C’est ainsi que Samir Kassir, historien et journaliste, a entamé samedi la présentation de son nouvel ouvrage, Considérations sur le malheur arabe, au Salon du livre au Biel.
« Évidemment, on peut trouver plus de disparités et de pauvreté ailleurs. Mais il y a toujours quelque chose qui sauve, alors qu’ici, nous sommes dans une impasse terrible », a déclaré l’écrivain, justifiant le thème de son livre.
Explorant les facettes de ce malheur, parmi lesquelles figurent notamment « l’impuissance des Arabes à être des sujets de l’histoire » et leur « déficit démocratique », M. Kassir a expliqué comment il a pu, dans son ouvrage, « revisiter l’histoire en relativisant la notion de...